Vendue à partir de 25 francs Cfa, l’eau conditionnée en sachets s’est progressivement imposée dans les habitudes de consommation au Bénin. Toutefois, les conditions de production et les interrogations sur la qualité de l’eau commercialisée par certains fabricants suscitent des préoccupations sanitaires. Interrogé sur la question, Dr Serge Patrick Zinvoedo, nutritionniste et diététicien, alerte sur les risques liés à la consommation de cette eau, appelle à un meilleur encadrement de la filière et donne des conseils aux consommateurs.
Accessible et relativement abordable, l’eau en sachets est consommée quotidiennement par une grande partie de la population béninoise. Mais derrière cette accessibilité se posent des questions relatives à la qualité de l’eau et aux conditions d’hygiène dans certaines unités de production. Pour Dr Serge Patrick Zinvoedo, la composition des emballages et la qualité de l’eau utilisée méritent une attention particulière. Il remet en cause l’utilisation de sachets en plastique et les procédés de traitement de l’eau employés par certains producteurs. « Souvent, les gens prennent de l’eau de puits ou de forage qui n’a pas été traitée pour faire l’eau conditionnée en sachets. Les producteurs se basent sur une forme de traitement par les appareils », explique le nutritionniste et diététicien, qui estime que les consommateurs doivent être davantage sensibilisés aux risques potentiels.
Les risques sanitaires
Le nutritionniste souligne que la consommation de l’eau conditionnée en sachets peut exposer les populations à diverses maladies. Il cite notamment les infections digestives, la fièvre typhoïde, la diarrhée, la dysenterie et les intoxications alimentaires. Il évoque également d’autres troubles susceptibles d’affecter le système digestif. Face à ces risques, Dr Serge Patrick Zinvoedo appelle à un renforcement du contrôle des unités de production et au respect rigoureux des normes d’hygiène. Selon lui, les autorités compétentes doivent privilégier une approche associant sensibilisation, formation des producteurs et amélioration des procédés de traitement. « Donc, donner les règles d’hygiène, la formation, comment extraire l’eau, qui doit plutôt entretenir l’eau, mettre les réactifs dedans pour que les pH de l’eau se corrigent, ainsi de suite. Voilà le rôle du gouvernement pour les accompagner », soutient Dr Serge Patrick Zinvoedo. Pour lui, l’accompagnement des producteurs d’eau conditionnée en sachets constitue un levier important pour améliorer les conditions de fabrication et garantir une eau propre à la consommation.
Une activité qui participe à la création d’emplois
Au-delà des préoccupations sanitaires, Dr Serge Patrick Zinvoedo reconnaît que l’activité de production d’eau conditionnée en sachets contribue à la création d’emplois, à la réduction du chômage et au développement de l’auto-emploi. Il estime donc qu’il ne s’agit pas de compromettre cette activité économique, mais plutôt de la réorganiser afin de mieux protéger les consommateurs. « Il faut simplement apporter une réforme pour que ça puisse bénéficier à l’État et aux producteurs qui le font », soutient-il, plaidant pour un encadrement permettant de concilier les impératifs de santé publique et les intérêts économiques des acteurs de la filière. En attendant une amélioration des pratiques de production et un contrôle renforcé de la qualité de l’eau conditionnée en sachets, Dr Serge Patrick Zinvoedo invite les consommateurs à la vigilance. « Alors, le conseil que je peux donner, c’est d’être attentif à la consommation de cette eau. Il y a des gens qui prennent ça et qui continuent leur activité sans connaître les conséquences. Donc, je vous en prie, ne prenez pas ça trop glacé. Prenez ça de manière un peu modérée, chauffez ça légèrement avant d’en prendre », conseille le nutritionniste et diététicien.
Patrice Zoundé (Coll)

















