La Coupe d’Afrique des Nations (Can), Maroc 2025, va se poursuivre jusqu’au 18 janvier 2026, mais elle se déroulera désormais sans les Guépards du Bénin. Eliminés sur la pelouse d’Agadir lors des huitièmes de finale, les protégés de Gernot Rohr quittent la scène la tête haute, après avoir bousculé des colosses du football africain tels que la Rd Congo et l’Égypte.
Engagé dans une poule D particulièrement relevée, le Bénin a connu des fortunes diverses, mais a surtout franchi un cap psychologique majeur. Après un premier revers d’entrée face aux Léopards de la Rd Congo (1-0), les Guépards ont forcé le destin en décrochant leur tout premier succès historique en phase finale de Can contre le Botswana (1-0), grâce à une réalisation de Yohan Roche. Malgré une défaite plus lourde face au Sénégal (3-0), la sélection béninoise a arraché sa qualification pour le tour suivant parmi les meilleurs troisièmes, actant ainsi son retour au premier plan continental. Le lundi 5 janvier, face à l’armada égyptienne emmenée par Mohamed Salah, le Bénin a flirté avec l’exploit. Menés au score à la 69ème minute, les Guépards ont fait preuve d’une résilience admirable. À la 83ème minute, le coup d’éclat de Jodel Dossou a glacé les Pharaons, propulsant le match en prolongations. C’est l’expérience égyptienne qui a fini par prévaloir. Emoussés physiquement, les Béninois ont fini par plier sur un coup de pied arrêté de Yasser Ibrahim à la 97ème, avant que Salah ne vienne clore les débats (3-1) dans le temps additionnel.
L’heure des comptes: entre satisfactions et zones d’ombre
Bien que le parcours s’arrête prématurément, cette campagne marocaine laisse apparaître des signes encourageants pour cette jeune équipe. Sur l’ensemble des quatre matchs, le bloc béninois a retrouvé une certaine imperméabilité, porté par un Marcel Dandjinou de plus en plus serein et décisif dans ses buts. « Nous avons prouvé que le Bénin est de nouveau une équipe compétitive. Rivaliser ainsi avec l’Égypte démontre que notre progression vers le Mondial 2026 est réelle », a souligné un Gernot Rohr rallié à la cause.
Des chantiers prioritaires pour franchir un cap
Malgré cet élan d’espoir, une lecture lucide de cette Can souligne des failles structurelles qu’il faudra impérativement corriger. Surtout au niveau offensif. Avec seulement deux buts marqués en quatre sorties, l’inefficacité devant le but reste le principal frein. L’équipe a souvent manqué d’imagination pour déstabiliser des blocs bien en place, en dehors des phases de transition rapide. Egalement, il y a de la fébrilité sur phases arrêtées qui constitue le point de rupture. Que ce soit face au Sénégal ou lors de l’épilogue contre l’Égypte, le manque de rigueur au marquage sur corners et coups francs a été lourdement sanctionné. À ce niveau d’exigence, chaque inattention se paie cash. Remarquons également le banc de touche des Guépards du Bénin qui manque de la qualité. Le tournoi a révélé une forte dépendance envers les cadres habituels. L’usure physique constatée en fin de match face aux Égyptiens prouve que le réservoir de remplaçants capables de maintenir une telle intensité reste encore à combler pour les compétitions de longue durée. En somme, si le Bénin a regagné sa discipline tactique, il lui manque encore cette audace offensive et cette concentration défensive absolue pour bousculer durablement le gotha africain. Dès le mois de mars prochain, avec le coup d’envoi des éliminatoires de la prochaine Can, les Guépards auront l’occasion de démontrer qu’ils ont tiré les leçons de leur aventure marocaine.
Abourhamane Touré




















