Face à la volonté du gouvernement de renouveler ses relations avec les partenaires sociaux, Appolinaire Afféwé, secrétaire général de l’Union nationale des syndicats des travailleurs du Bénin (Unstb), salue une approche qu’il juge moderne et responsable. Il appelle toutefois à sa traduction rapide en actes concrets, notamment à travers la prise en compte progressive des revendications des travailleurs dans les prochains budgets de l’État.
Le dialogue social pourrait entrer dans une nouvelle dynamique au Bénin. C’est du moins l’espoir nourri par l’Union nationale des syndicats des travailleurs du Bénin (Unstb), à la suite de la rencontre entre le ministre chargé de la Fonction publique et les responsables des centrales et confédérations syndicales. Pour Appolinaire Afféwé, secrétaire général de l’Unstb, cette initiative marque une rupture appréciable avec les pratiques antérieures.
« Le ministre s’est déplacé à la Bourse du Travail, à la rencontre des travailleurs pour leur porter un message », souligne-t-il, saluant une démarche peu habituelle ces dernières années. Au-delà du symbole, le responsable syndical retient surtout la nouvelle orientation annoncée par le gouvernement : la gestion planifiée des revendications des travailleurs.
Cette approche consiste à inscrire les préoccupations syndicales dans une programmation triennale, en tenant compte des capacités financières de l’État et du cycle budgétaire. L’objectif est de hiérarchiser les revendications, d’apporter progressivement des réponses et d’évaluer chaque année les avancées enregistrées. Une méthode que l’Unstb considère comme un moyen pertinent d’anticiper les conflits professionnels et de prévenir l’accumulation des frustrations.
L’épreuve des actes et des engagements
Pour autant, Appolinaire Afféwé estime que l’annonce doit rapidement se traduire dans les faits. Il plaide pour la mise en place effective de cadres de concertation et l’intégration des premières préoccupations des travailleurs dans les budgets à venir. « Nous ne demandons pas de régler tous les problèmes en un jour », précise-t-il, insistant sur la sincérité et la franchise comme fondements d’un partenariat social durable.
Parmi les dossiers prioritaires figurent les concours professionnels, les plans de formation dans la fonction publique, la hiérarchisation des salaires dans le secteur privé, ainsi que la protection sociale et l’assurance maladie obligatoire. À cela s’ajoute la cherté de la vie, qui continue d’éroder le pouvoir d’achat des salariés.
Depuis 2023, déplore-t-il, les augmentations du Smig n’ont pas été répercutées sur les autres catégories salariales. L’Unstb souhaite également que les travailleurs soient associés aux discussions sur les dispositifs de protection sociale.
Pour le secrétaire général, l’enjeu dépasse la seule satisfaction des revendications syndicales. Il s’agit de construire un climat social apaisé, fondé sur la confiance et des engagements vérifiables. Car, estime-t-il, lorsque les préoccupations des travailleurs sont véritablement prises en compte, le dialogue devient un instrument de stabilité et un levier de développement national.
Sergino Lokossou


















