L’Institut national de la femme (Inf) au côté de l’Ong ‘’Filles en Actions’’ organise un Colloque national scientifique sur les enjeux publics de la gestion menstruelle : santé, justice, dignité et égalité du genre (Cosdim) à Cotonou. Les travaux ont été lancés le mardi 16 décembre 2025 par Blaise Guézo-Mévo, directeur général de l’Agence nationale des soins de santé primaire (Anssp) et représentant du ministre de la Santé.
Du mardi 16 au vendredi 19 décembre 2025, des chercheurs, des professionnels de la santé, des experts, des décideurs publics, des activistes, des organisations des jeunes, des féministes sont réunis à Cotonou pour discuter autour de la gestion menstruelle des filles et des femmes au Bénin. Au cours des échanges, ils vont également produire des connaissances, valoriser les innovations, et renforcer le débat public sur la dignité menstruelle et l’égalité de genre au Bénin. « Affiner les politiques, développer les savoirs, valoriser les bonnes pratiques pour la dignité menstruelle, l’autonomie corporelle et l’égalité de genre au Bénin », c’est le thème principal de la 1ère édition du Cosdim au Bénin. A l’occasion de la cérémonie d’ouverture du colloque, Brian Sossou, présidente de l’Ong ‘’Filles en Actions’’ a, dans son mot de bienvenue, lancé une question en demandant : « Que vive réellement les filles et les femmes pendant leurs menstruations ? ». Elle a confié que son Ong a interrogé plus de 600 jeunes filles, adolescentes et femmes âgées de 8 à 25 ans, 28 ans et 30 ans à travers tout le Bénin en 2022. « Nous avons recueilli leurs histoires, leurs silences lourds de sens, leurs peurs qu’elles n’avaient jamais pu nommer, leurs stratégies de suivies développer dans la solitude et ce qui est ressorti de cette enquête, c’est la honte omniprésente dès les premières menstruations », a confié l’organisatrice du colloque. En lançant les travaux, Blaise Guézo-Mévo a indiqué que le thème principal du Cosdim est évocateur et porte pleinement la philosophie plurielle sur la question du bien être des femmes. « Les menstrues constituent le premier indicateur de la capacité d’une femme à procréer. C’est donc un phénomène normal et naturel dans le développement d’une femme. Mais, force est de constater que sous certains cieux et dans des contextes donnés, les communautés donnent aux menstrues une valeur sociale ou même spirituelle autre que sa valeur physiologique », a laissé entendre le représentant du ministre de la Santé. Il a, par ailleurs, rappelé que le gouvernement béninois a engagé ces dernières années plusieurs réformes structurantes visant à améliorer la santé et le bien être des femmes et des jeunes filles.
Patrice Zoundé (Coll)


















