L’Ong Racines et ses partenaires en collaboration avec Enda santé organisent du 27 au 29 avril 2026, à Grand-Popo, un atelier régional de partage du bilan et de réflexion prospective du programme Feve impulse (Frontières et vulnérabilités au Vih en Afrique de l’Ouest). Cela, en vue de changer de fusil d’épaule.
Venus du Bénin, du Burkina Faso, du Cap Vert, de Côte d’Ivoire, de Gambie, de Guinée Bissau, de Guinée, du Mali, du Niger et du Sénégal et de Enda Santé, des acteurs de mise en œuvre du programme Feve impulse participent du 27 au 29 avril 2026, à Grand-Popo, à un atelier régional de partage du bilan et de réflexion prospective du programme. Dans son mot de bienvenue, Arsène Adiffon, Directeur exécutif de l’Ong Racines., s’est réjoui du fait que le Bénin abrite la rencontre. Sa joie se justifie par le fait que le Bénin soit le dernier pays à rejoindre l’aventure. « Nous sommes donc le dernier pays à avoir rejoint l’aventure. Et pourtant, en à peine 3 ans, c’est déjà la deuxième fois que nous avons l’honneur d’accueillir une rencontre régionale. Voilà un autre motif de fierté qui mérite d’être salué », s’est-il réjoui. Quel est le contexte actuel de la lutte contre le Vih au Bénin ? Pourquoi cet atelier ? Quel sera le contenu de nos échanges ? En répondant à ces préoccupations, Dr Fatou Drame, Directrice exécutive de Enda santé, a fait savoir que malgré les avancées notables enregistrées, pour une réponse au Vih fondée sur l’équité et l’inclusion, la stigmatisation et la discrimination continuent de fragiliser l’accès aux services pour les populations vulnérables. « Ces obstacles ne sont pas uniquement sanitaires. Ils sont sociaux, institutionnels, culturels, et parfois intériorisés. Ils conditionnent les parcours de soins, affectent la confiance envers les services de santé et freinent durablement l’impact de nos interventions », a regretté Dr Fatou Drame. L’insécurité, les déplacements de populations, la pression sur les systèmes de santé et la persistance de la stigmatisation, avance-t-elle, continuent de limiter l’accès effectif aux services de prévention, de dépistage et de prise en charge du Vih, malgré l’existence de cadres stratégiques et de services disponibles. Il s’agira au cours de cet atelier de partager les résultats des recherches et évaluations conduites dans le cadre du programme Feve impulse, favoriser l’apprentissage et les échanges d’expériences entre les organisations partenaires ; analyser les implications programmatiques des résultats en matière de réduction de la stigmatisation et de la discrimination et renforcer les capacités des acteurs du réseau à travers la formation sur l’approche Lilo qui est une approche visant à promouvoir une réponse au Vih plus inclusive, plus équitable. Pour Gwladys Sodogandji, représentant la Secrétaire exécutive de Cnls-Tp, la lutte contre le Vih demeure une priorité majeure pour le gouvernement béninois. En dépit des progrès notables réalisés ces dernières années, souligne-t-elle, la situation reste préoccupante pour certains groupes particulièrement vulnérables. « En effet, bien que la prévalence du Vih au sein de la population générale se soit stabilisée à 0,8 %, elle demeure élevée chez les populations clés : « 21,9 % chez les personnes transgenres, 2,1 % chez les consommateurs de drogues injectables, 8,1 % chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et 7,2 % chez les professionnel(le)s du sexe », a fait savoir Gwladys Sodogandji.
Des défis persistants
Outre ces chiffres, des défis persistants liés à la stigmatisation et à la discrimination entravent l’accès équitable aux services de prévention et de soins. « L’analyse des cibles des 3×95 de l’Onusida révèle encore des écarts significatifs, avec, au 31 décembre 2024, 89 % pour le premier objectif, 87 % pour le deuxième et 80 % pour le troisième », a informé la représentante la Secrétaire exécutive de Cnls-Tp. Cependant, elle se réjoui de l’évolution des pratique. « () Le programme Feve impulse, à travers Feve-impulse Bénin, a contribué de manière tangible à faire évoluer les pratiques. Les résultats obtenus sont encourageants, notamment en matière de réduction de la vulnérabilité, de dépistage avancé grâce aux cliniques mobiles et de renforcement du plateau technique de certaines structures sanitaires. Pour ce qui concerne le Bénin, elle a rappelé la mise en place en février 2026, d’un nouveau cadre juridique renforcé : la loi n°2026-02 du 09 février 2026 portant prévention, prise en charge et élimination de l’infection au Vih/Sida en République du Bénin. Cette loi, qui abroge celle de 2006, s’aligne sur les normes internationales relatives aux droits humains. Louisa Ben Abdelhafidh, Cheffe cooperation près le Togo et le Benin/Ambassade du Luxembourg près le Bénin, est restée en ligne depuis l’ambassade pour délivrer son discours.
Odi I. Aïtchédji

















