La liste des 218 candidats et suppléants du parti de l’opposition « Les démocrates » a été dévoilée dans l’après-midi d’hier, lundi 21 novembre 2022. A la lecture de cette liste, de grandes surprises sont à noter. Plusieurs candidats qui y étaient précédemment positionnés se sont visiblement vu retirer à la dernière minute. Un constat qui alimente la polémique.
Après le repêchage in extremis du parti « Les démocrates » dans la course aux Législatives du 08 janvier prochain, beaucoup attendaient impatiemment de voir la liste des ambassadeurs du parti. Cette soif a été assouvie depuis quelques heures et déjà les commentaires vont bon train aussitôt après la publication de la liste. Des noms qui y étaient annoncés, n’y figurent malheureusement plus. En effet Guy Mitokpè, Nadine Okoumassou, Nourou-Dine Sacca Saley, Claude Djankaki et autres à l’instar de Paulin Dossa et Alexandre Hountondji, sont non-partants sur la liste. Du coup, beaucoup se demandent ce qui a bien pu se passer pour qu’on en arrive là. Si l’on savait que les quatre candidats recalés pour la question des quitus fiscaux étaient forclos, l’on s’étonne cependant de constater que la version remembrée de la liste soit allée bien au-delà de ces candidats en conflit avec l’administration fiscale à savoir, Yves Patrick Djivo, Jean-Marie Allagbé, Justin Adjovi et Arnaud Koudébi. La préoccupation ne manque pas d’intérêt quand on sait que les nouveaux candidats qui viennent ainsi d’être sacrifiés, même s’ils avaient quelques soucis par rapport à la délivrance de leur quitus, ont pu, dans la période d’étude au fond des dossiers de candidatures par la Commission électorale nationale autonome (Céna), obtenir le précieux sésame pour dissiper l’épée de Damoclès qui planait sur leur candidature. Mieux, pour ce qui est de la liste remembrée du parti et déposée le 15 novembre 2022 à la Céna, aucun indice ne pouvait présager de ce qu’en dehors de Yves-Patrick Djivo, Jean-Marie Allagbé, Justin Adjovi et Arnaud Koudébi, d’autres modifications allaient être faites sur la liste. C’est à ce niveau que les dés joués par le parti brouillent toute grille de lecture. Que s’est-il réellement passé ? Etait-ce là le prix à payer par le parti pour figurer dans les starting-blocks ? Doit-on donner raison à ceux qui évoquent la thèse d’un compromis politique ? Ce sont là autant de questionnements qui agitent les esprits et font dire qu’il y a des non-dits dans ce dossier.
Des non-dits
Dans une publication sur sa page Facebook, l’un des candidats sacrifiés, en l’occurrence Guy Mitokpè a brisé l’omerta, quelques heures seulement après la publication de la liste. Déjà, à travers une publication sur sa page Facebook, il a donné quelques éléments de réponse sur son absence sur la liste. Il a caricaturé la situation en faisant une comparaison avec un cas similaire au Sénégal. « Avant notre pays, c’était le pouvoir sénégalais qui avait tout mis en œuvre pour fragiliser l’opposition sénégalaise en mettant en difficulté la liste des candidats de l’opposition. L’opposition avait le choix entre abdiquer (ce qui ferait l’affaire du pouvoir sénégalais), ou bien se retrousser les manches et partir aux élections avec une liste de candidatures de l’opposition fracassée, fragilisée et affaiblie », peut-on lire dans la publication du jeune acteur politique, nouvelle recrue du parti. Avant lui, c’est le président Eric Houndété qui annonçait les signaux. En effet, à l’issue de la cérémonie de réception, samedi 19 novembre 2022 du récépissé définitif du parti, l’ancien premier-vice-président de la 7ème législature a confié: « Je voudrais saluer tous ceux qui ont œuvré pour que le dossier de candidatures soit monté, ceux qui se sont sacrifiés pour s’acquitter des vrais et faux impôts, ceux qui ont été sacrifiés pour que nous puissions avoir une liste qui passe. Je salue tous les camarades dont nous avons dû nous séparer pour que notre présence dans la liste des partis en compétition soit effective ». Des propos lourds de sens qui sonnent comme un signe annonciateur du tsunami qui a cours au niveau de la liste du parti. En dépit de ces explications, des interrogations subsistent dans l’esprit des militants du parti qui veulent en savoir plus sur le deal qui a conduit à ce schéma qui prend tout le monde de court.
Gabin Goubiyi

















