À quelques jours de l’ouverture de la 31e Conférence des parties sur le climat (Cop31), prévue du 9 au 20 novembre 2026 à Antalya, en Turquie, l’Institut de recherche pour le développement (Ird) entend replacer la science au cœur des négociations climatiques. Face à l’intensification des phénomènes extrêmes et aux blocages de la coopération internationale, l’institution met en avant trois priorités : l’anticipation des risques, la protection des écosystèmes et la justice climatique.
La science doit demeurer la boussole des décisions face au dérèglement climatique. C’est le plaidoyer que portera l’Institut de recherche pour le développement (Ird) à la Cop31. Dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, les crises environnementales et les difficultés du multilatéralisme, l’institution française appelle à renforcer la place des connaissances scientifiques dans l’élaboration des politiques climatiques.
Prévue à Antalya, en Turquie, du 9 au 20 novembre 2026, cette conférence intervient à un moment décisif pour la mise en œuvre des engagements de l’Accord de Paris. Pour l’Ird, les réponses à la crise climatique doivent s’appuyer sur des données scientifiques solides, mais également tenir compte des réalités sociales et économiques des territoires, particulièrement dans les pays du Sud. L’institution attire notamment l’attention sur les conséquences du phénomène El Niño, dont l’épisode actuel présente déjà des caractéristiques exceptionnelles. Canicules marines dans le Pacifique, températures extrêmes au Pérou, sécheresse en Guyane et déficit de mousson en Inde illustrent l’ampleur des perturbations. Ces phénomènes, combinés au réchauffement climatique, accentuent les risques pour les populations, les écosystèmes et les économies.
Anticiper les risques et promouvoir la justice climatique
Face à ces menaces, l’Ird défend le renforcement des systèmes d’alerte précoce et des services climatiques. L’objectif est de transformer les prévisions météorologiques et les projections climatiques en informations directement exploitables par les décideurs, notamment dans les secteurs de la santé, de l’agriculture et de la prévention des catastrophes. Au-delà de l’anticipation des risques, l’Ird plaide pour une meilleure articulation entre restauration des écosystèmes et protection des communautés locales et autochtones. L’agroécologie, les solutions fondées sur la nature et les savoirs traditionnels doivent davantage être intégrés aux politiques climatiques.
Enfin, la question du financement constitue un autre enjeu majeur. L’institution estime que les ressources mobilisées restent insuffisantes face aux besoins des pays vulnérables. Elle appelle à des mécanismes de financement plus équitables, transparents et respectueux des exigences sociales et environnementales.
À travers ces orientations, l’Ird entend rappeler que la lutte contre le changement climatique ne saurait se limiter aux engagements diplomatiques. Elle exige des décisions éclairées par la science, une coopération internationale renforcée et une véritable solidarité entre les nations.
















