Alea jacta est, devrait-on dire pour ce qui est des potentiels challengers aux élections Législatives du 8 janvier prochain. Les choses sont désormais claires depuis hier, mercredi 2 novembre 2022, dernier jour du dépôt des dossiers de candidatures selon le calendrier récemment dévoilé par la Commission électorale nationale autonome (Céna). Au terme d’une journée longue et laborieuse pour les équipes mise en place à Céna. Au final, 8 partis politiques ont pu se faire enregistrer.
Outre la Force cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) qui s’est pointée au siège de l’institution (Céna) présidée par Sacca Lafia, aux environs de 12 heures 30 minutes, les autres formations politiques se sont dirigées vers la Céna la nuit. Ce qui traduit que l’atterrissage n’aura pas été facile au niveau de certaines formations politiques. L’Union progressiste Le renouveau a fait son entrée au sein de l’institution de Ganhi à 21 heures 5 minutes. Membre de la délégation du parti conduite par le deuxième vice-président Gérard Gbénonchi, Christhelle Houndonougbo Alioza a rempli les formalités pour le compte de ce bloc de la majorité présidentielle. Le parti qui a récemment scellé son mariage avec le Prd était encore en train d’accomplir les formalités administratives à la Céna, quand son alter ego le Bloc républicain, s’annonce au siège de l’institution en charge de l’organisation des élections en république du Bénin. Il sonnait 22 heures 3 minutes quand le Secrétaire général national du parti, Abdoulaye Bio Tchané, à la tête d’une forte délégation a fait son entrée au siège de la Céna. A 22 heures 40 minutes, le parti Nouvelle force nationale (Nfn) présidé par Apollinaire Wilfrid Avognon, est apparu à la Céna. Après les premières formalités d’enregistrement, le parti a été presque éconduit. Principale raison évoquée, les dossiers ne sont pas à jour ni au complet et les pièces qui y sont versées non imprimées. Apollinaire Wilfrid Avognon a donc été invité à aller finaliser la constitution de son dossier avant d’accomplir le reste des formalités. Après cette parenthèse, le Mouvement des élites engagées pour l’émancipation du Bénin (Moele Bénin), franchit le portail le seul de la Céna. Ce fut à 23 heures 23 minutes. Presque concomitamment soit environ une minute après, c’est le parti de Les Démocrates qui s’introduit au siège de l’institution présidée par Sacca Lafia. Ce parti a dû subir la croix et la bannière pour obtenir les derniers quitus fiscaux. Le pied de grue des leaders du parti au siège de la Direction générale des impôts tout au long de la journée d’hier n’aura pas finalement été vain. Le parti qui se réclame de l’opposition radicale sera suivi du Mouvement populaire de libération (Mpl) qui fit son entrée au siège de la Céna à 23 heures 28 minutes. A 23 heures 46 minutes, le parti Union démocratique pour un Bénin nouveau (Udbn) a franchi le portail de la Céna. C’est cette formation politique qui a bouclé la boucle. Au total huit (08) partis politiques ont été reçus à la Céna au cours de la journée d’hier, dernier jour de dépôt des dossiers de candidatures pour le compte des Législatives de 2023.
Des positionnements sur fond de mécontentements
Selon plusieurs sources concordantes, les positionnements au niveau de l’Union progressiste le Renouveau et au Bloc républicain, ont été de véritables casse-têtes. L’accouchement a pratiquement été par césarienne pour ces deux partis notamment au niveau de quelques circonscriptions électorales stratégiques. Les propositions au niveau de ces deux partis, rapportent les mêmes sources, ont été plusieurs fois modifiées pour coller non seulement aux enjeux politiques liés à l’élection mais aussi, dans la mesure du possible aux desiderata des populations à la base. Qu’à cela ne tienne, les positionnements ont généré chez certains prétendants, de profondes frustrations. Ceux qui pensaient tirer leur épingle du jeu, et qui à l’arrivée, sont laissés sur le carreau, grognent déjà en sourdine. Le désarroi et la déception sont à la hauteur des ambitions et des rêves nourris. En effet, beaucoup avaient fait de leur rêve de revêtir la prestigieuse écharpe de parlementaire pour le compte de la neuvième législature, une question de vie ou de mort. Ces potentiels candidats, devront, à leur corps défendant, ajourner leur projet et attendre encore quelques années.
L’une des leçons à tirer des positionnements est qu’ils laissent un goût amer chez certains. Chose relativement normale à laquelle ont devrait s’attendre d’une manière ou d’une autre. La flopée d’intentions de candidatures enregistrées au niveau des partis politiques prédisposaient déjà d’une certaine manière, à pareil cas de figure. C’est avec grande surprise en effet que des gens ont découvert des noms inattendus de certains candidats sur les listes en lieu et place de ceux qu’ils estiment plus méritants. Au niveau de certaines circonscriptions, le jeu des parachutages a fait sacrifier certains potentiels candidats. Des candidats pressentis dans certaines circonscriptions électorales ont été sacrifiés au profit d’autres colportés d’ailleurs. Une situation mal perçue et mal digérée par ces derniers qui menacent de prendre leur revanche au travers de votes sanctions.
Des carriéristes parlementaires repêchés
Sur certaines listes consultées par le journal Le Matinal, force est de constater la présence de vieux routards de la scène. Certains carriéristes qui ont déjà engrangé à leur actif, 3 voire 4 mandats de parlementaire ont été positionnés. Ce qui bat en brèche la rumeur selon laquelle, les députés ayant déjà totalisé au moins trois mandats sont exclus des positionnements surtout au niveau des deux grands partis de la majorité présidentielle. Au regard de ce constat, on peut conclure que les positions sur cette approche ont finalement été révisées certainement pour des questions de stratégie politique. L’autre constat qui se dégage est que le jeu de l’ouverture des élections a favorisé le retour dans la scène de certains anciens parlementaires et même d’acteurs politiques contraints au chômage depuis quelques années.
Part belle aux femmes
La prépondérance de la gent féminine sur les listes de candidatures est sans aucun conteste, l’exclusivité des élections législatives du 8 janvier prochain. Se conformant à cette disposition du Code électoral, les partis politiques ont positionné au moins une femme par circonscription électorale. Certains partis sont même allés au-delà de cette disposition pour positionner des femmes à des sièges intermédiaires en fonction de leur influence et leur ancrage politique. C’est le cas du parti Bloc républicain dont le Secrétaire général national, Abdoulaye Bio Tchané a indiqué avoir concédé 28% de place aux femmes.
Gabin Goubiyi
Orden Alladatin, député Up le Renouveau : « Nous travaillons pour consolider notre position de parti leader »
« Nous sommes au début du processus. J’ai de très bonnes impressions. On a été déjà marqué par l’accueil, l’organisation mise en place par la Céna, l’organisation de la presse, la discipline que nous sommes en train de remarquer. Nous voyons qu’il y a du sérieux dans l’organisation et cela nous laisse à présager de la bonne suite du processus. Nous sommes venus avec le dossier de l’Union progressiste Le renouveau et là, nous sommes en train d’achever le contrôle de nos pièces. Nous avons déposé un dossier très propre malheureusement quelques soucis dans l’administration ont fait que nous n’avons pas pu avoir tous les quitus fiscaux. Cela n’empêche pas, à cette étape, le dossier d’être validé. Donc, ce dossier est propre en attendant que l’administration continue de se plier en quatre pour que nous ayons le reste des quitus fiscaux que nous n’avons pas reçus. Il y a quelques papiers au niveau de l’Anip notamment les Certificats d’identification personnelle de quelques-uns de nos candidats et nous allons nous plier en quatre avec l’administration de l’Anip pour que ces papiers nous parviennent dans les délais afin que nous puissions compléter ces éléments absents dans notre dossier. Nous avons fini le contrôle et le quitus est en train d’être donné. Les dossiers ont été donnés, il y a quelques Cip qui ont été périmés et nous avons lancé l’administration de l’Anip et ces quelques Cip ne nous sont pas encore parvenus parce qu’il faut un certain délai pour qu’ils puissent les traiter. Donc, ces papiers manquent dans notre dossier sinon ils sont dans le dossier mais irréguliers. On va les compléter dans les délais prescrits par la loi. Nous pensons et nous travaillons pour consolider notre position de parti leader dans le pays. Nous savons que la compétition sera rude et d’ailleurs comme d’habitude, elle sera davantage rude et nous prenons nos adversaires très au sérieux et nous y préparons espérant consolider notre position de parti leader dans le pays. Je pense que c’est cela notre objectif. Par rapport aux positionnements, il n’y a pas de remous. Nos militants sont préparés. Nous savions que ça ferait quelques frustrations comme tout positionnement mais nous vous avons dit que les militants de l’Union progressiste Le renouveau sont des soldats en mission. Nous nous sommes préparés, nous avons une organisation, nous avons des comités de sélection, nous avons une hiérarchie, le parti a parlé et nous travaillerons à confirmer notre place de leader. Il n’y a aura pas de problème. Travaillons davantage et ce sera le tour de chacun demain. »
Expérience Tèbè, président du Mpl : « Ce que nous demandons …, c’est leur impartialité »

« Le Mpl est plus que prêt et c’est pour cela que nous sommes devant vous. Comme nous l’avons martelé au peuple béninois et à la communauté internationale, la jeunesse, quelles que soit les embûches, nous allons les traverser et participer de façon effective à ces Législatives. C’est le premier pas que nous venons de poser ce soir. Ce que nous demandons aux organisateurs de ces élections à savoir la Céna et les autres institutions, c’est leur impartialité. C’est de faire en sorte que le passé douloureux que nous avons en ce qui concerne l’organisation des élections au Bénin, ne puisse pas revenir dans nos esprits. Nous, nous sommes prêts et nous tenons à prendre à témoin l’opinion nationale et internationale de ce qu’aucune manœuvre d’exclusion, d’où qu’elle vienne ne sera tolérée cette fois-ci par nous et nos militants. Nous voulons simplement que le jeu se fasse en toute transparence comme nous le voyons ailleurs. Qu’on nous laisse participer aux élections pour que la prochaine Assemblée nationale soit réellement une émanation du peuple béninoise. C’est ce que nous souhaitons et que nous sommes venus dire à tout le Bénin. Le quitus fiscal est devenu aujourd’hui est devenu le certificat de nationalité d’il y a quelques années. Nous avons des difficultés à obtenir cette pièce. Mais cela ne nous empêcher pas d’aller jusqu’au bout ».
Abdoulaye Bio Tchané, Secrétaire général national du Bloc républicain : « Notre liste comprend près de 28% de femmes et 45% de jeunes »
« Nous venons au nom du Bloc républicain d’accomplir une des formalités clés du processus électoral qui est de déposer les dossiers de nos candidats. Je suis heureux d’être ici avec de nombreux camarades qui nous ont aidés à accomplir cette formalité. Les dossiers ont été déposés et bien rangés. Je veux me féliciter aussi du dispositif qui est mis en place par le Céna et comme nous le voyons tous, c’est à la perfection. Je veux donc féliciter le président Sacca Lafia et ses autres collègues pour le travail qui a été fait à ce jour. Le Bloc républicain a ainsi accompli cette formalité et pour ne dévoiler aucun secret, je peux juste donner quelques indications sur cette liste des 218 candidats du Bloc républicain. Je veux d’abord souligner que nous sommes allés au-delà de l’obligation légale qui concerne la présence des femmes sur notre liste. Vous savez que le Bloc républicain a des engagements internes. Nous avons tout fait pour rester dans les limites de cet engagement. Notre liste comprend donc près de 28% de femmes. De la même manière, nous avons tout fait pour que les jeunes se sentent représentés sur cette liste. Celle liste comprend près de 45% de jeunes. Je veux me féliciter de ces indicateurs qui montrent qu’effectivement, le Bloc républicain peut se targuer d’être le parti des jeunes et des femmes. Sur une liste de 218 personnes, il est difficile de satisfaire tout le monde parce que nous avons eu des centaines de nos camarades qui ont souhaité représenter les Béninois à l’Assemblée nationale. Il faut se féliciter de cela. Mais en même temps, je peux comprendre que de nombreux camarades qsui estiment être en capacité de représenter le Bloc républicain sur cette liste-là, n’aient pas été pris. Et je veux donc leur demander solennellement de se mettre tous derrière cette liste et de soutenir tous les candidats partout au Bénin, de Karimama à Porto-Novo, de Kétou à Grand-Popo, dans le Zou, dans les Collines. Partout, nous souhaitons que les camarades sortent conformément à notre organisation pour soutenir cette liste que nous espérons victorieuse. Je vous remercie ».
Propos recueillis pour Le Matinal par Mohamed Amoussa (Coll)



















