Le Conseil hebdomadaire des ministres du mercredi 24 janvier 2024 a autorisé la signature d’un accord-cadre pour le renforcement du programme nutritionnel des cantines scolaires et l’implantation d’une usine de transformation de produits agricoles locaux en compléments alimentaires.
La malnutrition, en plus d’être la cause sous-jacente de plus de 45% des décès d’enfants de moins de 5 ans est, dans sa forme chronique, un obstacle au développement et à la valorisation des ressources humaines. Malgré ces progrès, l’action de l’Etat doit s’intensifier pour combler plus rapidement les gaps. C’est pourquoi le gouvernement a donné plus d’envergure au Programme national d’alimentation scolaire Intégré qui permet aujourd’hui à plus d’un million d’enfants d’avoir accès à un repas chaud par jour à l’école primaire publique ; puis créé l’Agence nationale pour l’alimentation et la nutrition. Si le modèle des cantines scolaires s’appuie sur l’utilisation des produits locaux pour diversifier et enrichir l’alimentation, la disponibilité des aliments est, cependant, tributaire des saisons. C’est pourquoi, pour maintenir la qualité des prestations et les améliorer, il est nécessaire de trouver des solutions alternatives sous formes de compléments alimentaires, fabriqués à partir des produits locaux, pour garantir la richesse et la qualité des repas servis aux écoliers quelle que soit la saison. Par ailleurs, la prise en charge des cas de malnutrition dans nos formations sanitaires se fait par les Aliments thérapeutiques prêts à l’emploi que fournit un groupe spécialisé à l’Unicef. Aussi, au regard des quantités utilisées, le gouvernement a-t-il jugé pertinent de développer une capacité de production sur place au Bénin non seulement pour faciliter la disponibilité permanente de ces produits mais aussi pour renforcer le tissu économique local. A cet effet, le Conseil a autorisé la signature d’un accord-cadre avec le groupe spécialisé, ce qui permettra d’engager les discussions spécifiques autour de trois domaines d’intervention retenus que sont : le renforcement du programme nutritionnel des cantines scolaires ; l’apport de complément alimentaire pour améliorer l’état nutritionnel dans la fenêtre d’opportunité des 1000 premiers jours ; et l’installation au Bénin d’une usine de transformation de produits agricoles locaux pour la préparation de compléments alimentaires.
Les cantines scolaires, une priorité pour le gouvernement
Les cantines scolaires revêtent une importance dans la politique du gouvernement du président Talon. Ce programme consiste à donner un repas chaud par jour aux enfants des écoles des zones défavorisées et ciblées comme tel. Le président Talon et son gouvernement en font d’ailleurs leur cheval de bataille pour deux raisons. D’abord, favoriser l’accès et le maintien des enfants à l’école mais aussi et surtout parce que la malnutrition, en plus d’être la cause sous-jacente de plus de 45% des décès d’enfants de moins de 5 ans est, dans sa forme chronique, un obstacle au développement et à la valorisation des ressources humaines. Pour rappel, tout pays qui veut se développer doit investir pour s’assurer des ressources humaines de qualité, ce qui part de la nutrition dès la naissance. Au Bénin, les statistiques prouvent à suffisance que, grâce aux interventions de l’Etat, la prévalence de la malnutrition aiguë s’est améliorée pour s’établir, suivant la dernière Enquête démographique et de santé (Eds) à 5% en 2018, tandis que celle de la malnutrition chronique, suivant la même trajectoire positive, est descendue à 32,2% en 2018. Ces résultats encourageants montrent également l’importance du travail qui reste à abattre. L’action de l’Etat doit s’intensifier pour combler plus rapidement les gaps. Raison pour laquelle le gouvernement a donné plus d’envergure au Programme national d’alimentation scolaire intégré qui permet aujourd’hui à plus d’un million d’enfants d’avoir accès à un repas chaud par jour à l’Ecole primaire publique ; puis créé l’Agence nationale pour l’alimentation et la nutrition. Pour mieux consolider cette ambition et l’inscrire dans la durée, le Conseil des ministres du 26 avril 2023 a adopté et transmis à l’Assemblée nationale, pour examen et vote, le projet de loi sur l’alimentation scolaire en République du Bénin. Cette loi organise le cadre de gouvernance et de gestion du programme en organisant les rôles et responsabilités des acteurs, les infrastructures et le dispositif de sécurisation des vivres, la gestion des repas ; le mode de financement, le suivi-évaluation, la transparence et la redevabilité. Les denrées alimentaires entrant dans l’alimentation scolaire proviennent prioritairement et à hauteur de 75% au moins, de la production locale et sont certifiées par les services compétents. Sur cette base, le panier alimentaire doit être élaboré en tenant compte des denrées alimentaires de base, des besoins nutritionnels et des habitudes alimentaires locales. Il doit respecter un équilibre et une diversité nutritionnelle. La taille des portions alimentaires doit être adaptée au type du repas et à la tranche d’âge. Mieux, le modèle des cantines scolaires qui s’appuie sur l’utilisation des produits locaux pour diversifier et enrichir l’alimentation, la disponibilité des aliments a une contrainte majeure. Il est tributaire des saisons. Face à ces aléas, l’Exécutif a décidé de franchir un autre palier : trouver des solutions alternatives sous forme de compléments alimentaires, fabriqués à partir des produits locaux. D’où la décision prise en Conseil des ministres le mercredi 24 janvier 2024, d’autoriser la signature d’un accord-cadre pour le renforcement du programme nutritionnel des cantines scolaires et l’implantation d’une usine de transformation de produits agricoles locaux en compléments alimentaires.
Abdourhamane Touré


















