Le jeudi 11 juin 2026 restera gravé dans l’histoire de la Commune de Djidja. Le village de Tokounkoun, dans l’arrondissement de Sètto, a décroché le prestigieux statut de Village totalement assaini avec Zéro enfant malnutri (Vta/Zem), deuxième édition. Une distinction qui consacre des années de mobilisation communautaire, portée le Groupement de femmes pour l’autopromotion, l’assainissement et la nutrition (Gfaan), les relais du Réphab, et l’accompagnement de Cerid-Ong avec l’appui de l’Unicef et du Royaume des Pays-Bas.
Sacré Village totalement assaini avec zéro enfant malnutri, Tokounkoun devient un modèle de discipline collective et de leadership féminin dans la Commune de Djidja, mais interpelle les autorités sur l’accès aux soins. Les femmes ont été les véritables architectes de cette transformation : alimentation équilibrée pour les enfants, hygiène domestique, sensibilisation des pairs, construction de latrines. Les pères, eux, ont brisé les stéréotypes en s’impliquant dans la nutrition et l’assainissement. Cette synergie a permis à Tokounkoun de se hisser en tête des 95 villages de Djidja, rejoignant Bowé dans le cercle restreint des villages modèles du Zou. Derrière l’euphorie, une préoccupation majeure persiste : l’absence d’un centre de santé. Pas de dispensaire, pas d’Unité villageoise de santé. Les habitants doivent parcourir plusieurs kilomètres, souvent la nuit, pour accéder à une prise en charge. Les urgences obstétricales et pédiatriques deviennent des épreuves. Le chef du village, Sylvain Déguénon, a saisi l’occasion pour lancer un appel solennel à l’endroit des élus communaux. « Nous avons montré que nous sommes capables de travailler pour notre santé. Nous demandons simplement les moyens de nous soigner dignement chez nous », a-t-il plaidé. Le maire de Djidja, Martin Comlan Katakènon, et le Secrétaire exécutif, Blaise Akpotrossou, ont salué cette victoire et promis d’œuvrer pour doter Tokounkoun d’une Unité villageoise de santé. Le Chef d’arrondissement de Sètto, Philibert Zogoudo, a insisté sur la nécessité de reproduire ce modèle dans les autres villages. Mathias Agnoun, maire honoraire et Gontran Daanon, fils du terroir ont, quant à eux, exhorté la population à entretenir cette flamme allumée. Pour Marcel Assignamè, directeur exécutif de Cerid-Ong, ce succès est avant tout celui des femmes. Il plaide pour que leurs productions agricoles et nutritionnelles soient intégrées aux marchés institutionnels, notamment les cantines scolaires, et que des terres leur soient attribuées pour accroître leur productivité. L’autre temps fort ayant marqué cette célébration est la remise du trophée du village totalement assaini, avec zéro enfant malnutri, deuxième édition, au chef d’arrondissement du Setto, Philibert Zogoudo. André Sonon et Sylvestre Djaïbidji, tous deux, leaders de la cellule du réseau des promoteurs d’hygiène et d’assainissement de base (Rephab) de Tokounkoun, ont reçu une attestation d’ambassadeur communautaire. Le chef du village, Sylvain Déguénon s’est, quant à lui, vu attribué un certificat de mérite. Au-delà du trophée et des attestations de mérite, Tokounkoun incarne désormais une révolution locale : hygiène, nutrition et autonomisation féminine comme piliers d’un développement durable. Mais pour que cette victoire devienne un acquis irréversible, l’accès aux soins doit suivre.
Zéphirin Toasségnitché (Br Zou-Collines)
















