(Marius Adanzounon nommé nouveau Dg)
Contre toute attente, le désormais ex-directeur général de la Loterie nationale du Bénin, Gaston Zossou, a annoncé sa démission après une décennie passée à la tête de cette importante société publique. Un acte qui, au-delà de sa portée administrative, revêt une forte signification morale dans un contexte où la question du renouvellement des dirigeants s’impose de plus en plus dans l’actualité nationale.
Dans les habitudes administratives africaines, la décision de quitter volontairement un poste stratégique surtout lorsqu’on bénéficie de la confiance des autorités et des nombreux avantages liés à son poste survient rarement. Dans la plupart de cas, les départs interviennent sous la contrainte, à la faveur d’un remaniement ou à la suite d’une crise. La démission de Gaston Zossou apparaît comme le choix d’un homme qui a compris qu’il existe un temps pour servir et un temps pour transmettre. Après dix années de gestion, marquées par une transformation profonde de la Loterie nationale du Bénin et un accroissement notable de ses performances, l’ancien directeur général aurait pu s’accrocher à son fauteuil. Il a plutôt choisi de se retirer et de laisser à d’autres, la responsabilité de poursuivre l’œuvre engagée. Cet acte mérite d’être salué. Aucun poste ne devrait être considéré comme une propriété personnelle ni comme une fonction à conserver jusqu’à l’épuisement de toutes les alternatives. Le contexte actuel du Bénin rend cette décision encore plus symbolique. La jeunesse accède progressivement aux plus hautes sphères de décision et de responsabilité. Cette dynamique de renouvellement ne peut produire tous ses effets que si les anciens acceptent, au moment opportun, de passer le témoin. Le développement d’une nation se nourrit autant de l’expérience des aînés que de l’énergie et des idées nouvelles des plus jeunes. Renoncer au confort d’un poste de directeur général après dix années de pouvoir et d’influence n’est pas une démarche banale. Elle exige une certaine hauteur de vue et la conviction que l’avenir ne dépend pas d’un seul homme. En cela, le geste de Gaston Zossou est perçu comme une leçon de gouvernance et de responsabilité. Cette attitude devrait faire école. Savoir partir est souvent aussi important que savoir diriger. Céder volontairement la place permet d’éviter l’usure du pouvoir, de favoriser l’émergence de nouveaux talents et de renforcer la crédibilité des institutions.
Transition générationnelle
La démission de Gaston Zossou n’est donc pas seulement la fin d’un parcours administratif. Elle ouvre une réflexion plus large sur la nécessité d’instaurer une véritable culture de la transition générationnelle dans la gestion des affaires publiques. C’est tout autant vrai que son successeur, le sieur Marius Adanzounon est relativement plus jeune. Au moment où le pays entre dans une nouvelle étape de son histoire politique, le geste posé par l’ancien patron de la Loterie nationale du Bénin est un signal encourageant. Il rappelle qu’il est possible d’exercer le pouvoir avec efficacité, d’obtenir des résultats et, surtout de se retirer lorsque le temps est venu. Un modèle qui mérite d’être suivi.
Mohamed Yasser Amoussa (Coll)
















