La Cour suprême du Bénin a organisé un colloque international sur l’oeuvre scientifique de feu Robert Badinter, grand juriste français. L’objectif est de mener un débat de haut niveau sur le droit, afin d’améliorer la justice, socle de la démocratie souhaitée par les populations à la base. C’était ce vendredi 18 juillet 2025 à son siège à Porto-Novo en présence d’éminents spécialistes du droit.
« Justice, État de droit et démocratie : regards croisés sur l’oeuvre scientifique de Robert Badinter ». C’est le thème principal du colloque international organisé par la Cour suprême du Bénin à l’intention de hauts juristes du Bénin et de plusieurs pays du monde à Porto-Novo, le vendredi 18 juillet 2025. Lors de la cérémonie d’ouverture, le président de la Cour suprême, Victor Dassi Adossou, a déclaré que cette rencontre offre aux participants, l’opportunité d’une conversation de haut niveau autour des idées, des combats et de l’héritage de Robert Badinter annoncé pour entrer au Panthéon, le 9 octobre prochain, date anniversaire de l’abolition de la peine de mort en France. « La Cour suprême du Bénin se veut par conséquent, une juridiction ouverte, héritière de tous les courants de pensée, de toutes les pratiques judiciaires à même de favoriser l’accomplissement efficient de sa mission dans la République et sa contribution dans les espaces d’intégration juridique et judiciaire à l’échelle de l’Afrique et du monde francophone…», a-t-il fait savoir, avant de justifier le thème dudit colloque. « Pourquoi la Haute juridiction béninoise organise-t-elle un colloque sur le triptyque « Justice, Etat de droit et démocratie ? » Parce que : Nous avons entendu Robert Badinter dire, que « c’est sur le terrain de la justice que se jouera la démocratie ». Qu’il n’y a pas de justice sans humanité. Que l’abolition de la peine de mort n’est pas un acte de clémence. C’est un acte de justice. Nous organisons ce colloque parce que nous croyons aussi, aujourd’hui plus que jamais, que la justice n’est pas seulement une institution. Elle est un idéal, un horizon d’exigence permanent, un pilier sans lequel ni démocratie, ni État de droit ne peuvent tenir debout. Et en cela, l’œuvre de Robert Badinter, juriste de conviction, universaliste de grande notoriété, humaniste de renom, défenseur acharné de l’Etat de droit, reste un phare pour notre époque. Nous voulons donc questionner, revisiter son héritage, son héritage juridique, son héritage sur l’Etat de droit qui ne serait que chimère sans une justice indépendante et efficace…», a souligné le président Victor Dassi Adossou qualifiant l’héritage de Robert Badinter qui, selon ses propos, peut être une source d’inspiration pour le Bénin qui a placé sa justice au cœur du pacte démocratique de son peuple. « Ce colloque s’inscrit donc dans une dynamique de réflexion profonde et d’engagement institutionnel. Il nous invite à regarder au-delà des frontières, à croiser nos perspectives, à enrichir nos pratiques. Il ambitionne aussi de poser, avec méthode et rigueur, les bases d’un dialogue constructif entre traditions juridiques et mutations contemporaines…», a indiqué Victor Dassi Adossou.
Lançant les travaux de ce colloque, le ministre de la Justice et de la législation, Yvon Détchénou, a montré son bien-fondé pour le renforcement de la démocratie en Afrique. Après la cérémonie d’ouverture, des communications ont été présentées aux participants qui entendent les mettre en application pour une justice équitable dans leurs pays respectifs.
Jules Yaovi Maoussi (Br Ouémé/Plateau)


















