La cherté de la vie est une préoccupation majeure qui polarise les attentions depuis quelques années. La problématique a été au cœur des réflexions de la première session ordinaire de la septième mandature du Conseil économique et social (Ces) qui a connu son épilogue le 8 août 2025.
Entre autres questions d’intérêt national abordées au cours des travaux de cette 1ère session ordinaire du Ces, figure la cherté de la vie. Une préoccupation centrale autour de laquelle l’institution présidée par Conrad Gbaguidi à travers la commission de l’économie, des finances et de l’entrepreneuriat a invité deux sachants de la question, deux experts en analyse qui ont partagé leurs réflexions sur le sujet. Albert Honlonkou, l’un des experts conviés au débat, s’est préoccupé de comment la régulation de l’Etat pourrait influencer le secteur informel et les prix. Ceci, après avoir établi que la prolifération du secteur informel a une incidence prononcée sur la cherté des prix dans les marchés, un fléau qui menace les conditions de vie des populations. En dépit des statistiques officielles qui établissent une faiblesse du taux d’inflation, il est prégnant de constater qu’une frange importante de la population sent cette cherté, indiqué l’expert. Ce postulat a induit une série de recommandations demandant à ce que l’indice des prix à la consommation soit calculé non seulement globalement comme un agrégat annuel mais aussi et surtout le faire de façon mensuelle notamment pour les secteurs socio-professionnels ou pour des segments géographiques donnés. De façon globale, les conseillers ont été satisfaits à l’issue des échanges. Certains n’ont pas d’ailleurs manqué d’exprimer leurs sentiments. C’est le cas de Razaki Issifou Amouda qui a indiqué avoir mieux appréhendé les mécanismes inflationnistes à l’aune des explications des experts. « Je pense que la vie coûte chère et cela ne dépend pas du niveau où nous sommes» a-t-il laissé entendre. « ous pourrions, dans ce cadre un peu formel et annuel, à fournir plus d’informations, d’explications, de discussions entre les décideurs et les populations pour que l’on puisse mieux réguler cette question dans notre société et peut-être même aider les gouvernants à aller plus loin dans les politiques publiques » a pour sa part, plaidé le président du Ces, Conrad Gbaguidi. Les conseillers ont insisté sur la nécessité de produire une étude rigoureuse qui pourrait servir de socles à des recommandations opérationnelles, lesquelles seront transmises aux autorités. Outre la cherté de la vie, seize autres points étaient inscrits à l’ordre du jour de cette session de la septième mandature du Conseil économique et social. Au nombre de ceux-ci, figurent la valorisation de la culture béninoise, la gouvernance territoriales et la sécurité.
Un diagnostic lucide et engagement contre le phénomène
Lors de son message sur l’état de la Nation, prononcé fin décembre 2024 devant la Représentation nationale, le président Patrice Talon a reconnu, avec franchise, que la cherté de la vie et le faible pouvoir d’achat restaient pour lui « un point d’insatisfaction et de peine ». « Un pouvoir d’achat suffisant pour chacun de nous tous, n’est-il pas l’objectif final de notre action commune ? Est-il réaliste que, venant de si loin, nous soyons déjà tous satisfaits de tout ?…», a-t-il interrogé, soulignant que le chemin vers un bien-être généralisé exige encore des efforts soutenus. Depuis Le chef de l’État a mis en exergue les mesures entreprises par son gouvernement pour juguler la flambée des prix et soutenir les ménages. Il a évoqué la régulation des marchés, le renforcement des productions locales et la poursuite des investissements dans les infrastructures stratégiques afin de réduire les coûts de transport et d’approvisionnement. Tout en rappelant les contraintes imposées par le contexte économique mondial et régional, Patrice Talon a réaffirmé sa détermination à œuvrer pour des solutions durables, rompant avec les approches ponctuelles ou superficielles. Un cap que son gouvernement entend maintenir pour améliorer progressivement le pouvoir d’achat des Béninois et consolider les bases d’une économie résiliente.
Gabin Goubiyi
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