Faire l’état des lieux et recueillir des propositions pour l’élaboration d’une éventuelle loi luttant contre la commercialisation des boissons frelatées en République du Bénin. Tel est le principal motif de la tournée des membres de la Commission des affaires sociales et éducation du Conseil économique et social (Ces). La salle de réunion de la Mairie de Natitingou a abrité l’étape de Natitingou le mercredi 05 octobre 2022.
Faisant partie intégrante des problèmes que vivent les communautés de l’Atacora, l’alcool frelatée constitue une gangrène dans la gorge des autorités locales qui avaient lutté seules contre un phénomène qui a trop perduré. Une lutte qui n’a jamais prospéré vu la non-disponibilité des dispositions légales et juridiques, ce qui émousse souvent les ardeurs de ces autorités communales et locales. Tant les plaidoyers des organisations de la société civile à l’endroit des gouvernements qui se sont succédé, tant les cris de cœur des différents acteurs n’ont rien donné durant des décennies. Des commerçants véreux qui s’enrichissement au prix des vies humaines n’ont attiré l’attention d’aucune autorité. « Les fils de l’Atacora meurent sous le coup de la consommation de l’alcool frelatée que nous vendent ces gens-là », a déploré un participant à la rencontre. Pour les différents acteurs invités à cette séance, dans leurs interventions, il ressort de ce que le Bénin n’a aucune disposition légale qui permet de procéder à la saisine de ces produits qui nuisent véritablement à la santé des consommateurs. Dans son intervention, Rufus Sarè, directeur départemental du commerce et de l’industrie, fera ressortir toutes les pressions qu’il reçoit lors des contrôles des produits suspects impropres à la consommation. Mais pour certains, il y a une lueur d’espoir si le Conseil économique et social s’intéresse à cette question et espèrent véritablement que dans les jours à venir les actes concrets seront pris afin d’éradiquer définitivement le phénomène dans tout le Benin et surtout dans le nord. « Si nous avons entrepris faire l’état des lieux et recueillir des propositions sur la prolifération des boissons frelatées, c’est pour une meilleure protection de la population et notre compte rendu sera directement fait au chef de l’Etat et non à un intermédiaire », a martelé Lawani Arouna, président de la Commission des affaires sociales et éducation du Conseil économique et social à l’entame de son intervention. Pour lui, « c’est une question d’ordre social et il faut s’y pencher pour ne pas voir les bras valides disparaitre sous nos yeux ». Emile Okammati, Deuxième adjoint au maire, représentant le maire de Natitingou, se dit heureux que les institutions du pays s’intéressent enfin à la question car pour lui, « les maires de l’Atacora ont marché en 2018 pour dénoncer le phénomène mais nous n’avons jamais eu gain de cause dans cette lutte », a fait remarquer Emile Okammati dans son mot de clôture.
Géraud Adoukonou (Br Atacora-Donga)

















