Dans la matinée du samedi 15 novembre 2025, la révision de la Constitution a été adoptée par une majorité qualifiée des 4/5 des députés présents et représentés à l’Assemblée nationale. Comme est-on arrivée à cette victoire de la mouvance présidentielle et de leurs alliés dissidents du parti Les démocrates (Ld) ? Retour sur les coulisses de l’événement.
Le vendredi 14 novembre 2025, la révision de la Constitution était à l’ordre du jour de la séance plénière de l’Assemblée nationale. Sur les lieux déjà dans la matinée, l’atmosphère est déjà tendue. Même les entrées à la guérite sont sous contrôle pour des raisons de sécurité. Et, le président du Parlement, Louis Vlavonou, est très matinal, ce jour-là. Il est arrivé au palais des gouverneurs autour de 08 heures. D’autres soutiennent qu’il est le premier venu. Après lui, plusieurs députés surtout ceux de la majorité présidentielle foulent le sol du Parlement. Quelques instants plus tard, Vlavonou ressort pour revenir autour de 11 heures sans convoquer la plénière. A ce niveau, on entend des commentaires divers et variés. « 11 députés de la mouvance refusent de voter la révision de la Constitution. Ils exigent des garanties sur leur positionnement sur la liste des candidatures pour les élections législatives…. », affirme dame rumeur à l’Assemblée nationale. « Il y a des réglages à faire puisque les 22 députés du parti Les Démocrates sont soudés. Les révisionnistes cherchent à débaucher l’un d’eux…. », confient d’autres. Qu’est-ce qui se passera ? S’interrogent plus d’un. Personne ne comprend rien. Des députés se promènent dans la cour du Parlement. Ils se concertent par petits groupes. D’autres se retrouvent au sein de l’hémicycle ou dans les bureaux. La presse observe leurs mouvements. A un moment donné, beaucoup de parlementaires quittent le palais des gouverneurs. On dirait qu’il n’y aura plus rien. Autour de 18 heures, la plupart d’entre eux reviennent. A 18 heures 45, la sirène d’appel des députés à rejoindre l’hémicycle retentit jusqu’après 20 heures. Quelques instants après, le président de l’Assemblée nationale rentre dans la salle et lance les hostilités pour la première étape de la révision de la Constitution (la prise en considération par le Parlement). Après la lecture du texte de la commission des lois montrant les différents aspects de la révision, le débat est lancé. Très tôt, choc des positions. Les démocrates, épaulés le Eric Houndété, attaquent la révision et montrent qu’il y a d’autres urgences pour le peuple béninois. Par contre, Bénoît Dégla et ses collègues de la mouvance soutiennent qu’il faut adapter la Constitution aux réalités du temps. Une fois les débats terminés, place au vote. Résultats : 87 pour et 22 contre. Donc, la prise en considération par l’Assemblée nationale de la révision de la Constitution est adoptée, car les 3/4 de députés pour franchir cette première étape sont obtenus.
Phase définitive
Maintenant, il reste la phase définitive : la révision de la Constitution. Pour y arriver, il faut 4/5 des députés, soit au moins 88. Pour cela, il faut débaucher 01 député chez les Démocrates qui avaient sécurisé leur position par des procurations données aux radicaux. Que faire ? Le président Louis Vlavonou annonce la prochaine plénière pour ce lundi. Le président de la commission des lois, Orden Alladatin, souligne que le texte est déjà prêt. Si c’est le cas, il est décidé d’attendre pour vider ce sujet. Autour de 4 heures de ce samedi, les députés retournent en plénière. On lit une certaine conscience dans le regard de ceux de la mouvance. Les bruits font courir qu’il y aura une surprise. Lors du débat général, la majorité présidentielle et l’opposition gardent leur position radicale. A ce niveau, les Démocrates, surtout Éric Houndété et Kamal Wassangari, étaient très acerbes contre la révision et dénoncent la gouvernance actuelle, malgré les rappels à l’ordre de Louis Vlavonou. De son siège, le député Upr, Augustin Ahouanvoébla fait signe au président de séance de les interrompre. « Ils n’ont réservé ce qu’ils disent pour les explications de vote comme l’a fait notre collègue Edmond Fonton…. », suggère-t-il à Louis Vlavonou. Mais, ce dernier fait preuve de sagesse. Après les différentes déclarations, place au vote proprement dit. L’incertitude se lit sur les visages. A l’appel, chacun va dans l’isoloir pour accomplir son devoir, puisqu’il s’agit d’un vote secret. A un moment donné, on constate des coupures intempestives du courant électrique à l’Assemblée. Des députés Démocrates commencent par crier à la fraude et accusent le président Vlavonou de l’orchedtrer. La tension monte d’un cran. « Je vais vous appliquer le règlement intérieur pour vous faire sortir. Continuez et vous allez voir….. », menace Louis Vlavonou visiblement agacé. Malgré ses rappels à l’ordre, la fronde continue. « Je vais vous faire sortir. Sécurité, faites votre travail… », menace-t-il à nouveau. Plusieurs minutes après, le calme revient jusqu’à la fin du processus. Au décompte, on note 90 pour et 19 contre. La majorité présidentielle crie victoire et l’opposition dénonce la fraude. Dans l’hémicycle comme dans la cour du palais des gouverneurs, des députés ont failli en venir aux mains. Des agents de sécurité veuillent au grain jusqu’à ce que le Parlement se vide.
La révision de la Constitution est ainsi actée. Les regards sont tournés vers la Cour constitutionnelle, puisque les Démocrates menacent de la saisir.
Jules Yaovi Maoussi
(Br Ouémé-Plateau)




















