Depuis la passation de charges du 26 mai 2026, le ministère du Cadre de Vie et des transports, chargé du Développement durable, est engagé dans une dynamique qui touche à la fois à l’environnement, à l’urbanisme, aux infrastructures, à la mobilité et à l’adaptation au changement climatique. Sous l’impulsion du président Romuald Wadagni, le ministre Georges Alé a multiplié les descentes sur le terrain, le suivi des grands chantiers et le lancement de nouvelles initiatives. Retour chronologique sur les principales actions enregistrées au cours de cette première séquence de gestion.
Quelques heures après la publication du tout premier gouvernement de Romuald Wadagni, Georges Alé prend officiellement les commandes du ministère du Cadre de vie et des transports, chargé du développement durable, à la faveur de la passation de charges avec José Tonato le 26 mai 2026, à la Cité ministérielle. Dès son entrée en fonction, le nouveau ministre affiche sa volonté de poursuivre les réformes engagées, avec un accent particulier sur l’assainissement, l’aménagement urbain, la mobilité durable, la protection de l’environnement et le développement durable. Prenant officiellement fonction, le Ministre Georges Alé a salué le travail remarquable accompli par son prédécesseur avant de réaffirmer sa ferme volonté de poursuivre, avec détermination, méthode et esprit de concertation, les grands chantiers relatifs à l’assainissement, à l’aménagement urbain, à la mobilité durable, à la protection de l’environnement et au développement durable. Dès lors, progressivement et méthodiquement, il met les pas dans ceux de son prédécesseur baptisé « l’architecte national ». Plusieurs initiatives prises et des projets lancés en cent jours au profit du cadre de vie, de l’environnement, du climat, des infrastructures…

Le reboisement placé sous le signe de la jeunesse
Quelques jours seulement après sa prise de fonction, Georges Alé donne un signal fort sur le front environnemental. Le 1er juin, à Tori-Bossito, il procède au lancement de la 42e Journée nationale de l’Arbre et de la Campagne nationale de reboisement 2026-2027. Placée sous le thème « Enfants ambassadeurs des forêts engagés pour un Bénin verdoyant », l’initiative entend associer davantage les jeunes à la préservation du couvert forestier. De nouvelles orientations sont annoncées pour améliorer la gouvernance du reboisement, renforcer le suivi des plantations et développer les écoles vertes et les espaces publics végétalisés. La cérémonie s’achève par la mise en terre de 5 000 plants sur deux hectares, tandis que les Enfants Ambassadeurs des Forêts prennent douze engagements en faveur de la protection du patrimoine forestier.
Immersion dans les structures sous tutelle
Pas de temps à perdre. Dès le lendemain, soit le 02 juin, le ministre Georges Alé entame une tournée de prise de contact auprès des structures relevant de son département. Les 2, 4 et 5 juin, Georges Alé se rend notamment au Centre national de sécurité routière (Cnsr), à la Société de gestion des déchets et de la salubrité (Sgds SA), à l’Agence béninoise pour l’environnement (Abe), à l’Agence nationale d’aménagement du territoire (Anat), à l’Agence nationale des transports terrestres (Anatt) et au Port autonome de Cotonou (Pac). L’objectif de ces descentes est clair. Cette immersion a permis au ministre de mieux cerner les missions, les résultats, les difficultés et les attentes de ces différentes structures, afin d’identifier les priorités et d’orienter l’action ministérielle. Pour ce faire, à chaque étape, l’autorité a échangé avec les responsables des structures sus-citées.
Offensive contre les constructions précaires sur la Route des Pêches
Le mois de juin marque également une étape dans la gestion du domaine public. Le gouvernement à travers le ministère du Cadre de vie engage le démantèlement des constructions en matériaux précaires situées dans le périmètre au nord de la Route des Pêches, entre les Résidences Marie Stella à Cotonou et la Porte de non-retour à Ouidah. L’opération s’inscrit dans le cadre du décret n°2025-521 du 3 septembre 2025 portant interdiction de ces constructions dans la zone concernée. Les occupants sont invités à procéder eux-mêmes au démantèlement de leurs installations. Le ton vient ainsi d’être donné. Plus de laisser aller pour l’occupation anarchique de l’espace public.
L’écocitoyenneté récompensée
Trois jours plus tard, le gouvernement met à l’honneur les acteurs de la société civile engagés dans la protection de l’environnement. Six organisations reçoivent les Labels écocitoyens 2026, en reconnaissance de leurs actions dans l’éducation environnementale, le reboisement, l’économie verte, la gestion durable des ressources naturelles et l’innovation écologique. Dans son allocution, le ministre Georges Alé a salué l’engagement des lauréats et rappelé que l’écocitoyenneté constitue un levier essentiel de la politique gouvernementale en matière de développement durable. Il a souligné que les investissements réalisés dans l’assainissement, les infrastructures et l’aménagement urbain ne produiront pleinement leurs effets qu’avec l’adoption de comportements responsables par les citoyens. « L’écocitoyenneté n’est pas simplement une question de propreté. Elle est une condition essentielle pour notre santé collective, la préservation de notre biodiversité et notre qualité de vie », a-t-il déclaré. La cérémonie a également permis de présenter « 229 Cadre de Vie », une plateforme numérique destinée à permettre aux citoyens de signaler les atteintes à l’environnement et de participer à l’amélioration de leur cadre de vie.

Urgence sur le pont de Djonou
Après les fortes pluies, certaines axes du pays ont été inondées. C’est le cas de la route Cotonou – Abomey-Calavi plus précisément au niveau du pont de Djonou. En effet, avec l’élévation du niveau de l’eau, le pont a été submergé rendant la circulation difficile. Informé, Georges Alé se rend sur place. Des instructions ont été données. Grâce à l’implication de l’Agence béninoise de protection civile, les travaux d’urgence ont été lancés avec l’ouverture des endroits bouchés dans le bas-fond et qui empêchaient la libre circulation de l’eau. La circulation a été rapidement rétablie. Le ministre demande toutefois que soient prises des dispositions pour renforcer la résilience de l’ouvrage face aux effets du changement climatique. Le lendemain, 6 juillet, le ministre se rend à Fidjrossè Fiyégnon et à Togbin pour apprécier l’avancement des travaux d’asphaltage. Le déplacement des réseaux de la Sbee et de la Sbin ainsi que les intempéries ralentissent alors les travaux. La visite met surtout en évidence les difficultés liées au lotissement et à l’urbanisation de certains quartiers. Des propositions sont demandées à la Dgdu, à l’Ign et à l’Andf afin d’améliorer l’organisation spatiale de ces zones. Sur la Route des Pêches, le ministre s’attaque également à l’occupation des zones humides et inondables. Il demande l’accélération de la délimitation des zones humides du Grand Nokoué et le marquage des constructions implantées sur le domaine de l’État. La Sirat est par ailleurs instruite de finaliser l’étude de la future « voie sur berges ».
Les grands chantiers routiers passés au crible
Le 28 juillet, Georges Alé poursuit son contrôle de terrain sur plusieurs infrastructures stratégiques. Au pont de Djonou, les travaux de dragage sont achevés, afin de favoriser l’écoulement des eaux et de préserver l’ouvrage. Le ministre se rend ensuite sur le tronçon Missessinto-Allada de la Rnie2, appelé à être aménagé en 2×2 voies. Il insiste sur le respect du chronogramme d’exécution et des délais contractuels. À Allada, la visite porte enfin sur le giratoire et les bassins de rétention. Les questions d’assainissement et de santé publique retiennent particulièrement l’attention, avec instruction aux équipes techniques de travailler avec le ministère de la Santé pour prévenir les risques sanitaires liés à la stagnation des eaux pluviales.
L’aéroport de Cotonou sous surveillance
Le 3 août, le ministre concentre son attention sur l’un des principaux lieux de transport du pays, l’Aéroport international Bernardin Gantin de Cotonou. La visite porte notamment sur le pavillon présidentiel, la zone fret, la salle d’embarquement, le salon Vip, la zone des arrivées et le parvis. Le ministre Georges Alé relève une évolution globalement satisfaisante des travaux, tout en appelant les entreprises à maintenir le rythme et à veiller à la qualité des finitions. Le projet prévoit notamment la relocalisation de la zone fret vers une nouvelle zone industrielle, l’agrandissement de certains espaces et l’amélioration du parcours des passagers. Une mise en service partielle est déjà effective dans la zone des arrivées, tandis que la livraison du hall d’arrivée et de l’espace commercial duty free est annoncée avant la fin de l’année.
Le climat, une feuille de route économique
Depuis quelques semaines, le Bénin a franchi une nouvelle étape dans sa politique climatique avec le lancement de la Contribution déterminée au niveau national Cdn 3.0, couvrant la période 2026-2035. Elle se veut un levier central de l’avenir économique du Bénin. À travers cette nouvelle feuille de route climatique, le pays entend intégrer davantage les enjeux liés au changement climatique dans ses politiques de développement, ses investissements et ses choix économiques. Pour concrétiser cette ambition, le Bénin prévoit la mobilisation de 14,5 milliards de dollars. Cet effort financier doit contribuer à sécuriser le système socio-économique national face aux chocs futurs, tout en favorisant un développement territorial harmonieux et prospère pour les générations à venir. La Cdn 3.0, qui couvre la période 2026-2035, porte sur plusieurs secteurs stratégiques. L’agriculture, l’énergie, les ressources en eau, la foresterie, la santé, les infrastructures, le tourisme et le littoral sont notamment concernés par les actions d’adaptation et de résilience.
Le document officiel prévoit ainsi plusieurs projets destinés à réduire la vulnérabilité des territoires et à renforcer leur capacité à faire face aux effets du changement climatique. Cette nouvelle feuille de route doit renforcer la résilience du pays, réduire les émissions de gaz à effet de serre et accélérer les investissements climatiques.
Le littoral : anticiper plutôt que subir l’érosion
Dans la même dynamique, le gouvernement renforce sa stratégie de protection du littoral béninois. Une mission de terrain conduite par le ministre Georges Alé a permis d’examiner les zones affectées par l’érosion, notamment aux abords des installations de Wapco Niger-Bénin, et d’échanger avec les communautés, particulièrement les pêcheurs artisanaux. La stratégie annoncée dépasse les interventions d’urgence. Elle prévoit un renforcement des capacités nationales à travers la Sobimaf, le développement de compétences techniques propres et la perspective d’un chantier naval national destiné notamment à assurer la maintenance des équipements de dragage. Le Port autonome de Cotonou et la Sobimaf travaillent, à cet effet, à la finalisation d’un plan d’investissement devant être soumis au Conseil des ministres.
Le climat et la santé désormais liés
La séquence se poursuit au début du mois de septembre avec le lancement du du projet « Renforcement de la résilience sanitaire des communautés vulnérables aux changements climatiques dans la zone sanitaire Adjohoun-Bonou-Dangbo (Abd) du Bénin », dénommé SAP055. Financé par le Fonds Vert pour le Climat (Gcf), à travers le Fonds national pour l’environnement et le climat (Fnec), ce projet vise à renforcer la résilience sanitaire des populations vulnérables et à faire du secteur de la santé un acteur majeur de l’adaptation du Bénin aux effets du changement climatique. La cérémonie s’est déroulée en présence des représentants résidents du Pnud et de l’Oms au Bénin et des maires d’Adjohoun, de Bonou et de Dangbo. Le projet repose sur quatre principaux axes d’intervention. Il prévoit notamment la mise en place d’un système d’alerte précoce et de surveillance des maladies climato-sensibles, le renforcement de l’autonomie des centres de santé grâce à l’énergie solaire, à l’accès à l’eau potable et à des équipements biomédicaux adaptés. Il comprend également des mesures d’adaptation au niveau communautaire, notamment la gestion des eaux stagnantes, l’aménagement de bâtiments mieux ventilés et la création de jardins botaniques médicinaux. Enfin, un important volet est consacré au renforcement des capacités du personnel de santé, des relais communautaires et des acteurs locaux. D’une durée de cinq ans et doté d’environ 9 millions de dollars, soit près de 5,5 milliards de Fcfa, le projet devrait bénéficier directement à près de 98 000 personnes et indirectement à plus de 213 000 habitants.
100 premiers jours articulés autour du terrain et de la résilience
De la passation de charges du 26 mai au lancement de Sap055 au début du mois de septembre, les actions recensées dessinent plusieurs lignes directrices notamment le suivi des infrastructures, la réorganisation urbaine, la protection du domaine public, la restauration des écosystèmes, la mobilité, l’adaptation climatique et le renforcement de la résilience des communautés locales. Cette première séquence de gestion est surtout marquée par une forte présence du ministre sur le terrain. Des chantiers routiers au littoral, de l’aéroport de Cotonou aux zones humides, des forêts aux infrastructures sanitaires, le gouvernement de Romuald Wadagni entend ainsi inscrire les questions de cadre de vie et de développement durable dans une approche qui associe infrastructures, environnement et anticipation des risques climatiques. Au-delà des annonces et des orientations, plusieurs dossiers demeurent toutefois inscrits dans la durée. Il s’agit de l’achèvement des grands travaux, la protection du littoral, l’amélioration de l’urbanisation, l’entretien des ouvrages et la concrétisation des engagements de la Cdn 3.0. La suite du septennat permettra d’en mesurer les résultats effectifs.
Mohamed Yasser Amoussa
















