Le Comité de facilitation de la carte de presse (Cfcp) présidé par Michel Ahonon, a tenu, le vendredi 8 décembre 2023, une conférence de presse pour dénoncer le projet de détricotage du code électoral des professionnels des médias en vue de l’élection des conseillers de l’instance de régulation des médias. C’est la Maison des médias Thomas Megnassan à Cotonou qui a servi de cadre à ce rendez-vous médiatique.
La 6ème mandature de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) présidée par Rémy Prosper Moretti va déposer le tablier fin juillet 2024. Ainsi, des élections doivent être organisées pour renouveler les membres de l’instance de régulation des médias. Selon Michel Ahonon, il y a des manipulations qui s’opèrent pour dépouiller les acteurs des médias de leurs droits d’être électeurs par la détention de la carte de presse. « Les conseillers de la Haac, en violation des dispositions de la loi organique régissant l’institution, ont concocté un projet de code électoral pour l’organisation et la gestion des prochaines élections sans associer la Commission électorale nationale autonome (Céna), organe en charge de l’organisation des élections au Bénin. Un projet de code électoral, fruit d’un travail de détricotage du code électoral que les associations professionnelles des médias ont toujours utilisé pour organiser les élections en leur sein pour désigner leurs représentants dont la dernière qui s’est tenue en juin 2019 », a alerté Michel Ahonon. A l’entendre, il ressort de ses investigations que ce projet de code électoral fait l’objet de consultation pour être adopté comme règle générale lors des élections à la Haac. « C’est ainsi qu’il nous revient que ce document qui ne sera bon que pour la poubelle indique à bien des égards, que les professionnels des médias qui seront appelés à choisir leurs représentants, pourraient s’inscrire sur les listes électorales avec une carte d’identité au lieu de la carte de presse », a indiqué le conférencier. A l’en croire, il s’agit d’un recul grave et d’un rétropédalage monstre qui consiste à brimer le droit des journalistes d’être électeurs et éligibles par la détention de la carte de presse. Si ce nouveau projet de code électoral arrive à être adopté, la Haac violerait non seulement sa propre loi organique, mais plus encore les dispositions de la loi 2015. « Tout ce qui se passe prend sa source dans les nouvelles dispositions de la Constitution qui lors de sa révision intervenue en novembre 2019 a rendu possible désormais, le renouvellement une fois du mandat des conseillers à la Haac », a-t-il relevé. Il a, par la suite, précisé que la 6ème mandature de la Haac n’est nullement concernée par cette nouvelle mesure de la Constitution. « C’est le moment de rappeler que cette mandature de la Haac a été installée en juillet 2019 pour un mandat de cinq (05) ans non renouvelable bien avant la révision de la Constitution », a conclu Michel Ahonon.
Patrice Zoundé (Coll)

















