Le prix du ciment a récemment connu une augmentation significative dans la Commune de Natitingou, passant de 88 000 francs Cfa à 92 000 francs Cfa, malgré un arrêté interministériel fixant le prix à 88 000 francs Cfa. Cette hausse soudaine a suscité des réactions et des interrogations au sein de la population locale.
Pour soutenir les populations face à la flambée des prix des produits de grande consommation, le gouvernement du Bénin avait plafonné le prix de vente du ciment dans différentes Communes à travers l’arrêté interministériel Année 2022/Mic/Mdc/Mef/Dc/Sgm/Dci/Sa/033SGG22 du 17 juin 2022. Cet arrêté, en conformité avec l’article 05 de la loi N° 2016-25 du 04 novembre 2016 portant organisation de la concurrence en République du Bénin, fixait le prix de cession du ciment à 88 000 francs Cfa dans la Commune de Natitingou. Cependant, une récente enquête menée par une équipe de la direction départementale de l’industrie et du commerce de l’Atacora et de la Donga a révélé des prix de vente oscillant entre 90 000 et 92 000 francs Cfa dans différents dépôts de la Commune de Natitingou. Certains gérants de dépôt ont même été accusés de fixer les prix en fonction de la tête du client. Face à ces irrégularités, l’administrateur du commerce Thomas Gnango, représentant le directeur départemental, et son équipe ont pris des mesures strictes en verbalisant les contrevenants et en fermant certains dépôts de ciment pris en flagrant délit de non-respect des prix réglementaires. Les gérants de dépôts de ciment justifient cette augmentation par les coûts élevés de transport. « Le prix du transport nous revient très cher à cause de la lenteur des cimenteries dans la production. Le camion qui part pour le chargement et devrait revenir en trois jours peut parfois prendre une semaine. Cela devient un poids pour nous les gérants et c’est à nous de régler tout ça », explique Abdoulaye Abdou Yacoubou, l’un des gérants approchés. Une autre raison avancée pour cette hausse est l’expiration de la période de subvention de six mois, ce qui aurait contribué à l’augmentation des coûts de production et de distribution du ciment.
Géraud Adoukonou
(Br Atacora-Donga)

















