Jeune femme politique, Faridath Naro Assouma ambitionne de grands projets pour son parti le Bloc républicain (Br), sa Commune d’origine, Parakou, et l’ensemble de la 8ème circonscription électorale. Dans l’interview exclusive accordée au journal « Le Matinal » et ci-dessous publiée, l’ingénieur énergéticienne de formation aborde quelques sujets brûlants de l’actualité, notamment la cherté de la vie et les Législatives de janvier 2023. A propos de ces dernières, elle nourrit le rêve d’une Assemblée nationale couverte à 60% de jeunes et de femmes.
Le Matinal : Pourquoi êtes-vous engagée dans la politique ?
Faridath Naro Assouma : La question de mon engagement en politique relève d’abord de sa définition. Pour moi, la politique consiste à faire partie d’un groupe de personnes partageant une même vision ou idéologie pour le développement communautaire. Loin d’être un secteur commercial ou un tremplin de promotion personnelle, la politique est un don de soi pour le bien de tous. Je suis ainsi engagée en politique pour servir mon peuple, le représenter et mettre à profit mes compétences pour l’intérêt public.
Vous avez à cœur le bien-être de vos compatriotes de Parakou et environs. Qu’est-ce qui justifie cette sollicitude à leur égard ?
J’ai plutôt à cœur le bien-être de mon pays. Parakou fait partie du Bénin et son développement est un paramètre important pour l’émergence du pays. Aujourd’hui, le système partisan nous invite à maintenir l’unité nationale et l’intégrité territoriale. Cependant, je me penche principalement sur Parakou parce que ma population a besoin d’une réconciliation politique avec l’Etat central. La jeunesse a pris conscience de son rôle et est prête à faire table rase du passé pour se donner une chance de se bâtir. Je suis née à Parakou, j’y ai grandi et cette ville a fait de moi la femme instruite et battante que je suis devenue. Je connais les conditions de vie de mon peuple et je me sens responsable d’agir pour que les choses changent.
Plusieurs réformes politiques et institutionnelles ont été adoptées récemment au Bénin. Que pensez-vous de l’impact de ces réformes sur le système partisan et les citoyens?
Je pense que ces nouvelles réformes viennent rationaliser le système partisan béninois autrefois régi par la personnalisation ou le régionalisme. L’exigence des 10% de suffrages pour obtenir un siège aux Législatives vient réduire considérablement le nombre de partis s’élevant auparavant à 250. Elle permet surtout permettre aux partis d’être plus représentatifs des citoyens sans aucune distinction, d’avoir un poids électoral et une bonne répartition géographique. La démocratie ne se définit pas par l’anarchie. Quant à la réforme sur le financement des partis politiques, elle vient abolir toute forme de privatisation des partis qui était cause du marchandage des votes et de corruption. Aujourd’hui, il faut convaincre par ses idées et ses aptitudes. C’est bien évidemment difficile pour un peuple habitué à la saison financière des campagnes électorales. En ce qui concerne les innovations dans le Code électoral, la réduction considérable de la caution de candidature favorise l’implication de toutes les couches sociales. L’augmentation du nombre de députés de 83 à 109 sièges dont 24 exclusivement réservés aux femmes traduit les efforts du régime du Nouveau départ pour l’insertion et la promotion du genre féminin dans le cercle des prises de décisions publiques. On en déduit aisément que ces réformes favorisent l’engagement politique de la jeunesse et des femmes. C’est salutaire.
Que pensez-vous de la gestion du Bénin depuis avril 2016?
Quand je me rappelle du Bénin d’autrefois, avec des délestages intempestifs, des routes inondées, de l’insécurité chronique, de la corruption légale, des recrutements sans qualification…, je ne peux que me réjouir de faire partie de cette époque du redressement politique national. Pour se construire, nous nous devons de nous priver de certains plaisirs jusqu’à atteindre nos objectifs. Le gouvernement actuel fonctionne avec des plans stratégiques et des prévisions, rien n’est fait au hasard. Ça dérange, mais c’est productif à long terme.
La 8ème Législature sera renouvelée en janvier 2023. De quels types de députés rêvez-vous pour le Bénin durant les prochaines années ?
Je rêve d’une Assemblée nationale couverte à 60% de jeunes et femmes. Nous aurons toujours besoin de nos aînés politiques pour nous orienter, mais il est temps que nous prenions la relève. Il en va de la pérennité de la vie politique. D’ailleurs, c’est ce que prône mon parti politique, le Bloc républicain.
Avez-vous des ambitions pour ce scrutin ?
Comme tout politique, j’aspire à la conquête et l’exercice du pouvoir. Il serait plus facile pour moi d’introduire les besoins de ma population et de participer au développement du pays si je suis élue du peuple.
Dans le cadre du développement communautaire de votre circonscription, si un jour on vous donnait la chance de faire partie d’une instance majeure de prise de décisions, que feriez-vous et quelles pourraient être vos priorités ?
Ma priorité serait d’unir mes efforts à ceux des pouvoirs publics pour défendre les intérêts de ma collectivité. Je m’attèlerai à introduire mes localités dans les projets d’accès à l’électricité et l’éclairage public, d’infrastructures sociocommunautaires, d’assainissement urbain,…le 1er et 2ème arrondissements de Parakou sont dans un état déplorable actuellement. Par ailleurs, les femmes représentent 56% de la population totale. L’un des défis majeurs sera de promouvoir l’autonomisation des femmes par des activités génératrices de revenus. Une femme autonome est une femme épanouie et productive. Elle assure la qualité de la génération future et instaure la paix dans son monde. En outre, pour la jeunesse, mon objectif sera de favoriser l’entreprenariat local. Nous ne sommes plus à une ère de bureaucratie, il est temps de se former et d’initier nos propres projets économiques. Chacune de mes actions, axées sur mes compétences techniques et mon expérience personnelle, impactera tous les autres aspects du développement communautaire dont la santé, l’éducation, le cadre de vie, la sécurité, le travail …Je ferai en sorte d’être un modèle de leadership pour la jeunesse et les femmes, les poussant à révéler leur plein potentiel.
L’une des actualités au Bénin, c’est la cherté de la vie. En tant que femme politique, que pensez-vous de cette situation que vivent les Béninois depuis quelques mois?
Je pense que la crise des produits alimentaires n’est pas propre au Bénin. Les raisons sont multiples. L’épidémie du Covid-19, les guerres internationales, l’assainissement du système douanier et fiscal national… L’une des raisons principales à mon avis est le désintéressement des populations pour le développement agricole et la consommation locale. Nous sommes capables de tout produire au Bénin, mais nous préférons acheter ce qui est importé. Si la jeunesse s’impliquait davantage dans l’agriculture et l’entreprenariat locale, la vie se porterait mieux. Qu’on le veuille ou pas, le coût de la vie augmentera. C’est à nous qu’il revient de nous adapter en trouvant des solutions adéquates.
Propos recueillis par Serge Adanlao
















