De Boukoumbé à Nikki, en passant prochainement par Natitingou, Parakou, Ouidah et Sèmè-Podji, la Commission béninoise des droits de l’homme (Cbdh) intensifie sa présence sur le terrain. À travers une campagne nationale de sensibilisation et d’audiences foraines, prévue du 5 au 14 octobre 2026, l’institution entend rapprocher les citoyens des mécanismes de protection et de défense de leurs droits.
La Commission béninoise des droits de l’homme, sous la présidence du Professeur Abou-Bakari Imorou, a lancé simultanément à Boukoumbé et Nikki cette opération destinée à mieux faire connaître les droits humains et à faciliter l’accès des populations aux mécanismes de recours. A Boukoumbé, la mission conduite à la maison des jeunes par la Commissaire Sabine Sama Toungakouagou, rapporteure générale de la Cbdh, a réuni autorités locales, dignitaires religieux, représentants des forces de sécurité ainsi que plusieurs catégories de citoyens. Au cœur de cette initiative, un constat : l’éloignement géographique peut constituer un obstacle à l’accès aux mécanismes institutionnels de protection des droits humains. Les responsables de la Cbdh l’ont rappelé à travers une formule forte : « la distance est trop souvent le premier complice de l’injustice ». Pour réduire cette distance, la Commission déploie sur le terrain ses équipes composées notamment de juristes et de commissaires. Ces derniers reçoivent les citoyens, enregistrent leurs plaintes et requêtes, les examinent et assurent leur suivi. Les situations nécessitant une intervention urgente peuvent faire l’objet d’une prise en charge immédiate, tandis que les autres dossiers sont transmis pour instruction et suivi au niveau de la Commission. Les échanges avec les populations ont porté sur plusieurs problématiques relatives aux droits humains. Les violences basées sur le genre, les litiges et spoliations fonciers, les discriminations dont peuvent être victimes les personnes vivant avec un handicap ainsi que les atteintes aux droits des enfants figurent parmi les préoccupations évoquées. Les séances de sensibilisation ont également permis aux participants de mieux comprendre leurs droits, mais aussi les différentes voies de recours prévues par le cadre légal béninois. La Cbdh s’appuie notamment sur la loi n°2012-36 du 15 février 2013 portant création de la Commission béninoise des droits de l’homme, ainsi que sur la loi n°2024-22 du 26 juillet 2024 relative à la Commission béninoise des droits de l’homme. Après les séances de sensibilisation, les équipes de la Commission ont procédé aux audiences foraines. Des citoyens, sans distinction de sexe ou de condition physique, ont pu exposer directement leurs difficultés et soumettre leurs requêtes. Pour assurer la traçabilité des dossiers, des fiches de suivi sont mises à contribution. L’objectif est de permettre à chaque requérant de bénéficier d’un accompagnement et d’éviter que les plaintes enregistrées ne restent sans suite. Pour les responsables de la Cbdh, cette démarche traduit la volonté de faire de la protection des droits humains une réalité accessible à tous, notamment aux populations qui rencontrent des difficultés à se déplacer vers les institutions compétentes.
Priorité aux personnes exposées aux violations
Coordonnée par Perpétue Kossouoh Houinato, présidente de la sous-commission Protection et promotion, la campagne accorde une attention particulière aux femmes, aux jeunes et aux personnes vivant avec un handicap. Cette approche vise à renforcer l’inclusion et à garantir que les catégories potentiellement plus exposées aux violations de leurs droits puissent également accéder aux mécanismes de protection. La Commission entend ainsi faire passer un message : l’accès aux droits humains ne doit pas dépendre du lieu de résidence. Du Nord au Sud du pays, les citoyens doivent pouvoir connaître leurs droits, les faire valoir et disposer d’un interlocuteur institutionnel lorsqu’ils estiment que ces droits sont menacés ou violés. Au-delà de l’accueil et de l’examen des plaintes, la Cbdh entend renforcer la collaboration avec les autorités locales afin d’assurer un meilleur suivi des dossiers et de consolider les acquis de la campagne. Cette démarche participative doit permettre d’établir un véritable mécanisme de suivi-évaluation associant les acteurs locaux et la Commission. A travers ces audiences foraines, la Cbdh cherche ainsi à transformer la proximité en un outil concret de protection des droits humains. Une démarche qui place l’écoute des citoyens, l’orientation des victimes et le suivi des plaintes au cœur de son action de terrain.
Géraud Adoukonou
(Br Atacora-Donga)


















