« Ce procès, dans son déroulement comme dans son verdict, ne renforce en rien la crédibilité de la justice béninoise ni la confiance que les citoyens peuvent lui accorder.
À aucun moment je n’ai eu le sentiment qu’on y recherchait la vérité. Comment comprendre ce résultat quand un citoyen est mort, que des personnalités y ont été mêlées de façon incongrue, que l’ancien directeur général de la Police nationale est venu annoncer à la barre qu’il connaissait l’identité de quelqu’un qui pouvait contribuer à la manifestation de la vérité. Que l’autopsie et l’identification du corps continuent de diviser jusqu’à la famille elle-même, que l’accusé principal a lui-même raconté avoir été extrait de sa cellule et conduit jusqu’à la frontière togolaise, et que le tribunal a écarté les expertises que la défense jugeait déterminantes, au point que ses avocats ont fini par quitter la salle et renoncer à plaider ?
Et c’est à ce verdict que l’on aboutit finalement.
Ça fait froid dans le dos. »




















