(Un parc urbain doté d’une arène culturelle à ériger en lieu et place)
Face à l’impossibilité de maintenir les bâtiments érigés sur l’ancien site de construction du siège de l’Assemblée nationale dénommé « musée de la corruption », le gouvernement a décidé de sa démolition le mercredi 13 septembre 2023. Cela, plusieurs années après le rapport qu’il a présenté à la 7ème Législature.
Le gouvernement a décidé à compter du mercredi 13 septembre 2023, de passer à l’étape de la démolition des infrastructures du siège de l’Assemblée nationale mal exécutées sous le régime du président Boni Yayi. En effet, le rapport présenté aux députés en 2017 a conclu à l’impossibilité de maintenir ces bâtiments du fait de la mauvaise exécution du chantier. Face aux nombreuses défaillances constatées dans sa construction, le bâtiment pourrait provoquer des pertes en vies humaines. C’est pourquoi le gouvernement a décidé de sa démolition. Plus de 13 milliards de francs Cfa engloutis dans cette infrastructure qui ne respecte aucune norme en la matière. Pour certains, il faut que les auteurs de ce gâchis soient à tout prix débusqués et punis par la loi. D’autres invitent le gouvernement à réaliser une autre infrastructure majeure afin de valoriser l’entrée stratégique de la ville de Porto-Novo. C’est dans ce cadre que le chef du premier arrondissement de Porto-Novo, El Hadj Moubaracou Latifu, a loué la vision et le leadership du chef de l’Etat, Patrice Talon, qui a déjà le plan de développement et de revalorisation de ce site. Selon, l’adjoint au maire de Porto-Novo, en lieu et place du bâtiment en cours de démolition, il sera érigé un parc urbain au sein duquel sera construite la plus grande arène culturelle de Porto-Novo. L’Avant-projet sommaire (Aps) est déjà achevé et l’Avant-projet détaillé (Apd) est en cours pour amorcer la phase concrète de construction des nouvelles infrastructures.
Martial Agoli-Agbo (Br Ouémé-Plateau)
Appréciations de quelques citoyens et du Ca1 de Porto-Novo de la décision
Godfroy Missahogbé, enseignant : « C’est un grand scandale »
« C’est un grand scandale. Je dirai même, le scandale du siècle. Les résultats sont là. C’est vrai que le bâtiment ne peut pas continuer à rester là comme un éléphant blanc. Il était important que l’Etat prenne ses responsabilités. Nous, on avait pensé qu’ils allaient revoir un peu les choses et réhabiliter quelques bâtiments pour permettre à d’autres services publics d’occuper le bâtiment. Mais, le gouvernement n’a pas fait cette option. C’est l’option de la démolition qui a été retenue. Bon ! Le bâtiment sera démoli et nous allons voir parce que cet espace très stratégique, c’est l’entrée de la ville de Porto-Novo et vous voyez, ce que cela revêt en termes stratégiques et de visibilité pour la ville. Donc, nous espérons que le gouvernement, après cette démolition, fasse une proposition de construction plus acceptable sur ce site et que Porto-Novo en profite pour retrouver davantage ses lettres de noblesse en tant que capitale politique et administrative du Bénin. »
Vincent Lézinmè, cadre béninois : « Voilà des milliards qui sont en train de partir »
« J’estime qu’il est important qu’une attention particulière soit accordée à ce site, parce que l’argent englouti dans ce chantier représente la sueur des Béninois et ce sont des Béninois qui ont été auteurs de ce gâchis. La question fondamentale, c’est de savoir ce que sont devenus les auteurs du scandale ? Ils se positionnent aujourd’hui à quel niveau de l’appareil de l’Etat ? Conformément aux dispositions de la loi n°2011-20 du 12 octobre 2011 portant lutte contre la corruption et autres infractions connexes en République du Bénin, aux décrets d’application, aux textes créant les juridictions spécialisées notamment la Criet pour lutter contre la corruption, je voudrais savoir ce que ces structures pensent faire face d’une telle tragédie. Voilà des milliards qui sont en train de partir, des milliards qui pouvaient servir à relever le plateau technique de nos centres de santé et à construire des écoles pour nos enfants. Ça fait mal. Je crois que le Parlement en lien avec le gouvernement, doit essayer de prendre la mesure des choses, surtout en ces temps de renchérissement du coût de la vie, surtout qu’aujourd’hui, nous avons des difficultés au regard de la conjoncture internationale. Je pense qu’il est important que le pouvoir public s’engage de façon ferme à débusquer tous les auteurs de cet acte ignoble. La gouvernance d’aujourd’hui ne doit pas tolérer cela ».
El Hadj Moubaracou Latifu, Ca 1 de Porto-Novo : « Je salue le chef de l’Etat, pour sa vision… »
« C’est une joie pour moi en tant que chef du premier arrondissement de la ville de Porto-Novo. Je salue le chef de l’Etat, pour sa vision et son leadership. Vous voyez déjà tous les problèmes qui sont sur ce site, je pense que le chef de l’Etat, a vu juste pour le démolir et en faire quelque chose de meilleur. Je sais bien que ce site-là, on ne va pas casser tout. Vous savez qu’il y a déjà le projet « Promenade » et « Porto-Novo ville verte ». Maintenant que le chef de l’Etat a pris à cœur ce site, il fera en sorte à que la berge soit un vrai joyau. C’est une berge synthétisée pour devenir une berge tunisienne bis pour que Porto-Novo soit digne. L’espace démoli a déjà un plan stratégique de développement pour la ville de Porto-Novo. Ils veulent y construire une arène culturelle, la plus grande du Bénin, pour recevoir de grands spectacles parce que c’est notre ville capitale, et il y a certaines choses qui manquent pour cette ville et on doit les réinstaller. Cette arène culturelle recevra un grand nombre de spectateurs. Je félicite le chef de l’Etat, pour sa vision et son leadership pour tout ce qu’il fait pour que Porto-Novo soit une vraie capitale. »
Propos recueillis par M. A.-A. (Br Ouémé-Plateau)

















