Du 23 au 26 novembre 2022, le Bénin abrite la 1ère édition du Symposium sur l’Indigo africain (Sia) organisé par Couleur indigo. Dans une interview, Nadia Adanlé, promotrice de la structure nous parle des temps forts qui marqueront cet événement.
Le Matinal: Vous avez annoncé le 27 octobre 2022 au cours d’une conférence de presse, l’organisation de la 1ère édition du Symposium sur l’indigo africain (Sia). D’où est venue cette idée et pourquoi avoir préféré un Symposium au lieu d’une Foire ou un autre événement?
Nadia Adanlé: Vous savez, l’indigo va au-delà du simple artisanat. Tous les indigotiers vous le diront. C’est une démarche scientifique et méthodique. Le travail de l’indigo n’est pas juste de faire des mélanges. Non, le travail de l’indigo est un travail quotidien de maintenance, de recherche, d’amélioration et de méthode. C’est un travail scientifique. Donc quand on considère cela, il n’y avait pas d’autres cadres pour échanger et toucher à tous les sujets auxquels nous désirons toucher si ce n’est pas un symposium.
De quoi s’agira-t-il concrètement au cours du symposium? Les activités et les temps forts.
Ce symposium se déroulera du 23 au 26 novembre 2022, soit quatre journées de travail. Il y a cinq délégations qui ont confirmé leur arrivée à ce jour. Elles sont composées d’indigotiers et de stylistes. Les indigotiers pour la partie fabrication de tissus et les stylistes pour la valorisation du tissu. Le premier jour, il y aura le lancement officiel des activités qui sera suivi d’une parade pays et de la publication officielle d’un ouvrage édité par Couleur indigo sur sa démarche et le voyage au sein de cet univers bleu. En général dans les événements qui touchent à la mode, on ne retrouve que des stylistes et des accessoiristes sur scène. Pour cette fois-ci, on aura des fabricants de tissus sur scène. Le deuxième jour sera consacré au démarrage des travaux scientifiques entre professionnels. Nous allons nous diriger vers une place identifiée et autorisée par la mairie après étude pour ériger un symbole qui rappelle le travail de l’indigo dans l’ancien Ouidah en collaboration avec la famille Aniambossou qui était la première à pratiquer l’indigo. Ensuite le vendredi, les travaux se poursuivront. Nous allons accueillir des spécialistes dont une de la Guyane, spécialiste en ingénierie textile et une autre spécialisée dans l’impact économique de l’indigo. Nous allons rédiger les actes du symposium qui seront finalisés le samedi matin. La soirée de clôture se tiendra le samedi soir à Cotonou. Elle sera marquée par un défilé de mode de tous les pays invités et la coupure du gâteau des 15 années de Couleur indigo . Donc on ouvre le symposium avec des fabricants de tissu et on le clôturera avec les transformateurs de tissus qui sont les stylistes.
Quelles seront les retombées de ce symposium sur la promotion des pagnes tissés à base de l’indigo?
Les retombées sont énormes. Il permet de se mettre en réseau. Ce sont les objectifs en second rang. Échanger pour ressortir les perspectives, les points de convergence et les difficultés pour poser les bases d’une professionnalisation de notre activité. Nous en sortirons tous renforcés de façon technique par rapport à notre travail.
Combien de pays prennent part au Sia 2022 et quel sera son impact social?
Nous aurons sept pays représentés sur le Sia. Il y aura un impact sur la clientèle du Bénin et par ricochet la clientèle africaine, car il y aura une bonne communication sur l’évènement. Ce qui représente une force qui peut susciter de nouvelles vocations.
Tantôt nous entendons le «Èlù vô», tantôt c’est le «Indigo». Existe-il une différence entre les deux appellations?
Oui, il y a une différence. L’indigo désigne une couleur comme on parle du vert ou du jaune. «élù» est une feuille qui a la particularité de donner la couleur bleue malgré son aspect vert. Nous avons choisi d’appeler désormais notre tissu «Èlù vô» au lieu de tissu indigo, car ce terme permet d’invoquer la technique utilisée basée sur l’utilisation des feuilles. Quand je dis pagne indigo, je n’ai pas l’intention de donner mon tissu dans toute sa dimension. C’est la différence entre les deux termes.
Votre mot de fin
Avec cet événement, nous avons eu du mal à trouver des stylistes qui travaillent exclusivement cette matière. Nous les invitons à rentrer dans une démarche créative qui intègre ce tissu. C’est une source d’inspiration terrible. «Èlù», ce n’est pas juste un tissu, c’est toute une histoire.
Propos recueillis par Mohamed Yasser Amoussa (Coll)




















