Le contrôle automatique de vitesse sur les routes au Bénin par la Police républicaine semble s’écarter de la répression pour laisser place à une collecte de fonds. Loin d’une Police républicaine de dissuasion, d’une Police amie de la population ; ces derniers jours, on a l’impression d’avoir affaire à Police républicaine à nouveau visage. Une police qui sème la peur aux conducteurs de véhicule.
La Police républicaine a entamé depuis quelques jours, un contrôle d’excès de vitesse dans les grandes agglomérations du Bénin. Cette opération vise à identifier, interpeller et réprimander les usagers de la route qui dépassent la vitesse prescrite en agglomération (50 Km/h). Elle est justifiée par la hausse du taux d’accidents de circulation en période de fin d’année due souvent à l’imprudence des usagers de la route, et à l’excès de vitesse. A cet effet, la hiérarchie policière a décidé d’organiser cette opération dans cinq départements notamment l’Ouémé, l’Atlantique, le Littoral, le Mono et le Couffo.
Cette opération, bien qu’elle consiste à respecter les règles de la circulation routière, et à contribuer à la réduction du taux des accidents de la circulation dus à l’excès de vitesse dans les agglomérations du Bénin a un revers subtile. Il suffit de prendre du recul pour l’appréhender afin de trouver un juste milieu.
La répression inquiète
A analyser la mise en application de la règlementation, cela donne le sentiment que la Police républicaine est dans une campagne obligatoire de collecte de fonds. Et à cet effet, une seule question surgit dans le cœur : est-ce le bon moment ? Plusieurs facteurs contraignent à cette question. Déjà le contexte où les élections s’approchent et les populations subissent les affres du Covid-19 renforcées par la crise Russo-ukrainienne. A une période où les travailleurs retiennent leur souffle pour obtenir la revalorisation des salaires promise pour fin novembre 2022 par le gouvernement. En un temps où il faut faire face à certaines dépenses d’électricité, d’eau , de deuxième tranche des frais de scolarité, de carburant qui est en hausse, de se préparer pour les fêtes de fin d’année ; dans une situation ou le revenu est maigre, payer régulièrement les amendes de contravention pour excès de vitesse vient en rajouter aux nombreux soucis des usagers. Or, il est dans le subconscient de tous les Béninois, que le gouvernement de Patrice Talon travaille vaille que vaille pour que les effets des crises mondiales qui ont affecté les revenus ne soient pas sentis et ressentis ; vouloir appliquer ce texte à la lettre ou à l’européenne ne vient que briser la dynamique du régime fort de Cotonou. Il est un secret de polichinelle que ses radars sont nouveaux dans le quotidien des usagers et qu’il faut du temps pour l’adaptation. Aller de la manière qu’on constate sur le terrain où la Police républicaine parfois semble se cacher et surgit avec les cinémomètres lasers tru Cam II s’éloigne d’une mesure de dissuasion. Pour les usagers, cela créé de la panique et provoquerait même plus d’accidents que de l’éviter. Sinon, ça bavarde ronchonne dans leur rang. Parfois, il est susurré que c’est parce que la Police ne sait pas ce qu’elle doit faire de l’effectif qu’elle a désormais suite aux récents recrutements, que ces décisions bien que légales, sont prises.
Le Cnsr pour accompagner
Au lieu de se mettre dans cette posture mal comprise par les usagers qui disent en souffrir, un accompagnement du Centre national de sécurité routière (Cnsr) par ses sensibilisations régulières et ses descentes multipliées comme dans le passé sera d’un grand atout, non seulement pour les usagers mais aussi pour la Police républicaine. Cela y va du bonheur de tous les fils et filles du Bénin.
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