Au cours du conclave ministériel d’hier, mercredi 7 décembre 2022, l’Exécutif béninois a acté l’effectivité des mesures de revalorisation des salaires pour ce mois de décembre. En chiffres, cet engagement du gouvernement est estimé à 60 milliards de FCfa pour le compte de la première année. Une énième décision qui matérialise la promesse de hautement social faite par le chef de l’Etat Patrice Talon.
60 milliards, c’est la bagatelle somme que devra débourser le gouvernement pour élargir l’assiette du hautement social au profit des travailleurs de la fonction publique. Cet engagement financier, subséquent aux mesures de revalorisation des salaires entérinées hier en conseil des ministre qui va sans doute grimper au fil des mois et des années, en fonctions des mouvements au sein de la fonction publique. L’effort financier est loin d’être négligeable et relève au demeurant d’un exploit quand on connait la conjoncture économique difficile que connaît le monde depuis quelques années. Par ailleurs, il convient d’indiquer que ces différentes mesures produiront leurs effets sur les pensions de retraite, y compris pour les retraités actuels qui bénéficieront des implications du relèvement du point indiciaire. Avec cette mesure qui impacte une frange importante des travailleurs, l’Etat témoigne sa reconnaissance à ces agents qui contribuent au bon fonctionnement de l’administration publique et au développement du pays. C’est un retour d’ascenseur aux agents de l’Etat et autres qui depuis 2016, ont dû serrer la ceinture pour la cause du développement du pays. Visiblement, 2022 s’achève avec un brin de sourire pour les travailleurs et au-delà toute la population qui voit ainsi renforcer son pouvoir d’achat.
Une justice sociale manifeste
Une radioscopie des nouvelles réalités salariales permet d’appréhender l’approche du gouvernement et notamment du chef de l’Etat qui reste constamment guidé par un souci de justice sociale. Ainsi, à la lecture du compte rendu du Conseil des ministres, on se rend aisément compte que les augmentations consenties à certains travailleurs, vont jusqu’à 66% en fonction de la catégorie socio-professionnelle. Sous d’autres cieux, on aurait simplement appliqué le taux moyen de relèvement à tous les agents sans distinction de catégories. Du coup, cet élan de justice sociale est à saluer car si la cherté de la vie est perceptible, elle frappe plus manifestement les plus modestes. De façon concrète, le compte rendu renseigne que le « conducteur de véhicules administratifs en début de carrière connaîtra une hausse de 66% de son salaire. Selon qu’il est en début, milieu ou fin de carrière, l’agent d’entretien des services de santé connaîtra une revalorisation allant de 56 à 32% du revenu actuel net, la sage-femme 51 à 29%, l’infirmier breveté 34 à 22%, le contrôleur d’action sanitaire 27 à 15%, l’inspecteur d’action sanitaire 22 à 11%, le technicien de laboratoire 28 à 16% ; et le médecin 11 à 10% selon qu’il est hospitalier ou non hospitalier. Dans les mêmes conditions, l’instituteur adjoint aura une augmentation de 49 à 33%, l’instituteur 34 à 12%, l’élève instituteur 34 à 25%, le conseiller pédagogique 16 à 12% et l’inspecteur 12 à 10 %. Quant aux professeurs adjoints ou certifiés des lycées et collèges, ils constateront respectivement une augmentation de 25 à 11% et de 22 à 10%. Le conseiller pédagogique du secondaire aura pour sa part 22 à 11% tandis que l’élève professeur certifié constatera un relèvement de 26 à 16%, l’élève professeur adjoint 29% et l’instituteur de l’enseignement technique 31%. En ce qui concerne le fonctionnaire de police de 2ème et 1ère classes, la revalorisation va de 34 à 23 %, le sous-officier subalterne 23 à 16%, le sous-officier supérieur 18 à 12%, et l’officier subalterne 21 à 10%. Le militaire du rang, pour sa part, observera une augmentation de 46 à 22%, le sous-officier subalterne 23 à 16%, l’officier subalterne 21 à 10%. En ce qui concerne les salaires les plus élevés, toutes catégories confondues, ils connaîtront des augmentations de 12 à 3%. ».
Le hautement social en contenu réel
Le hautement social annoncé n’était pas une promesse politique encore moins un coup de poker. En tout cas, à l’ère du nouveau départ, la crédibilité de la parole de l’autorité publique, revêt toutes ses lettres de noblesse. Et ce ne sont pas les travailleurs qui diront le contraire. Eux qui ont de bonnes raisons d’afficher un sourire xxl après la série de bonnes nouvelles qui leur sont annoncées en début de ce mois de décembre. En effet, suite à la rencontre tenue mardi 6 décembre 2022 par le chef de l’Etat et certains membres de son gouvernement avec les partenaires sociaux et quelques membres du patronat au sujet de la revalorisation des salaires, un contenu concret a été donné à cette promesse qui date bientôt d’un an. Et comme première surprise, l’effectivité des mesures de revalorisation salariale ne peut attendre. Faisant suite à la doléance des responsables syndicaux à l’effet d’opérationnaliser ces mesures dès ce mois de décembre, le gouvernement a décidé au cours de sa rencontre d’hier, mercredi 7 décembre 2022, d’accorder le bénéfice des nouvelles augmentations à une catégorie de travailleurs de la fonction publique. Avant d’en arriver là, le Conseil a examiné et adopté les schémas proposés par le groupe de travail et officialisé les mesures de revalorisation des salaires des agents de l’Etat. La méthode ou l’option choisie par le gouvernement est celle d’un relèvement indiciaire uniforme pour tous et des sursalaires différenciés, privilégiant ainsi les plus modestes. Priorité a donc été donnée aux catégories professionnelles plus modestes pour mieux apprécier l’ampleur de cette revalorisation sur ce que chaque agent empocherait.
Gabin Goubiyi

















