Le temple institutionnel de l’industrie et du commerce a été exorcisé des démons qui l’éloignent complètement des actions concluantes et performantes. Avec le gouvernement du président Patrice Talon, la Chambre de commerce et d’industrie du Bénin (Cci-Bénin) a retrouvé ses lettres de noblesse. Déjà, la toute nouvelle équipe dirigeante installée en 2020, prenant compte des diagnostics, exécute un plan quinquennal qui augure d’un véritable essor pour les prochaines années.
(Retour sur les primipares de Arnauld Akakpo)
Le réveil du dispositif de soutien au financement des Pme/Pmi
Lancé le vendredi 02 août 2018 par les ministres Modeste Tihounté Kérékou, Abdoulaye Bio Tchané, ministre d’Etat chargé du plan et du développement, en présence de Siaka Coulibaly, coordonnateur résident du Système des Nations Unies au Bénin, les partenaires techniques et financiers, l’ensemble des Directeurs généraux des banques, les patrons des faîtières des Pme, le dispositif de soutien au financement des Pme/Pmi n’a pas véritablement décollé. A la prise de fonction de l’équipe de la Cci-Bénin dirigée par Arnauld Akakpo, ce dispositif a connu un réveil spontané. A entendre le président de la Chambre consulaire, le dispositif se porte très bien aujourd’hui. « Nous ne sommes pas encore satisfaits parce que nous avons fait le point la dernière fois et à la date d’aujourd’hui, les Pme et Pmi ont été financées à hauteur de plus de 22 milliards. L’objectif pour nous, c’est de pouvoir faire consommer tous les Pme et Pmi. Nous y travaillons pour que cela soit véritablement un outil de développement à la base pour le secteur privé. C’est un dispositif qui a été mis en place depuis 2018 par la Bceao. A notre prise de fonction, nous avons essayé de voir ce qui empêchait les Pme et les Pmi de pouvoir bénéficier de ce dispositif. A la date d’aujourd’hui, ce dispositif, bon nombre des opérateurs économiques béninois sont en train d’en bénéficier. Nous continuons de travailler sur l’éligibilité de ces Pme et Pmi afin que le plus grand nombre puisse en bénéficier », a expliqué le numéro 1 de la Cci-Bénin, mandature de la réforme.
Retour sur le lancement du financement
Au regard de la place qu’occupe ce financement, il est cohérent de revenir sur les discours tenus lors du lancement afin de comprendre ce mode de financement que conduit la Cci-Bénin depuis bientôt 24 mois. Sur le site du ministère des Petites et moyennes entreprises et de la promotion de l’emploi, le cérémonial du lancement renseigne que c’est Maxime Toklo, président du Cisae-Pme/Pmi Bénin qui a présenté à l’assistance (Chefs d’entreprises, patrons des établissements bancaires et de crédit, opérateurs économiques, dirigeants de cabinet et d’agence de soutien aux Pme) d’une part, un état des lieux des Pme et les difficultés auxquelles elles sont confrontées notamment l’accès au financement, et d’autre part, le processus qui a conduit à la cérémonie de ce jour. A sa suite, Komi Lazare Noulèkou, Directeur général de Ecobank Bénin et de l’Association des professionnels de banque et établissements financiers (Apbf), s’est réjoui de l’initiative et de l’implication des banques pour leur permettre de mieux jouer leur rôle de financement de l’économie et des Pme. Il a donné l’assurance que les banques joueront la partition mise à leur charge. Alain Komaclo, Directeur national de la Bceao a, à son tour, rappelé que c’est la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Uemoa qui a donné mandat à la Banque centrale pour la mise en place d’un dispositif de soutien au financement des Pme/Pmi, dans l’espace communautaire compte tenu des contraintes qui limitent leurs accès au financement. L’objectif assigné à ce mécanisme est de créer un écosystème favorable aux Pme en favorisant une meilleure synergie entre les différentes parties prenantes, pouvoirs publics, établissements bancaires et de crédit, structures d’accompagnement des entreprises, les Pme elles mêmes et la Bceao, a-t-il laissé entendre. Pour le ministre Kérékou, la compétitivité des Pme/Pmi béninoises est confrontée à plusieurs obstacles dont le primordial est l’accès au financement. « Vous comprenez que le dispositif de soutien au financement des Pme qui est lancé ce jour vient donc à point nommé comme une réponse à cette problématique de financement des Pme/Pmi », a-t-il déclaré avant d’ajouter que «le paradoxe au Bénin est que les banques sont dites en sur liquidité alors que le coût de la ressource est élevé et supérieur dans notre pays comparé aux autres pays du même espace communautaire. Ce qui n’est pas de nature à assurer la compétitivité de nos Pme face à leur concurrentes de la sous-région». Pour finir, il a appelé les responsables des établissements bancaires et de crédit à plus de sollicitude envers le secteur privé créateur de richesse et d’emplois, à plus de financement au profit des Pme et a dit espérer que chaque acteur joue convenablement sa partition pour assurer la réussite du dispositif pour le mieux-être de nos Pme et de l’économie nationale. Ces propos seront entérinés par ceux du ministre d’État, Abdoulaye Bio Tchané, qui a précisé que la difficulté des Pme à accéder au financement fait qu’elles ne sont pas performantes. Cela constitue, un obstacle à la croissance économique et c’est aussi un obstacle à la création d’emplois. Il n’a pas manqué de remercier les chefs d’Etat et de gouvernement pour leur initiative et saluer le leadership des autorités de la Bceao qui n’ont ménagé aucun effort pour que cette instruction de la Conférence des chefs d’État depuis 2012 soit une réalité ce jour.
Le fonds d’appui catalytique
La Chambre de commerce et d’industrie du Bénin (Cci -Bénin) a procédé le vendredi 04 mars 2022 à Cotonou, au lancement de la phase de mobilisation de ressources complémentaires avec pour objectif d’obtenir du secteur privé national, des institutions et organismes partenaires, des investisseurs d’impacts, des dons ou des souscriptions, pour accroitre la capacité de financement du Fonds d’appui catalytique et de solidarité (Facs). C’était sous la houlette du président de la Cci Bénin, Arnauld Akakpo accompagné par le Directeur de la Caisse des dépôts et consignations du Bénin (Cdc Bénin), Brice Létondé Houéton et des représentants de la Coris Bank et de Jpn Sa, premières donatrices.
Reçu sur la chaîne de Télévision ‘’Africa 24’’ en mai 2022, Arnauld Akakpo a levé un coin de voile sur le fonds d’appui catalytique. « C’est suite aux analyses que nous avions faites sur ce dispositif que nous avons compris qu’il faut pour les opérateurs économiques surtout, les Pme et Pmi béninoises, forcément un fonds parce que suivant les dispositifs du financement de la Bceao, pour les entreprises qui seront éligibles, il faut qu’ils aient un bilan de trois ans. Et comme vous le savez, on ne peut pas commencer aujourd’hui et avoir un bilan de trois ans. Il faut un fonds qui va leur permettre de s’essayer, de faire trois ans d’exercice pour pouvoir être éligibles vers ce dispositif de la Bceao. Si vous voulez, je peux parler d’incubation pour ces entreprises. Sinon, pour ces jeunes startups où tous ceux-là qui ont une ambition de pouvoir développer une activité de passer par ce fonds. Ce fonds qui sera financé sans beaucoup de contraintes, qui va se baser beaucoup plus sur l’innovation, sur les bonnes idées de ces jeunes entrepreneurs, qui vont se lancer dans l’entrepreneuriat. N’oubliez pas dans l’entrepreneuriat, ce qui doit être le leitmotiv ne doit pas être de l’argent. C’est beaucoup plus les idées. Et c’est pour cela que nous avions jugé bon de créer ce fonds le 04 mars passé pour pouvoir aider le plus grand nombre de débutants, des gens qui ont des idées innovantes pour pouvoir développer leurs activités », a répondu Arnauld Akakpo.
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