Réunis au Centre culturel chinois au Bénin, des jeunes ont échangé, le vendredi 30 octobre 2026, avec l’enseignant-chercheur à l’Université d’Abomey-Calavi, Paulin Houanyè. À travers une conférence autour du thème « Culture, jeunesse et développement : quel enseignement de la réussite chinoise pour bâtir le Bénin de demain ? », le conférencier a mis en lumière les principaux leviers qui ont permis à la Chine de réaliser son émergence et invité la jeunesse béninoise à s’en inspirer.
Comment la Chine a-t-elle réussi sa transformation économique et sociale ? Quels enseignements le Bénin peut-il tirer de cette expérience pour construire son avenir ? C’est autour de ces interrogations que s’est articulée la communication de Paulin Houanyè, enseignant-chercheur à l’Université d’Abomey-Calavi, devant un public composé essentiellement de jeunes, au Centre culturel chinois au Bénin. Dans son exposé, le conférencier a identifié plusieurs facteurs fondamentaux qui expliquent les performances de la Chine et qui pourraient inspirer la trajectoire de développement du Bénin. Le premier levier évoqué est la vision à long terme. Pour lui, l’expérience chinoise montre toute l’importance de la planification et de la mise en œuvre de politiques cohérentes de développement industriel. Une nation qui aspire à se transformer doit savoir regarder au-delà des urgences du moment et inscrire ses ambitions dans la durée. Le deuxième facteur concerne l’investissement dans le capital humain. Paulin Houanyè a souligné qu’un pays ne devient pas compétitif simplement parce qu’il dispose d’une population nombreuse. Si la démographie suffisait à garantir la puissance économique, l’Inde, avec son importante population, serait déjà la première puissance mondiale. D’où la nécessité de miser sur la formation, les compétences et la qualité des ressources humaines.
À ces deux leviers s’ajoute le renforcement des capacités techniques et technologiques. Le conférencier a insisté sur la nécessité pour les nations de développer leur savoir-faire et de maîtriser les outils de production. La valorisation du travail et de l’effort constitue également, selon lui, un pilier essentiel de la réussite chinoise. Cette culture de la discipline, de la persévérance et de l’engagement dans le travail représente un enseignement important pour les jeunes générations. L’innovation et l’adaptation ont également occupé une place importante dans son intervention. La Chine, a-t-il expliqué, n’a pas simplement reproduit les modèles existants. Elle a progressivement développé ses propres capacités d’innovation, faisant de la recherche et de la maîtrise technologique des instruments de sa compétitivité. L’industrie chinoise des véhicules électriques, qui rivalise désormais avec les plus grands acteurs mondiaux, notamment américains, illustre cette capacité à innover et à s’imposer sur des marchés stratégiques. Pour Paulin Houanyè, le Bénin gagnerait à s’inscrire dans une telle dynamique en encourageant la créativité, la recherche et l’adaptation des technologies aux réalités locales.
Enfin, le conférencier a mis l’accent sur la mobilisation de la jeunesse. À ses yeux, les jeunes ne doivent pas être considérés uniquement comme des bénéficiaires des politiques de développement, mais comme de véritables acteurs de la transformation économique et sociale. Il les a ainsi invités à devenir des sources de compétitivité, d’innovation et de création de richesses.
À travers cette rencontre, le Centre culturel chinois au Bénin a offert un cadre de réflexion sur les relations entre culture, formation, jeunesse et développement. Les enseignements tirés de l’expérience chinoise invitent ainsi le Bénin à renforcer sa vision stratégique, à investir davantage dans son capital humain et à faire de sa jeunesse un moteur essentiel de son développement.
Joël Samson Bossou




















