C’est un véritable combat de salubrité vestimentaire qu’aura engagé le recteur de l’Université d’Abomey-Calavi, Félicien Avlessi. Quelques jours après la publication du communiqué interdisant le port de certaines tenues dans l’espace universitaire, le recteur revient dans un entretien exclusif sur les raisons qui sous-tendent cette décision et le mécanisme mis en œuvre pour faire respecter cette courageuse mesure. Lire ses propos.
Le Matinal: Quels sont les tenants et les aboutissants de cette décision ?
Félicien Avlessi : Nous sommes ici à l’Université. C’est un lieu d’éducation et on ne peut pas tolérer certaines choses. Malheureusement, nous ne sommes pas couverts par des textes qui puissent nous permettre d’afficher des photos ou de mettre des photos sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, dans l’enceinte du campus, on voit des hommes avec des coiffures bizarres, avec des boucles d’oreille, avec des pantalons qui s’arrêtent au niveau des fesses. Pour nos sœurs, qu’est-ce qu’on constate ? Il y a maintenant une mode où on fait fente au niveau de la poitrine ou de la chemise pour laisser sortir presque leur intimité. Non, moi je n’ai pas reçu cette éducation. Raison pour laquelle j’ai dit halte. Et nous allons appliquer rigoureusement cette décision qui a été prise. Je suis désagréablement surpris que certains n’aient pas lu le communiqué entièrement et se lèvent pour dire que nous parlons exclusivement des femmes. Nous ne parlons pas que des femmes. Je prie les détracteurs d’aller relire entièrement le communiqué pour comprendre de quoi il est question. On n’a jamais particularisé les étudiantes. On a parlé largement de tous les étudiants sans exclusive. Une bonne mère de famille ou un bon père de famille ne peut qu’apprécier cette décision que nous avons prise. Je voudrais à ce propos remercier les parents d’étudiants et les autorités qui nous ont soutenus jusque-là par des appels, par des messages et autres.
Quelles sont les dispositions que vous prenez pour la mise en œuvre efficace de la décision?
Le communiqué sera affiché sur toutes les portes des amphis, des salles de cours Tit, Tid et des instructions seront données aux chefs d’entités qui les appliqueront rigoureusement. Si un enseignant va dans la salle et trouve un étudiant avec les tenues vestimentaires en cause, il va le faire sortir et le remettre à ses parents. On les appelle des touristes. Ils ne sont pas venus pour étudier.
D’aucuns disent que vous avez une brigade secrète pour veiller à la mise en œuvre de la décision. Confirmez-vous ces allégations ?
Non, nous n’allons pas impliquer les brigades secrètes. Nous même, on va veiller à ça parce que, si on veut associer les brigades secrètes ça peut amener autre chose.
Nous avons noté qu’une organisation estudiantine vous soutient dans cette lutte et déjà se propose de vous accompagner. Allez-vous accepter cette main tendue ?
Nous allons accepter, mais nous attendons que les étudiants fassent d’abord leurs élections pour dégager l’organisation estudiantine la plus représentative, puisque avec les textes en vigueur, c’est avec cette organisation que nous allons collaborer. Je remercie déjà le président de l’Uneb (ndlr Union nationale des étudiants du Bénin) qui a fait cette déclaration.
Propos recueillis pour Le Matinal par Jockvien Tchobo (Coll)

















