Le lundi 17 août 2026, la Cour de répression des infractions économique et du terrorisme (Criet) a renvoyé le dossier du commissaire de police, Delcoz Kindjanhoundé, qui a été interpellé pour des faits de rébellion contre Patrice Talon. D’après les informations du site d’information “ Libre Express”, la Cour a accédé à la demande du ministère public et a fixé la prochaine audience au 12 octobre 2026.
Poursuivi pour incitation à la rébellion, incitation à la haine et détention illégale d’armes à feu, le commissaire de police Delcoz Kindjanhoundé avait plaidé non coupable lors de la première audience le lundi 9 février 2026. Au cours de cette audience, le prévenu a contesté l’ensemble des charges retenues contre lui. Le dossier avait été renvoyé au lundi 20 avril 2026. Au cours de cette nouvelle audience, le commissaire Kindjanhoundé avait remis aux juges une note écrite détaillant les motivations profondes de sa vidéo controversée, dans laquelle il s’en prenait à l’ex – président Patrice Talon. Le dossier avait alors été renvoyé au 15 juin 2026 pour permettre au parquet de formuler ses observations. Devant la Criet, le prévenu avait reconnu être l’auteur de la vidéo incriminée, tout en affirmant l’avoir réalisée « en qualité de simple citoyen ». « J’ai appelé le peuple béninois à une révolution démocratique », avait-il soutenu. Une ligne de défense qui avait suscité de vives interrogations du parquet sur le devoir de réserve d’un agent de police, d’autant que l’officier apparaissait en uniforme dans la vidéo.
Le traumatisme du front anti-terroriste
Pour expliquer son geste, le commissaire Kindjanhoundé avait évoqué son expérience dans le nord du Bénin, où il avait été déployé fin 2023 dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Marqué par les pertes humaines, il avait déclaré aux juges : « J’ai vu des hommes mourir au front ». Il a affirmé que sa démarche visait avant tout à rendre hommage aux soldats tombés. L’officier avait également indiqué avoir tenté d’alerter sa hiérarchie par plusieurs notes administratives, restées sans suite. Le policier avait été interpellé par la Police républicaine puis placé en détention préventive après la diffusion virale d’une déclaration sur les réseaux sociaux. Dans cette vidéo, il s’en prenait ouvertement aux institutions républicaines, dénonçait la gestion de la menace terroriste et menaçait de passer à l’action à une date indéterminée.
Syntiche Akoakou (Stag)

















