Au Bénin, l’emploi salarié reste souvent perçu comme la voie royale. Pourtant, face au chômage persistant, certains estiment qu’il est urgent de changer de cap. C’est le pari de Constance Genevée. Depuis cinq ans, à travers son association Global Actions, elle mène un combat : semer la graine de l’entrepreneuriat chez les plus jeunes.
En 2020, elle lance avec son équipe le Salon des petits entrepreneurs (Sapen), une initiative originale qui plonge des adolescents, parfois âgés de seulement 12 ans, dans l’univers de l’entreprise. L’idée ? Leur donner très tôt le goût de l’initiative et la confiance nécessaire pour oser. « Plus tôt on se confronte au monde réel, plus vite on apprend à tracer son chemin », affirme-t-elle.
De l’école à l’entreprise
Née et formée en partie au Bénin, Constance Genevée connaît bien la mentalité locale : à l’école, beaucoup rêvent surtout de devenir fonctionnaires. Mais elle-même en a fait l’expérience : découvrir l’entreprise trop tard, souvent à l’université, est un frein. « Les jeunes se retrouvent face au monde du travail sans expérience préalable, et cela joue sur leur confiance », explique-t-elle. Avec le Sapen, elle propose une autre approche : mettre les adolescents en immersion dans les entreprises, leur permettre de rencontrer des professionnels, de faire des stages et même de se glisser dans la peau de véritables managers le temps d’une exposition. « Ils apprennent à diriger une équipe, à travailler ensemble, à présenter un produit devant un public », raconte-t-elle avec enthousiasme.
Semer des graines pour demain
Quatre ans après son lancement, le Sapen a déjà accueilli plus de 500 jeunes. Les retombées sont concrètes : certains ont trouvé une vocation, d’autres simplement gagné en assurance. Mais pour Constance Genevée, l’objectif n’est pas de faire de tous des entrepreneurs. « Notre mission, dit-elle, c’est d’éveiller l’esprit entrepreneurial, d’outiller les jeunes pour qu’ils s’épanouissent, qu’ils créent ou qu’ils soutiennent l’entrepreneuriat. » Phanuel Adjovi, un ancien participant, en témoigne : « Avant, j’avais peur du regard des autres si je me lançais dans le commerce. Le Sapen m’a appris que l’entrepreneuriat, c’est aussi un travail sur soi. »
Un terrain de plus en plus fertile
Si, au départ, l’idée pouvait sembler idéaliste, le contexte béninois s’est transformé. Les démarches de création d’entreprise se digitalisent, les structures d’accompagnement se multiplient, et l’État encourage activement l’écosystème, notamment via l’Agence de développement des Pme (Adpme). Des partenaires privés ont eux aussi cru au projet dès les premières heures. Résultat : les jeunes ne frappent plus à une porte close, ils évoluent désormais dans un environnement porteur.
Plus qu’un salon, une énergie
Au fond, le Sapen n’est pas seulement une plateforme d’apprentissage : c’est un véritable déclencheur. Constance Genevée et son équipe insufflent une énergie, une conviction : la jeunesse béninoise a les ressources pour bâtir l’avenir. Leur message est clair : investir dans les jeunes, c’est investir dans l’avenir du pays.
Odi I. Aïtchédji


















