Pour aller dans le secteur maraicher, il faut s’armer de courage, foi et abnégation au regard de sa complexité. Et pourtant, Ulriche Hontonnou, une jeune déscolarisée au début des années 90, s’y est investie corps et âme depuis 2007 dans la commune de Sèmè-Podji. Dans un entretien exclusif accordé à Le Matinal, elle parle de son parcours professionnel et donne des conseils aux jeunes pour qu’ils s’adonnent à l’agriculture, car selon elle, la terre ne ment pas.
Ulriche Hontonnou. Ce nom est très connu sur le site de Vimas (Village maraîcher de Sèmè-Podji) où elle a son champ. Elle produit des spéculations (tomate, piment, légumes, carotte et autres) depuis 2007, l’année où elle a été installée comme d’autres femmes sur le site de maraîchage de Sèmè-Podji grâce à un projet canadien. Selon ses propos, le maraîchage est une activité très difficile, mais passionnante pour celui qui s’y adonne profondément. « Je suis une jeune déscolarisée en 1992. Je me suis mariée. Après quelques années de vie en couple, je me suis retrouvée dans le célibat avec cinq enfants à ma charge. Je n’avais aucune aide pour subvenir à leurs besoins. Par la suite, j’ai eu vent d’un projet canadien qui recrutait et formait des jeunes déscolarisés en mécanique-moto, maraîchage, soudure et autres. J’ai choisi le maraîchage, afin de vite trouver les ressources pour supporter mes enfants. Après 14 mois de formation, on nous a installés à Sèmè-Podji. Nous avons eu droit 250.000 f pour l’achat des accessoires de maraîchage. Ensuite, nous avons eu des motopompes. C’était parti pour une aventure professionnelle….. », a raconté Ulriche Hontonnou, aujourd’hui experte en maraîchage pour avoir formé elle aussi des générations dans son domaine professionnel.
Début d’une vie professionnelle
Après près de 20 ans de professionnelle assidue, Ulriche Hontonnou ne regrette pas d’avoir choisi cette activité agricole, malgré ses vicissitudes. Pour elle, le maraîchage est à la fois une activité d’endurance et une passion, car elle nourrit son homme si l’on la pratique avec détermination. « Pour notre cas à l’époque, on n’a pas rien. C’était très difficile surtout que nous étions des pères et mères de famille qui avaient besoin de moyens financiers pour supporter les charges de nos enfants. Pour faire ce travail, il faut travailler sans relâche. On veille au grain sur les produits. Matin, midi et soir, il faut travailler dans son champ. A l’arrivée, nous avons le sourire. Mais, quand il y a des inondations, c’est le cauchemar pour les maraichers. Cette saison particulièrement, nous avons subi assez de pertes dues à la surabondance des eaux. De toutes les manières, le maraîchage est un secteur agricole très intéressant. … », a-t-elle déclaré. A cet effet, pour Ulriche Hontonnou, le maraîchage doit être une solution pour résorber le chômage des jeunes qui veulent réellement travailler pour gagner leur avenir. « Les jeunes d’aujourd’hui ne veulent pas travailler. Ils sont à la recherche permanente de gain facile. Ils préfèrent être cybercriminels. Or, ils doivent s’intéresser à la terre, car elle ne ment pas. Tout le monde ne peut pas être fonctionnaire. Nul n’est sans savoir que le maraîchage aide nous, les pauvres à bien vivre, surtout que le gouvernement nous appuie beaucoup à Sèmè-Podji à travers des motopompes, engrais et produits pour développer nos cultures. J’y suis toujours et je suis sûre et certaine que le meilleur reste à venir….. », a-t-elle conclu.
Jules Yaovi Maoussi
(Br Ouémé-Plateau)
















