La deuxième tournée statutaire du préfet du département du Couffo, Ruffino d’Almeida, a démarré hierlundi 26 octobre 2026 dans la grande salle de conférence de la mairie de Lalo. Cette rencontre, qui s’inscrit dans la dynamique de rapprochement entre l’administration territoriale et les administrés, a réuni les membres du Conseil administratif départemental, les têtes couronnées, les chefs de village, les conseillers communaux ainsi que de nombreuses populations de la commune.
À son arrivée, la délégation préfectorale a été accueillie par la maire de Lalo, Pélagie Gowui, entourée de ses premier et deuxième adjoints. Dans son mot de bienvenue, l’édile a salué la démarche du préfet et de sa délégation, avant de présenter les réalités de la commune, ses potentialités ainsi que les principaux défis auxquels elle demeure confrontée.
Au nombre des préoccupations soulevées par la maire figurent le bitumage des axes routiers, la persistance des conflits frontaliers et le manque de salles de classe au Cegd’Ahomadégbé. Elle a également attiré l’attention sur la nécessité de renforcer la protection des espèces aquatiques du lac de Tandji, une préoccupation environnementale importante pour la préservation des ressources naturelles et des activités qui en dépendent. La sécurité routière a également occupé une place importante dans son intervention. Avec la réalisation de nouvelles voies, les risques d’accidents et le non-respect du Code de la route constituent, selon les préoccupations exprimées, des défis qui nécessitent davantage de sensibilisation et de vigilance de la part des usagers.
Le préfet mise sur le
dialogue et la proximité
Prenant la parole, le préfet Ruffino d’Almeida a rappelé l’objectif fondamental de cette tournée statutaire : aller au contact des populations, écouter leurs préoccupations, échanger avec les élus locaux et recueillir les difficultés qui entravent le développement des communes du département. Pour l’autorité préfectorale, cette démarche de proximité constitue un cadre privilégié pour renforcer le dialogue entre l’administration et les citoyens, identifier les problèmes prioritaires et rechercher, avec les acteurs concernés, des solutions adaptées aux réalités du terrain.
Profitant de cette tribune, le préfet a tenu à saluer et à féliciter les forces de défense et de sécurité opérant dans le département du Couffo, avec une mention particulière à la Police républicaine. Il a mis en exergue leur engagement dans la protection des personnes et des biens, ainsi que les efforts consentis pour garantir la sécurité des populations, malgré les difficultés auxquelles elles peuvent être confrontées dans l’accomplissement de leurs missions.
Cet hommage témoigne de la reconnaissance de l’autorité préfectorale envers ces acteurs essentiels de la paix sociale, de la tranquillité publique et de la préservation de l’ordre républicain.
Sécurité, éducation et santé au cœur des préoccupations
Les échanges ont permis d’aborder plusieurs problématiques touchant directement à la vie quotidienne des populations. En matière de sécurité routière, le préfet a insisté sur la multiplication des accidents sur certains axes et sur les comportements à risque, notamment le non-port du casque par les conducteurs de motocyclettes. Il a appelé à une prise de conscience collective et au respect strict du Code de la route afin de réduire les accidents et de préserver les vies humaines. Dans le secteur de l’éducation, Ruffino d’Almeida a rappelé aux enseignants leurs obligations professionnelles, en mettant l’accent sur l’assiduité et la présence effective dans les salles de classe. Il a souligné que la qualité de l’enseignement et les performances scolaires dépendent aussi de la régularité des enseignants et de leur engagement auprès des apprenants. Le volet sanitaire a également retenu l’attention. Évoquant les préoccupations liées au risque épidémique dans la sous-région, notamment les informations relatives à des cas d’Ebola signalés au Nigeria, le préfet a invité le directeur départemental de la Santé, Yaovi Jean Dao, à rappeler aux participants les symptômes de la maladie, les mesures de prévention et les conduites à tenir en cas de suspicion. La question des accouchements à domicile a également été abordée, avec un accent sur l’importance du suivi médical des femmes enceintes et du recours aux structures sanitaires publique ou les sages-femmes sont disponibles pour réduire les risques de complications maternelles et néonatales.
La transhumance et la veille citoyenne en ligne de mire
La problématique de la transhumance a, par ailleurs, fait l’objet d’une attention particulière. Face aux risques de tensions et de conflits susceptibles de découler de la cohabitation entre agriculteurs et éleveurs, le préfet a exhorté les populations et les chefs de village à faire preuve de vigilance et à renforcer la veille citoyenne. Il a ainsi encouragé le signalement rapide des situations préoccupantes et privilégié une approche fondée sur le dialogue, la prévention et le respect des règles en vigueur, afin de préserver la paix et la cohésion sociale au sein des communautés.
Les populations au cœur
des échanges
La rencontre s’est poursuivie par une séance de questions, de contributions et de doléances au cours de laquelle les populations ont eu l’occasion d’exposer les difficultés rencontrées dans leurs localités. Ces interventions ont permis de compléter le diagnostic présenté par les autorités communales et de mettre en lumière les attentes des citoyens en matière de sécurité, d’infrastructures, de services sociaux de base et de développement local. À travers cette deuxième tournée statutaire, le préfet du Couffo entend maintenir un cadre permanent de concertation entre l’administration, les élus et les populations. Au-delà des échanges, l’enjeu demeure la prise en compte des préoccupations exprimées et la recherche de réponses appropriées, dans la limite des compétences des différents acteurs et des moyens disponibles. Cette étape de Lalo marque ainsi le début d’une nouvelle séquence de dialogue territorial, avec pour ambition de consolider la gouvernance de proximité, de renforcer la sécurité des personnes et des biens et de promouvoir un développement plus attentif aux réalités vécues par les populations du Couffo.
Jean Eudes Chicha
(Br Mono-Couffo)

















