Dans le cadre de la mise en œuvre du projet de résilience des écosystèmes de mangroves, le gouvernement béninois a procédé à une remise officielle de matériels et d’équipements aux groupements et coopératives locaux le mercredi 8 juillet 2026. Un investissement majeur destiné à concilier autonomisation économique des communautés littorales et préservation de l’environnement.
C’est une nouvelle ère qui s’ouvre pour les communautés riveraines des forêts de mangroves au Bénin. À la suite d’un processus rigoureux de sélection basé sur la viabilité de leurs plans d’affaires, plusieurs coopératives ont reçu un important lot d’équipements d’une valeur globale supérieure à 43 millions de francs Cfa. Financé avec l’appui des partenaires techniques, notamment la Fao, cet appui vise à moderniser les chaînes de valeur locales, en premier lieu celle du sel, tout en renforçant la surveillance des paysages côtiers.
Empêché pour des obligations d’État, le Ministre du cadre de vie et des transports chargé du développement durable s’est fait représenter pour délivrer un message fort. L’autorité de tutelle a rappelé la double ambition de cette initiative gouvernementale.
« Il est des moments où l’action publique prend tout son sens parce qu’elle traduit une vision, une ambition et un engagement durable au service des populations », a déclaré Sévérin N’sia, président du comité national de pilotage du projet, représentant le ministre du cadre de vie « Le gouvernement réaffirme son engagement pour la protection de notre biodiversité côtière, le développement économique et la résilience de nos communautés. »
Rappelant que les mangroves sont de « véritables remparts contre l’érosion côtière » et des puits de carbone exceptionnels, il a insisté sur le fait que leur dégradation (due à l’exploitation anarchique du bois ou à l’urbanisation) exigeait une approche novatrice. « Le gouvernement a fait le choix, sur la base de la conviction, que la conservation durable ne saurait être dissociée de la prospérité des communautés », a précisé Sévérin N’sia, le représentant du ministre, mettant en avant l’articulation entre activités génératrices de revenus et renforcement des capacités de surveillance.
Vers une « saliculture nouvelle » et l’entrepreneuriat féminin
Porte-parole des groupements sélectionnés, la présidente du groupement Gbenonkpo, Paraiso Suzanne n’a pas caché sa gratitude envers le gouvernement et l’équipe technique du projet. Pour elle, cet accompagnement marque une rupture historique avec les pratiques rudimentaires et polluantes du passé. « Grâce à votre accompagnement, les femmes coopératives, les hommes, ne sont plus seulement comme les productifs de sel, mais comme de véritables entrepreneurs capables de développer des activités économiques durables et créatives de richesse », a-t-elle souligné avec émotion. Le matériel reçu va permettre de concrétiser une transition technique attendue depuis longtemps dans les zones côtières. « Le plan d’affaires que nous avons présenté traduit notre vision d’une saliculture nouvelle, d’une saliculture qui protège les mangroves, qui améliore les revenus des femmes, qui produit le sel de meilleure qualité grâce aux techniques modernes, notamment l’évaporation solaire et l’iodation », a ajouté la représentante des bénéficiaires.
Conscientes de la valeur du geste, les coopératives ont solennellement promis de faire de ces équipements un levier de développement transparent et rigoureux. « Nous sommes pleinement conscients que cet appui constitue davantage une responsabilité qu’un aboutissement », a affirmé Paraiso Suzanne, représentante des bénéficiaires s’engageant au nom de ses pairs à respecter une gestion efficace pour faire de chaque structure « un modèle de réussite au service de toute la filière salicole béninoise ». Cette cérémonie marque ainsi le point de départ d’une économie verte littorale où la protection de la nature ne se fait plus au détriment des populations, mais devient la source même de leur épanouissement.
Le Matinal du 9 septembre 2022

















