(Le parti de Boni Yayi plongé dans un profond dilemme)
La candidature du ministre d’Etat en charge de l’économie et des finances, Romuald Wadagni suscite des soutiens au-delà des partisans du régime Talon. Dans une lettre de félicitations en date du 2 septembre 2025, adressée au candidat unique de la mouvance présidentielle, le député du parti Les démocrates, Léon Basile Ahossi félicite le jeune ministre et lui exprime son soutien. Cette annonce intervenue en plein processus électoral, sonne comme un coup dur pour sa formation politique.
Ce choix de l’élu de la 17ème circonscription électorale ne sera pas sans conséquence sur son avenir politique de même que l’avenir de son parti « Les démocrates ». Si ce choix de l’homme n’a objectivement aucune influence sur son parrainage en faveur du candidat de sa formation politique, il n’en demeure pas moins que le parti présidé par Boni Yayi vient là de recevoir un grand coup. Ce soutien, quoique perçu comme logique pour des raisons de proximité géographique entre Ahossi et Wadagni, est symptomatique de la fébrilité du parti « Les démocrates » à quelques mois des prochains challenges électoraux. La première conséquence qu’il est loisible d’envisager est l’éviction probable de Léon Basile Ahossi de la liste des candidats du parti « Les démocrates » pour les prochaines élections couplées législatives et communales, cela, en guise de sanction. De ce fait, le parti risque de perdre le seul député qu’il a pu avoir dans le département du Mono à l’issue des Législatives du 8 janvier 2023. L’autre hypothèse serait de maintenir le vieux briscard comme candidat aux Législatives dans la 17ème circonscription électorale tout en sachant qu’il ne faudrait nullement compter sur lui pour soutenir le candidat de l’opposition pour la Présidentielle du 12 avril 2026 vu qu’il a déjà déclaré son soutien au candidat de la majorité qui plus est, est un ressortissant de sa région. Du coup, le parti de Boni Yayi se retrouve dans un profond dilemme. Faut-il banaliser le contenu de cette lettre malvenue et blanchir Léon Ahossi avec le risque de ne pas le voir mouiller le maillot pour le parti lors de la Présidentielle ou prendre ses responsabilités à l’égard de ce militant qui n’est pas à son premier coup en matière de violation de la discipline ? Une véritable équation qui sans doute, donnera de l’insomnie au principal parti de l’opposition béninoise qui a pourtant besoin de sérénité et de discipline pour affronter les échéances à venir.
Gabin Goubiyi




















