Quand bien même plus de 24 mois nous séparent des prochaines échéances électorales, 2026 est plus que jamais au cœur de l’actualité politique nationale. Entre reconfiguration des instances dirigeantes de partis et descentes sur le terrain, remobilisation de militants, suscitations de candidatures et remaniements techniques, les acteurs politiques donnent déjà des signaux de ce que sera 2026. La récente démission du ministre des Sports Oswald Homéky a plus que jamais relancé le débat.
2026 polarise déjà les attentions au Bénin. Malgré qu’on soit à plus de deux ans de la fin du second et dernier mandat de l’actuel locataire de La Marina, l’après-Talon semble déjà une évidence pour certains. Au sein de l’opinion, la question de la succession du chantre du Nouveau départ est constamment au cœur des débats. Sur la question, on agite le nom d’un de ses proches en l’occurrence Olivier Boko, un homme de l’ombre dont la discrétion légendaire semble pourtant contraster avec la grande influence et l’hyperpuissance dont on le crédite dans le sérail et dans l’entourage de celui qui est considéré comme son alter ego. Ces appréhensions sur celui que d’aucuns appellent affectueusement « OB » par référence aux initiales de son nom, se confirment au fil des jours avec la prolifération des mouvements de suscitation de sa candidature. Une actualité diversement perçue et que d’aucuns analysent comme un échec de la réforme du système partisan. Pour ceux-ci, les parti politiques sont les seuls à entériner la désignation du candidat qui en défendra les couleurs à telle échéance électorale. Pour d’autres, cette agitation participe d’une certaine animation de la vie politique et traduit une vitalité de la démocratie. Ces agitations pourraient être perçues comme une plaisanterie de mauvais goût de la part d’individus en quête de buzz ou de visibilité au regard de la précocité du sujet et vu que l’actuel locataire de La Marina semble n’avoir pas tranché la question de sa succession. Mais depuis que des acteurs politiques se sont invités dans le débat, les choses semblent prendre une autre tournure. C’est principalement le désormais ex-ministre des Sports, Oswald Homéky qui a publiquement opiné sur la probable candidature de l’allié et partenaire d’affaires de Patrice Talon. Selon ses propos rapportés par plusieurs médias, le jeune acteur politique aurait déclaré fin août 2023 : « Olivier Boko est le mieux préparé de nous tous. S’il décide d’être candidat en 2026, toutes les autres ambitions devront s’éclipser. En toute sincérité, il est celui dont la candidature rassemble aisément toutes les tendances au sein de la mouvance et même en dehors ». Des propos perçus au sein de l’opinion comme une confirmation tacite de ce qui se trame au sommet de l’Etat. Selon certains analystes, depuis cette boutade, la tête du ministre Homéky était mise à prix. Pour eux, sa démission actée le 6 octobre dernier serait la conséquence de cette affirmation. Pour le membre du gouvernement qu’il était, c’était une erreur grossière qui ne pouvait être pardonnée. Du coup, une frange de l’opinion estime que loin de son bilan mitigé à la tête du ministère des Sports, Oswald Homéky qui était déjà en sursis depuis quelques années au gouvernement, a commis une erreur de trop.
Les partis politiques dans la danse
Le week-end écoulé, le Bloc républicain (Br) a entrepris une tournée dite de remobilisation des militants. Le premier responsable du parti, Abdoulaye Bio Tchané, a pris les devants de cette tournée qui conduira les figures de proue du parti vers la base. Avant le Bloc républicain, l’Union progressiste Le renouveau était sur le terrain pour un exercice quasiment identique même si pour le parti de Djogbénou, il a été annoncé comme étant une tournée de reddition de comptes aux militants du parti. Quelle que soit la raison évoquée pour justifier ces différentes descentes, il serait impertinent de ne pas faire le lien avec 2026 qui s’annonce comme une année électorale qui va connaitre, pour la première fois au Bénin, l’organisation de quatre différentes élections : communales, locales, législatives et présidentielle. 2026 reste de ce point de vue un virage essentiel voire vital pour les partis politiques qui ambitionnent d’être au cœur de l’appareil d’Etat après ces échéances majeures. Avant ces descentes sur le terrain, les deux partis qui semblent se marquer à la culotte, ont procédé à une reconfiguration de leurs instances dirigeantes respectives. L’enjeu est aussi bien important pour les partis de la mouvance que ceux de l’opposition. Le parti « Les démocrates » en a d’ailleurs fait le point nodal de son congrès ordinaire des 14 et 15 octobre 2023. « Défis des élections générales de 2026 : ensemble avec les démocrates, le peuple a la reconquête de sa souveraineté » est en effet le thème autour duquel seront menées les réflexions au cours de ce congrès. C’est dire que 2026 quoiqu’étant à quelques encablures, se joue déjà dans le différentes chapelles politiques.
Abdourhamane Touré


















