Une délégation de parlementaires de la Cédéao s’est rendue le mercredi 29 juillet 2026 à l’unité de production de jus de fruits de Bertille Guèdègbé Marcos. Figure de proue de l’exportation d’ananas au Bénin, elle a partagé sans concession les réalités du commerce transfrontalier. Tout en saluant ce déplacement inédit, la directrice des « Jus Tillou » interpelle l’institution régionale et formule trois propositions majeures pour lever les barrières bureaucratiques qui freinent encore le potentiel de l’agro-industrie ouest-africaine.
Pour Bertille Guèdègbé Marcos, le premier chantier de la Cédéao doit être celui de la transparence réglementaire. Elle a fait savoir que le manque de lisibilité des protocoles d’exportation décourage les entrepreneurs et laisse place à l’arbitraire aux frontières. L’institution régionale doit, selon ses dires harmoniser, simplifier et surtout vulgariser les textes régissant le commerce communautaire. L’objectif est que chaque acteur économique, du petit producteur à la grande entreprise, doit connaître avec précision les droits, les devoirs et les démarches nécessaires pour acheminer ses marchandises d’un pays à un autre sans mauvaise surprise.
Constatant les réalités du terrain, la directrice des « Jus Tillou » plaide pour une assistance de proximité. Elle propose la mise en place de points de contact dédiés au niveau des frontières terrestres et maritimes. Ces structures physiques, animées par des agents de la Cédéao, auraient pour mission d’accompagner, de guider et de débloquer les situations complexes des exportateurs en temps réel. « Une telle initiative permettrait de briser l’isolement des entrepreneurs face aux tracasseries douanières et administratives, transformant les frontières en véritables passerelles de développement. », a indiqué cette actrice expérimentée de la transformation de l’ananas.
L’exigence de qualité un standard non négociable
L’intégration régionale ne doit pas rimer avec nivellement par le bas. Bertille Guèdègbé Marcos insiste sur le fait que les produits circulant au sein de l’espace Cédéao doivent répondre aux mêmes critères d’excellence que ceux exportés vers les marchés européens ou internationaux. « L’obtention de l’agrément de la Cédéao doit être le gage d’une conformité stricte et irréprochable » a assuré la directrice des Jus Tillou. Il va ajouter plus loin qu’en tirant la qualité vers le haut, les entreprises ouest-africaines renforceront la crédibilité du label régional et prouveront que l’Afrique peut consommer ce qu’elle produit de meilleur.
Un horizon prometteur
Si le chemin vers une fluidification totale des frontières régionales reste semé d’embûches, Bertille Guèdègbé Marcos avance avec un atout de taille, le soutien complet et indéfectible du gouvernement béninois. Cet alignement national offre une base solide pour porter la voix des entrepreneurs locaux au plus haut niveau des instances communautaires. Au-delà de la Cédéao, les propositions de la directrice des « Jus Tillou » résonnent comme une opportunité majeure à l’heure où se déploie la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). En exigeant des règles claires, un accompagnement de proximité et des standards élevés, l’agro-industrie béninoise montre la voie. Le déplacement des parlementaires de la Cédéao à Allada ne doit pas rester une simple visite de courtoisie, mais devenir le point de départ d’une profonde mutation, celle qui transformera l’espace ouest-africain en un véritable marché unique, prospère et compétitif à l’échelle mondiale.


















