À Belem au Brésil se tient depuis le 10 novembre dernier la 30ème Conférence des parties, un sommet international où les dirigeants du monde discutent de l’avenir climatique de la planète Terre. A cette Conférence, Constance Genevée prend part aux négociations dans le compte du Bénin et coordonne aussi la participation des jeunes délégués du Bénin. Elle livre ici ses attentes vis-à-vis de cette Cop30.
Le Matinal : Vous participez une fois encore, au nom du Bénin, à la Conférence des Parties sur les changements climatiques. Quels sont les enjeux de cette Cop30 qui se tient à Belém, au Brésil ?
Constance Genevée : Après l’adoption du premier bilan mondial du climat à Dubaï lors de la Cop28, cette 30ᵉ Conférence des Parties doit traduire les conclusions très préoccupantes de ce bilan en engagements concrets et renforcés.
Il est donc attendu de la Cop30 qu’elle permette aux Parties de rehausser leurs ambitions pour rester sous l’objectif de 1,5°C ; d’accélérer la transition hors des énergies fossiles en s’engageant sur des calendriers clairs ; de renforcer et d’opérationnaliser le financement climatique en faveur des pays en développement, à la suite de l’adoption du nouvel objectif collectif quantifié à Bakou lors de la Cop29 ; consolider les actions d’adaptation face aux impacts climatiques déjà visibles et de protéger l’Amazonie et les grandes forêts, symboles de cette Cop organisée au cœur de l’Amazonie. En bref, la Cop30 doit permettre de passer d’engagements encore insuffisants à des actions décisives pour stabiliser le climat. Ce n’est pas la première fois que vous participez à la Conférence des Parties. Expliquez-nous votre mission à cette Cop30.
À cette rencontre, j’assume deux missions principales : coordonner la participation active et impactante des jeunes délégués du Bénin et suivre les négociations sur la finance climat, un domaine stratégique pour notre pays.
La Cop a démarré le 10 novembre dernier. Quelles sont les avancées obtenues lors des négociations ?
À ce stade, il est encore difficile de parler d’avancées concrètes ou de communiquer en profondeur sur des sujets toujours en négociation.
Ce que nous pouvons dire, en revanche, c’est que nos attentes sont très fortes, notamment sur la thématique de la finance, qui avance rarement aussi vite que nécessaire.
Nous espérons une issue à la hauteur des enjeux d’ici le 21 novembre prochain.
Que retenez-vous de l’impact de la participation des jeunes que vous avez coordonnée ?
La présence des Jeunes délégués à cette rencontre est une initiative dont le Bénin peut être véritablement fier. Offrir un cadre d’accompagnement structuré et un renforcement de capacités solide à nos jeunes illustre la volonté et le leadership inspirant du ministre José Tonato.
Les jeunes ont pu prendre la parole lors de tables rondes pour valoriser les efforts du Bénin en matière de lutte contre les changements climatiques ; participer aux négociations, en fonction de leurs profils et thématiques d’intérêt, aux côtés des experts négociateurs ; renforcer leurs connaissances à travers des événements parallèles et bien sûr, saisir des opportunités de réseautage très utiles pour leur engagement futur.
Avez-vous espoir qu’à la fin de cette Cop30, les pays industrialisés décideront enfin de prendre des mesures courageuses pour limiter les émissions de gaz à effet de serre et financer la transition vers les énergies renouvelables dans les pays en développement ?
Je l’espère très sincèrement. Comme évoqué plus haut, c’est l’un des enjeux majeurs de cette Cop. Ce n’est plus une option aujourd’hui : nous avons manqué plusieurs occasions de prendre des décisions courageuses, et le dernier meilleur moment, c’est maintenant, à cette Cop30. Il suffit de penser à la génération montante et d’imaginer le monde que nous sommes en train de leur laisser en héritage.
Propos recueillis par Odi Aïtchedji



















