(Cap sur la consolidation budgétaire et les investissements structurants)
Adoptée à l’unanimité des députés présents et représentés lors de la séance plénière du 4 décembre 2025, la loi de finances pour la gestion 2026 marque une nouvelle étape dans la stratégie budgétaire nationale. Orientée vers la préservation de la croissance, le renforcement des réformes et l’investissement massif, elle s’équilibre à 3 783,984 milliards de FCfa, en hausse de 6,6 % par rapport à 2025.
D’un montant total de 3 783,984 milliards de FCfa contre 3 551,005 milliards en 2025, la loi de finances 2026 confirme un choix résolu de soutenir la croissance et de consolider les acquis des années précédentes. L’augmentation de 6,6 % est largement portée par un secteur agricole robuste, le dynamisme industriel, la vitalité du Port de Cotonou ainsi que la montée en puissance du tourisme. Le texte respecte pleinement les normes fixées par la loi organique relative aux lois de finances et s’inscrit dans les perspectives économiques discutées au Parlement lors du débat d’orientation budgétaire du 27 juin 2025. Le gouvernement table sur un taux de croissance de 7,5 % en 2026, une inflation maîtrisée et un déficit budgétaire ramené à 2,7 % du Pib, contre 2,9 % en 2025. Par ailleurs, 42 % du budget général seront dédiés aux dépenses à fort impact social.
Ressources en hausse et gouvernance financière renforcée
Les prévisions de ressources budgétaires s’élèvent à 2 645,976 milliards de FCfa, soit une hausse de 11,8 % par rapport à 2025. Cette progression résulte des réformes fiscales en cours, de l’élargissement de l’assiette et de la modernisation des procédures au sein des régies financières. Côté dépenses, les prévisions atteignent 3 065,133 milliards de FCfa, en progression de 10,3 %. Le Budget général absorbe 2 936,333 milliards, tandis que le Fnrb reçoit 90,600 milliards et les comptes d’affectation spéciale 38,200 milliards. Cette hausse contrôlée permet de renforcer les moyens des secteurs prioritaires, tout en maintenant une discipline budgétaire. Les investissements enregistrent une expansion notable, avec une augmentation de près de 20% et un volume dépassant les 1 010 milliards de FCfa.
Besoin de financement en baisse et équilibre consolidé
Les opérations de trésorerie témoignent de l’impact des efforts de consolidation. Les ressources de trésorerie sont estimées à 1 138,008 milliards de FCfa contre 1 183,622 milliards en 2025, grâce à une meilleure gestion de la dette et des emprunts. L’équilibre global du budget fait ressortir un déficit de 419,157 milliards de FCfa, correspondant à 2,7 % du Pib. Cette contraction progressive du déficit confirme la volonté politique de garantir une trajectoire soutenable des finances publiques.
Une gestion des effectifs harmonisée malgré une baisse apparente du plafond d’emplois
Fixé à 103 513 équivalents temps plein travaillés en 2026 contre 106 774 en 2025, le plafond d’emplois affiche une baisse liée aux départs à la retraite et au décalage de certains recrutements. Toutefois, cette diminution ne reflète pas un recul de la capacité de l’État à renforcer les effectifs. En intégrant les recrutements dans les secteurs de la santé, des eaux et forêts, de la sécurité et dans les agences gouvernementales, les effectifs réels sont en hausse par rapport à l’année précédente.
Une stratégie d’investissement tournée vers la transformation structurelle
Le Programme d’investissements publics (Pip) 2026 s’inscrit dans une logique de transformation économique et de justice sociale. Sur la période 2026-2028, il met l’accent sur l’agriculture mécanisée, l’industrie, la logistique portuaire et le tourisme. Pour 2026, les ressources intérieures mobilisées pour les projets s’élèvent à 690,953 milliards de FCfa, soit 57% de l’enveloppe totale. Les ressources extérieures atteignent 520,730 milliards, composées de prêts et de dons fournis par les partenaires techniques et financiers. La part des prêts représente 32,68 % du PIP, tandis que les dons couvrent 6,92 %.
Mesures fiscales reconduites et innovations pour encourager l’investissement
Le volet fiscal de la loi de finances 2026 combine mesures reconduites et innovations. Parmi les reconductions figurent les exonérations sur les majorations et pénalités pour les contribuables régularisant leurs situations fiscales, les allègements douaniers sur les véhicules neufs, les aéronefs, les équipements industriels, les matériels de gaz domestiques et les dispositifs des PME industrielles. S’y ajoutent des mesures de soutien ciblées, comme l’exonération permettant aux industriels du soja d’exporter une partie des stocks résiduels sans droits ni taxes. Parmi les innovations figure une nouvelle répartition des recettes de Tva, révisée afin d’améliorer le remboursement des certificats de détaxe et de renforcer le financement de la dette publique. Le texte clarifie aussi le traitement fiscal des carburants et produits pétroliers utilisés par certains secteurs professionnels, en excluant les véhicules de tourisme.
Une loi de finances pour préparer l’avenir
Adoptée dans un contexte d’optimisme prudent, la loi de finances 2026 trace une voie ambitieuse pour l’économie nationale. Elle concilie rigueur et investissements, consolidation financière et justice sociale, tout en soutenant les secteurs moteurs de la croissance. En renforçant les capacités de financement, la mobilisation des ressources et les programmes structurants, elle se positionne comme un instrument stratégique pour accompagner la transformation du pays et améliorer durablement les conditions de vie des populations.
Gabin Goubiyi




















