( « Si on ne le fait pas aujourd’hui, ce sera une fuite de responsabilité », assure Wilfried Léandre Houngbédji)
Le gouvernement du Bénin a apporté, le 24 octobre 2026, des éclaircissements sur les opérations d’expropriation et de libération des berges à Togbin Daho, dans le cadre des travaux d’aménagement de la Route des pêches.
La libération des berges s’inscrit dans un projet global d’aménagement du Littoral visant à protéger l’environnement et les écosystèmes, aménager et valoriser le périmètre concerné, protéger les populations contre les inondations et favoriser le tourisme et l’économie locale. Selon le ministre porte-parole du gouvernement du Bénin, Wilfried Léandre Houngbédji, le développement du périmètre de la Route des Pêches a provoqué une forte pression sur les terres situées dans cette zone côtière, qui s’étend notamment sur Cotonou, Abomey-Calavi et Ouidah. Cette dynamique aurait « malheureusement aussi conduit à s’installer anarchiquement sur les berges et parfois les plans d’eau. Il a eu un tel engouement aujourd’hui que toute la berge est pratiquement occupée ». Il a également attiré l’attention sur la présence des mangroves dans cette zone humide. Selon lui, ces écosystèmes bénéficient d’une protection internationale et leurs prises en compte par le gouvernement auraient causé du retard dans le projet de construction du village de vacances de type Club Med à Avlékété.
La libération des berges, une solution contre les inondations
En plus de la préservation de la biodiversité, l’occupation des berges entrave l’écoulement des eaux. « Le plan d’eau est occupé, obstrué même. Le couloir naturel de l’eau se trouve accaparé par les habitations. Cela favorise à terme des inondations et parfois des inondations d’ampleurs incontrôlées », a martelé Wilfried Léandre Houngbédji tout en insistant sur l’urgence de libérer cette zone occupée afin de préserver l’environnement et la sécurité des populations qui y vivent. Il a donné l’exemple du Programme d’assainissement pluvial de la ville de Cotonou qui est en train de rediriger les eaux vers leur couloir naturel. Bien que les travaux ne soient pas encore achevés, on voit son impact positif sur la ville, a-t-il fait observer.
Le rachat des propriétés et le réaménagement des berges envisagés
Dans la mise en œuvre du projet, le gouvernement a opté pour le déplacement des occupants et le rachat des domaines appartenant aux personnes qui sont en règle. « On va déplacer les gens qui y sont installés en procédant au rachat des propriétés de ceux qui sont en règle et on va aménager les lieux pour rendre à terme navigable le plan d’eau jusqu’à Ouidah, mais aussi aménager les berges pour que des véhicules légers, des cyclistes, des motocyclistes et des piétons puissent y passer », a expliqué le porte-parole du gouvernement.
Une vision comprise par les occupants malgré les spéculations
Wilfried Léandre Houngbédji a rejeté les allégations selon lesquelles l’État chercherait à récupérer des terres pour les revendre au plus offrant. Il affirme que plusieurs réunions ont été tenues avec les personnes affectées par ce projet. Jamais les intéressés n’ont montré une quelconque opposition.
« Avec le ministre du cadre de vie, les préfets et les maires, nous avons rencontré les représentants des personnes affectées par ce projet. Toutes ces personnes nous ont dit : nous comprenons l’ambition du gouvernement et nous ne pouvons jamais nous opposer à un projet du gouvernement parce que nous sommes convaincus que c’est pour notre bien, c’est pour le bien de notre pays, nous accompagnons », a-t-il indiqué. Par ailleurs, il a indiqué que durant les échanges, ces derniers ont exposé leurs doléances. À chaque fois, la délégation qui est déployée sur le terrain prend note et rend compte. Enfin, le porte-parole de l’exécutif a tenu à faire remarquer que l’inaction exposerait notre pays à des conséquences graves à long terme. « Si on ne le faisait pas aujourd’hui, ce serait une fuite de responsabilité parce que les conséquences, demain, seraient autrement plus graves que celles que nous déplorons aujourd’hui ».


















