Dans le cadre de sa participation aux élections législatives du 08 janvier 2022, le parti d’opposition « Les démocrates » a lancé un téléthon, le samedi 8 octobre 2022. Au cours de cette cérémonie, le président du parti Eric Houndété a déclaré : « Nous allons sonner la fin du monolithisme dans notre pays ». A supposer que ce phénomène imagé existe au Bénin, en quoi la présence de son parti au Parlement en 2023 constitue un bonheur pour le plus grand nombre de Béninois ?
« Nous allons sonner la fin du monolithisme dans notre pays. Et c’est pour cela que vous êtes rassemblés dans cette salle, nombreux pour sonner la fin du monolithisme au Bénin ». « Parcourez le Bénin entier, du nord au sud, de l’est à l’ouest, vous entendrez les Béninois vous dire, on veut voir seulement la liste des Démocrates. Et vous saurez qui nous sommes, Béninois. Merci à mes compatriotes de rester dans l’espérance que les choses vont changer.» « Mais ce que nous faisons, nos adversaires l’utilisent contre nous. Ils sont pauvres. Ils n’ont même pas l’argent pour aller aux élections… Dans trois mois, on en aurait fini avec ça». « Ils ne veulent pas que la démocratie soit restaurée.» « Mes chers compatriotes, nous nous sommes engagés dans ce combat pour la restauration de la démocratie. Nous le faisons si bien. Je vous remercie pour votre engagement sans condition ». Voilà quelques séquences des propos au ton rassurant du président Eric Houndété qui rendent le jeu électoral plus intéressant. Mais entre le discours et les faits, la seule chose recherchée par le peuple est le bonheur. A l’écouter, on a tous envie de dire que l’ambition légitime du parti « Les démocrates » est légitime. Mais, pour pouvoir venir à cette conclusion, le parti devra montrer que sa présence au Parlement conduira au bonheur du plus grand nombre des Béninois. Ce qui n’est pas naturellement évident. Il faudrait que le parti retienne qu’aucun moyen ni principe n’est normalement bien a priori. Tout principe n’est bien dans un contexte donné que s’il permet dans ce contexte à plus de gens d’être plus heureux. Du coup, la question est de savoir si la fin du monolithisme supposé permet le bonheur du plus grand nombre d’aujourd’hui ?
Passée l’étape de la restauration démocratique
Dans leur refrain quotidien où ils prétendent la restauration de la démocratie comme si la démocratie béninoise était en crise, ils oublient que l’égalité prônée par le système crée l’individualisme dont les conséquences sont le despotisme doux et la tyrannie de la majorité. De son existence jusqu’à ce jour, la démocratie a été congénitalement en crise à moins qu’on ne cerne les basiques de ce système politique et social. D’abord, pour mieux faire une analyse neutre et montrer aux restaurateurs que la lutte est ailleurs, il faut revenir sur la définition de la démocratie. Dans les faits, il y a autant de définitions du mot démocratie qu’il y a de citoyens. Or, la définition béninoise n’est plus juste que celle des autres. Ici, il s’agit d’une définition et non d’un théorème. La démocratie littéralement veut dire le pouvoir du peuple. Sur cette base, la restauration qu’ils envisagent ne peut que s’adapter à l’évolution du temps qui sort des démarches nouvelles étonnantes pour les conservateurs politiques. Parler du monolithisme politique sans admettre que c’est une crise qui étale au grand jour les insuffisances de la démocratie, laisse présager que le bonheur du peuple dans cette défense n’est pas certain. La démocratie est loin d’être un devoir moral, déontologique, inébranlable, voire, elle peut-être nuisible au bonheur du plus grand nombre. Il faut donc proposer des démarches de bonheur du plus grand nombre qui sont aujourd’hui dans l’épistocratie. Être au Parlement n’est pas une fin en soi.
Bienvenue Agbassagan




















