Les 28 et 29 avril 2026, la salle de conférence de la mairie de Cotonou a abrité les travaux de la deuxième session ordinaire du Conseil communal au titre de l’année 2026. Une session particulière à plus d’un titre, puisqu’il s’agit de la première présidée par le nouveau maire, Luc Gnacadja. Pendant deux jours, conseillers communaux et exécutif municipal ont conjugué réflexion stratégique et prises de décisions concrètes pour l’avenir de la ville.
L’ouverture des travaux a été marquée par un discours du maire qui tranche avec les allocutions classiques. Plus qu’un propos protocolaire, Luc Gnacadja a livré une véritable feuille de route, posant les bases d’une gouvernance orientée vers l’impact. « Ce moment n’est pas simplement une exigence institutionnelle… c’est un moment fondateur », a-t-il affirmé, donnant ainsi le ton d’un mandat placé sous le signe de la transformation.
Une vision claire, une méthode simple
Dans son intervention, Luc Gnacadja a proposé une lecture lucide de la ville de Cotonou, qu’il qualifie à la fois de « puissante et fragile ». Puissante par son dynamisme économique, son capital humain et son rôle moteur dans le Grand Nokoué ; fragile en raison de défis structurels persistants auxquels il fait face, tels que les inondations, la pression foncière, la congestion urbaine, l’insalubrité ou encore une urbanisation parfois mal maîtrisée. Cette approche équilibrée, loin de tout angélisme ou catastrophisme, renforce la crédibilité de l’ambition municipale. Cette ambition est clairement assumée : « faire changer d’échelle à Cotonou ». Le maire inscrit son action dans une perspective de long terme, avec en ligne de mire le bicentenaire de la ville à l’horizon 2030. L’objectif est de faire de Cotonou une métropole africaine de référence, à la fois verte, résiliente, inclusive, bien gouvernée et économiquement attractive. Mais au-delà de la vision, c’est surtout la méthode qui retient l’attention. Luc Gnacadja identifie trois pièges à éviter : la gestion réactive, la dispersion des priorités et l’absence de culture du résultat.
Il appelle ainsi à une transformation en profondeur de la gouvernance municipale, fondée sur le pilotage par les résultats, la discipline du temps, la simplification des procédures et la transversalité des actions. « Nous devons sortir de la logique de moyens pour entrer dans une logique d’impact », a-t-il insisté, plaidant pour une administration plus performante et davantage orientée vers des résultats mesurables. Il a également souligné la nécessité de décloisonner les services, rappelant que les problématiques urbaines dépassent les cadres administratifs traditionnels.
Des programmes structurants pour un Cotonou plus rayonnant
Le discours du maire a également mis en lumière l’importance de concilier gestion du quotidien et transformation structurelle. Si les citoyens attendent des résultats immédiats en matière de propreté, de circulation ou d’assainissement, il est tout aussi essentiel de s’attaquer aux causes profondes des dysfonctionnements urbains. Dans cette optique, plusieurs programmes structurants ont été évoqués, notamment « Cotonou Propre et Digne », « Cotonou Productive 2030 », « Cotonou Ville Résiliente » et « Cotonou Mobilité Compacte ». Parmi les projets phares, celui de la « réinvention du Cotonou lacustre » se distingue particulièrement. Il vise à transformer la contrainte liée à la présence de l’eau en une opportunité de développement urbain et d’adaptation climatique. Ce projet, à forte portée symbolique, incarne l’ambition d’une ville innovante et inclusive.
Des décisions importantes
Au-delà de cette orientation stratégique, la session a également été marquée par l’adoption de plusieurs décisions importantes. Le Conseil communal a ainsi validé le rapport d’activité du maire au titre du premier trimestre 2026, offrant un aperçu des actions déjà engagées. Le rapport du Conseil de supervision a également été adopté, de même que le nouveau Règlement intérieur du Conseil communal, désormais actualisé pour renforcer le cadre de gouvernance. Les conseillers ont par ailleurs approuvé les montants des cotisations versées aux associations dont la mairie est membre, ainsi que les rapports d’activité des commissions permanentes. Dans une perspective de rayonnement et de coopération, le Conseil a autorisé les voyages du maire pour le deuxième semestre 2026.
Sur le plan institutionnel, l’élection des représentants appelés à siéger au sein de la CoGEF de Cotonou a constitué un moment important, notamment au regard des enjeux fonciers auxquels la ville est confrontée.
En marge des travaux, des activités symboliques sont venues renforcer la portée de cette session. Des lettres de mission ont été remises aux Chefs d’Arrondissement, précisant leurs responsabilités dans la mise en œuvre des politiques communales. Par ailleurs, une distinction spéciale a été décernée au Chef du 11e Arrondissement, George Raymond Ayaovi, ainsi qu’au Chef de Quartier de Houéyiho Tanou, Jean Hugues Houessou, en reconnaissance du fort taux de participation enregistré dans leurs zones lors de l’élection présidentielle d’avril 2026. Un mois avant l’élection, le Maire avait lancé un challenge à tous les CA et les CQ pour une mobilisation citoyenne générale. Le 11e arrondissement est arrivé en tête avec 58% taux de participation, tandis que le quartier Houéyiho Tanou affiche plus de 89% de taux de participation. Des efforts que le maire a salués avec beaucoup d’enthousiasme.
Clôturant les travaux, le maire a salué la qualité des échanges et l’engagement des conseillers communaux. Il a réaffirmé sa détermination à traduire la vision annoncée en actions concrètes et durables. Au terme de cette session, une chose apparaît clairement : Cotonou dispose désormais d’un cap stratégique affirmé et de premières décisions structurantes. Reste à transformer l’essai sur le terrain, car comme l’a rappelé le maire, c’est bien sur les résultats que l’action publique sera jugée.
Gabin Goubiyi


















