Du 20 au 22 janvier 2026, religieux, experts, autorités politico-administratives, chercheurs et étudiants prennent part, à Cotonou, au Colloque international sur l’écologie intégrale pour le bien-être et la survie de la création. Organisé par l’Université catholique de l’Afrique de l’Ouest et la fondation de l’archidiocèse de Cotonou, ce séminaire permettra d’élaborer une série d’actions pour la protection de la nature.
L’Église du Bénin est résolument engagée dans sa mission d’éclairer les consciences, de rassembler les savoirs et de mettre en place des mesures durables pour la sauvegarde de l’environnement. A cet effet, il organise depuis quelques heures le colloque international sur l’écologie intégrale pour le bien-être et la survie de la création. Pendant trois jours, il sera question de mener des réflexions approfondies pour trouver des pistes concrètes enracinées dans les réalités, éclairées par la science, portées par la foi et orientées vers le bien commun. Dans son mot de bienvenue, Roger Houngbédji, Archevêque de Cotonou, a souligné que la crise que traverse le monde n’est pas seulement environnementale, mais aussi humaine, morale et spirituelle. Selon le prélat, la maison commune souffre, les équilibres naturels sont rompus, les plus pauvres payent le prix fort d’un modèle de développement qui oublie la limite, la justice et la fraternité. « L’écologie intégrale, telle que nous la recevons de l’enseignement de l’Église catholique, nous invite à tenir ensemble la protection de la nature, la dignité humaine, la justice sociale et la paix. Que ce colloque soit donc un lieu d’écoute mutuelle, un espace de discernement exigeant, mais aussi un temps de conversion intérieure pour passer du constat à l’engagement, de l’analyse à l’action, de la parole à la fidélité », a confié Roger Houngbédji. Dans son intervention, José Tonato, ministre du Cadre de vie a rappelé que cette rencontre marque, une fois encore, la nécessité du dialogue entre les acteurs de l’environnement que sont l’État, le monde scientifique, la société civile, les partenaires au développement, l’Église, afin de répondre ensemble aux défis qui menacent la planète au regard de l’usage fait de ces ressources qui sont les dons de la création. Selon l’autorité, par son soutien matériel, sa présence sur le terrain, sa participation aux débats et son accompagnement médiatique, son ministère incarne un partenaire dynamique et engagé aux côtés de l’Eglise. « L’engagement du ministère repose également sur l’intégration progressive des objectifs de développement durable dans la stratégie nationale de planification et d’aménagement du territoire avec une attention particulière portée aux groupes les plus vulnérables », a-t-il confié. Le ministre a ajouté que cette approche vise à concilier le développement économique, la protection de l’environnement et l’équité sociale dans le respect des équilibres écologiques et humains.
Une prise de conscience
générale…
En procédant à l’ouverture des travaux, Fridolin Ambongo, président du symposium des conférences épiscopales d’Afrique et du Madagascar, a rappelé que les assises ne relèvent pas d’un simple exercice intellectuel, mais traduisent une prise de conscience globale, car l’heure n’est plus seulement au diagnostic, mais aux actions concrètes, à la transformation. « Le point de non-retour n’est pas encore complètement atteint, tout dépend de nous. La crise écologique ne sera pas surmontée par la technique seule, ni résolue par des lois et des conventions internationales abstraites ou des discours qui oublient les pauvres, les jeunes, les femmes, les communautés locales et les cultures africaines », a lancé Fridolin Ambongo. Pour ce faire, il a martelé que le monde a besoin d’une écologie intégrale ; qui embrasse l’homme tout entier, c’est-à-dire son âme, son imagination, sa dignité, ses relations et sa responsabilité devant Dieu. Ce colloque est un espace de dialogue, de partage et de co-création. Il servira à chercher des solutions intégrales, d’explorer la science et la sagesse en mettant la recherche et les savoirs traditionnels au service de la vie, de tisser des ponts en reliant disciplines, générations, décideurs et communautés de base, de penser l’intégration en promouvant des politiques économiques écologiques, une éducation et une innovation technologique au service du bien commun. A terme, il est attendu des solutions fondées sur les réalités sociales, culturelles, économiques, spirituelles et environnementales du continent, ainsi qu’un renforcement du dialogue interdisciplinaire et interreligieux, voire traditionnel, entre les différents acteurs engagés. Plusieurs communications meublent les travaux.
Mohamed Yasser Amoussa (Coll)



















