La passation de charges entre le président sortant Abou Yèkini et le nouveau président René Tchibenou marque une nouvelle étape dans la vie du Cadre national de concertation, de coordination et de suivi des activités des organisations de la société civile du Bénin. Après une période de réformes et de ralentissement, la nouvelle équipe entend insuffler l’organisation.
Des documents transmis, des matériels remis et des accolades entre responsables sortant et entrant. Ce sont quelques temps forts qui ont marqué la cérémonie de passation de charges au sein du Cadre national de concertation, de coordination et de suivi des activités des organisations de la société civile du Bénin. Une cérémonie sobre, mais ponctuée de gestes forts, qui laissent voir la nouvelle page qui s’ouvre sans effacer l’héritage laissé par l’équipe sortante. Au moment de la remise symbolique, les documents constitutifs du Cadre ont changé de mains. À ces documents se sont ajoutés des matériels de travail, matérialisant davantage encore le transfert de responsabilités. En effet, élu président lors de l’assemblée générale extraordinaire du 1er juillet 2026, René Tchibenou prend désormais les commandes d’un Cadre mis en conformité avec la nouvelle législation sur les associations. A son dire, le nouveau bureau arrive avec une feuille de route particulièrement chargée. Il devra d’abord renouer le contact avec les organisations de base et renforcer les liens avec les partenaires techniques et financiers. « Le cadre est le troisième courant d’expression qui arrive à atteindre les contrées les plus reculées du Bénin. Les attentes sont grandes à tous les niveaux. Nous prenons l’engagement de redonner au cadre de concertation ses lettres de noblesse. Pour y arriver, je compte sur l’accompagnement de tous les acteurs dont les responsables et membres du cadre et les autorités politico-administratives», confié René Tchibenou. L’agenda prévoit également des rencontres avec l’Assemblée nationale, le Conseil économique et social, le Sénat et les ministères sectoriels. Une audience avec le président de la République, Romuald Wadagni, figure aussi parmi les perspectives annoncées. Par ailleurs, l’un des grands chantiers reste la relance des Journées de la société civile, interrompues depuis octobre 2011. Cela permettra de recréer un espace d’exposition, de dialogue et de valorisation des initiatives portées par les Osc. Dans son intervention, le président sortant Abou Yèkini a rappelé les efforts consentis par son équipe pour maintenir le Cadre à flot malgré des moyens limités. « Nous sommes restés focus pour prouver que, sans argent, la société civile était capable d’accomplir de grandes choses. Je pense que celui qui prendra les rênes de la société civile sera de poigne et que Dieu lui permettra de tenir droit dans ses bottes», a-t-il indiqué. Au niveau des structures décentralisées, les attentes sont également fortes. Pour Luc Agblakou, coordonnateur du Littoral du Cadre, la société civile doit retrouver une place plus visible dans la marche du pays. «Nous voulons reprendre notre place en tant qu’organisation de la société civile pour continuer les œuvres du développement et accompagner l’État actuel », a-t-il souhaité. La cérémonie de passation a matérialisé un passage de témoin et surtout l’espoir d’un nouveau souffle. Le président entrant, René Tchibenou a désormais la lourde responsabilité de transformer ce symbole en actes et de conduire, pendant les cinq prochaines années, un chantier vaste et plein d’attentes.
Mohamed Yasser Amoussa (Coll)

















