L’une des structures étatiques qui a pignon sur rue dans le secteur agricole, c’est bien le Fonds national de développement agricole (Fnda). Un établissement financier de cautionnement à caractère agricole placé sous la tutelle du ministère de l’Agriculture de l’élevage et de la pêche (Maep). Alors que le gouvernement du président Patrice Talon ne manque pas d’ambitions et de compétences pour apporter innovation et idées révolutionnaires à ce Fonds dont il veut changer le visage et mieux le rapprocher des producteurs agricoles, un nombre important de citoyens croient que le Fnda est une banque agricole. Ce qui n’est pas le cas.
« Au jour d’aujourd’hui, nous ne pensons pas que l’Etat est dans les dispositions pour créer une banque agricole, encore moins transformer le Fonds national de développement agricole (Fnda) en banque agricole. Ça c’est formel », clarifie sentencieux, Nicolas Ahouissoussi, directeur général du Fnda à la faveur d’une séance d’échanges tenue en début d’année avec les médias partenaires. L’homme et son staff ont profité de cette rencontre pour outiller les acteurs des médias en ce qui concerne les éléments de langage à utiliser dans le traitement des informations de cette structure de l’Etat. C’est dire qu’à moyen terme, le Fnda n’a pas à être transformé en une banque agricole. En effet, pour améliorer les performances du Fnda et lui permettre d’impacter davantage, le gouvernement du président Patrice Talon a marqué son accord à la faveur du conseil des ministres du mercredi 24 janvier 2024, pour le recrutement d’une expertise internationale pour accompagner le Fnda dans le processus d’obtention d’un agrément financier de cautionnement auprès de l’Union monétaire ouest-africaine (Umoa). Une énième mesure du gouvernement qui rend plus dynamique la structure pour le bonheur des acteurs du secteur agricole. Aussi est-il important de rappeler que des mesures incitatives pour l’amélioration des conditions et modalités d’accès au financement du Fonds national de développement agricole (Fnda) au profit des exploitants et des petites et moyennes entreprises agricoles ont été adoptées. Il faut dire que suite à la communication du conseil des ministres, le cabinet Mazars, un groupe international et intégré, spécialisé dans l’audit, l’expertise comptable, la fiscalité et autres, a commencé par travailler avec le Fnda. L’objectif est de voir la transformation institutionnelle que peut avoir ce fonds pour porter l’agrément pour faire le cautionnement. Le cautionnement à en croire les propos du directeur général du Fnda, n’est rien d’autre que la garantie que fait déjà l’établissement. A titre d’exemple, il y a le guichet 3-3 du Fnda qui offre la facilitation et de la bonification de taux d’intérêt. En clair, il s’agit de l’amélioration de la garantie pour permettre aux partenaires du Fnda que sont les banques et les systèmes financiers décentralisés (Sfd), de mieux gérer leurs risques. Par ailleurs, il est à souligner que l’intégrité des guichets (03 au total) du Fnda doit être maintenue. « Il n’y a vraiment pas de changement, on continuera toujours de faire la bonification, on continuera toujours de faire la garantie, le refinancement et on va toujours donner les subventions », a rassuré Nicolas Ahouissoussi.
Relever le niveau de performance du Fnda
En décembre 2023, lors d’un Conseil des ministres, le gouvernement a décidé de « relever substantiellement le niveau de performance du Fonds ». Cette mesure qui se veut incitative et susceptible de soulager les promoteurs agricoles « consiste en la rétrocession, in fine, des intérêts de 2% l’an qui seront payés après remboursement du refinancement octroyé par le Fnda ». Pour être éligible à ce fonds, deux indicateurs de performance sont non négociables à savoir : un niveau de tirage de la ligne de refinancement supérieur ou égal à 70% et un taux de remboursement de 100% des tirages effectués conformément aux tableaux d’amortissement de chaque tirage. « En cas d’impayés, la mesure de rétrocession des intérêts perçus s’estompe pour le tirage concerné », indique le compte rendu.
Les mesures incitatives concernent également « la mise en place d’un appui financier sur deux ans aux fins de prendre en compte une partie des charges salariales du personnel (75% la première année et 50% la deuxième année) complémentaire chargé de dynamiser l’intervention des Systèmes financiers décentralisés (Sfd) en vue d’un meilleur accès au financement des exploitants agricoles ». La finalité est de renforcer le dispositif opérationnel de terrain. Cette mesure a deux avantages : permettra une intervention plus remarquable dans des Communes jusqu’au niveau village où actuellement les Sfd n’ont pas un dispositif adéquat de couverture et améliorer la qualité de service et le suivi des crédits agricoles octroyés.
Les nouvelles mesures incitatives qui vont être mises en œuvre pendant 2 ans seront inscrites dans un Programme spécial d’insertion dans l’emploi (Psie- agricole) par lequel « l’Etat prend en compte à hauteur de 75% la première année et 50% la deuxième année, les charges salariales et les Sfd supportant respectivement les 25% et 50% restants », peut-on lire dans le compte rendu. Il faut rappeler que le principal objectif du Fnda mis en place par le gouvernement est de favoriser la promotion des filières agricoles en facilitant l’accès au financement pour inciter l’investissement privé dans le secteur à travers des subventions ciblées et des instruments financiers adaptés, dans la perspective d’une meilleure exploitation du potentiel agricole national, l’amélioration des revenus tirés de l’agriculture ainsi que la sécurité alimentaire.
Meilleure exploitation du potentiel agricole
La mise en place du Fonds national de développement agricole (Fnda) prouve à suffisance que le gouvernement du Bénin tient à cœur le développement du secteur agricole. Car, il ne se passe quasiment pas de jour sans que la question de facilité à offrir aux producteurs agricoles ne soit soulevée. Des réflexions sont donc menées pour lever les goulots d’étranglement à l’accès au financement des acteurs agricoles. La mission du Fnda est de contribuer à l’amélioration des revenus agricoles et à la sécurité alimentaire par la promotion de l’investissement privé dans le secteur agricole, à travers des subventions ciblées et des instruments financiers adaptés aux besoins des filières et ce par une approche de développement participatif des filières agricoles, pour une meilleure exploitation du potentiel agricole national.
Par ailleurs, il faut préciser que l’objectif du Fnda est de favoriser la promotion des filières agricoles en facilitant l’accès au financement pour inciter l’investissement privé dans le secteur agricole à travers des subventions ciblées et des instruments financiers adaptés avec pour perspective ; une meilleure exploitation du potentiel agricole national, l’amélioration des revenus agricoles ainsi que la réalisation de la sécurité alimentaire. Le Fonds National de développement agricole dispose de trois guichets fonctionnels complémentaires à savoir : le guichet1 pour les subventions aux investissements agricoles, le guichet 2 pour l’accès aux services non financiers et le guichet 3 destiné à la facilitation de l’accès aux services financiers.
Avec l’élargissement des champs de compétences du Fonds national de développement agricole (Fnda), c’est une nouvelle ère qui s’ouvre sur l’entrepreneuriat agricole au Bénin.
Sergino Lokossou (Coll)


















