L’Agence des systèmes d’information et du numérique (Asin) a lancé, le mardi 27 octobre 2026, au ministère de la Défense nationale (Mdn), une session de formation destinée aux membres des Comités de direction (Codir) de quatre ministères. Axée sur les techniques de protection des informations sensibles de l’État, cette initiative concerne les ministères de la Défense nationale, de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche (Maep), de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique (Mesrs), ainsi que du Budget et de la fonction publique (Mbfp).
Les enjeux de défense et de sécurité numériques sont au cœur des préoccupations de l’Agence des systèmes d’information et du numérique (Asin). C’est dans cette perspective qu’une session de formation consacrée aux techniques de protection des informations sensibles de l’État a été initiée au profit des membres des Comité de direction (Codir) de quatre ministères, dont celui de la Défense nationale. Rappelant le contexte de cette initiative, Ouanilo Médégan Fagla, directeur du Centre national d’investigation du numérique (Cnin), a souligné l’importance de ce renforcement des capacités. Selon lui, les questions de défense et de sécurité reposent sur des informations dont la confidentialité, l’intégrité et la disponibilité peuvent avoir des conséquences directes sur la souveraineté, la sécurité et la capacité d’action de l’État. « Aujourd’hui, les menaces ne se limitent plus aux espaces physiques. Elles se déplacent également dans les environnements numériques », a-t-il relevé. L’usurpation d’identité, les fuites d’informations, la manipulation de contenus, les attaques contre les systèmes d’information et l’exploitation malveillante de l’intelligence artificielle figurent notamment parmi les risques auxquels les administrations sont exposées. Face à ces menaces, le représentant de l’Asin estime que la technologie, à elle seule, ne suffit pas. « Le premier niveau de protection demeure la vigilance de chaque utilisateur et, plus encore, celle des responsables qui manipulent ou autorisent l’accès à des informations sensibles », a-t-il affirmé. C’est pourquoi, a-t-il expliqué, la formation des membres des Codir constitue une priorité pour l’Asin. Elle vise notamment à renforcer les réflexes de sécurité dans l’utilisation des outils numériques, à mieux protéger les informations sensibles, à sécuriser les échanges professionnels et à promouvoir l’utilisation des solutions numériques sécurisées mises à disposition par l’État, notamment les logiciels de sécurité numérique et les outils de signature numérique. « Au-delà des outils et des procédures, nous souhaitons également faire émerger une conviction. La protection de l’information sensible qui relève à la fois de la responsabilité du commandement et d’une responsabilité collective. Chaque courrier envoyé, chaque document partagé, chaque équipement utilisé et chaque accès accordé peut constituer soit un point de protection, soit un point de vulnérabilité », a déclaré Ouanilo Médégan Fagla. Selon lui, l’humain demeure plus que jamais le dernier rempart face aux cybermenaces, grâce à ses réflexes, à son comportement et à sa vigilance. « Votre engagement est donc essentiel. Votre exemplarité permettra de faire de la cybersécurité non pas une préoccupation exclusivement technique, mais une véritable composante de la gouvernance et de la sécurité de notre administration », a-t-il insisté. Au nom de l’Asin, il a réaffirmé la disponibilité de l’agence à accompagner le ministère de la Défense nationale dans le renforcement de la sécurité de ses systèmes, de ses communications et, surtout, de son patrimoine informationnel.
La sécurité numérique, un impératif pour la défense
Procédant au lancement officiel de la session de formation, le colonel-major Mathias Alizannon, secrétaire général du ministère de la Défense nationale, a souligné que la sécurité numérique conditionne la protection des informations et la continuité des missions de défense. « Elle engage chaque responsable. Il nous revient de donner l’exemple et de veiller à l’application de pratiques rigoureuses dans nos structures », a-t-il rappelé. La formation porte notamment sur la sensibilisation à la cybersécurité, la simulation de gestion de crise cyber, la présentation des solutions de cybersécurité, ainsi que la découverte des usages de la signature électronique. À travers ces différents modules, l’Asin entend contribuer à l’adoption de bonnes pratiques numériques et au renforcement de la protection des informations sensibles au sein de l’administration publique.
Odi I. Aïtchédji

















