(Un Parlement attendu au tournant)
L’installation officielle de la dixième Législature, prévue pour le 8 février prochain, ouvre un nouveau chapitre de la vie politique béninoise. Majoritairement acquise aux partis soutenant l’action gouvernementale, la nouvelle Assemblée nationale suscite autant d’espoirs que d’inquiétudes, notamment quant à sa capacité à incarner un véritable contre-pouvoir et à préserver la vitalité démocratique.
Dans quelques semaines, la dixième Législature de l’Assemblée nationale du Bénin sera officiellement installée, marquant une étape décisive dans l’évolution institutionnelle du pays. Toutefois, cette nouvelle configuration parlementaire naît dans un climat empreint de scepticisme et d’appréhensions. Pour la deuxième fois sous l’ère du président Patrice Talon, l’hémicycle sera exclusivement composé de députés issus des deux formations politiques soutenant l’action gouvernementale : l’Union progressiste le Renouveau (Up-R) et le Bloc républicain (Br). Une réalité issue des résultats proclamés par la Commission électorale nationale autonome (Céna) et validés par la Cour constitutionnelle. Cette composition qualifiée de « monocolore » par certains acteurs politiques alimente de vives critiques, notamment au sein de l’opposition extraparlementaire. Celle-ci y voit les signes d’un recul démocratique et redoute une instrumentalisation de l’institution parlementaire, réduite à une simple chambre d’enregistrement des décisions de l’exécutif. Les détracteurs de cette configuration rappellent à cet égard l’expérience de la huitième législature, souvent décriée pour la faiblesse de son action de contrôle et pour l’absence de débats contradictoires substantiels, une situation qui aurait, selon eux, terni l’image démocratique du Bénin sur la scène internationale.
Une Législature attendue au tournant
Ces critiques font peser sur la dixième Législature de lourdes responsabilités. Au-delà de sa majorité acquise au pouvoir en place, elle est appelée à rassurer l’opinion nationale et les partenaires internationaux quant à son indépendance et à son engagement en faveur de la bonne gouvernance. Si le scrutin législatif du 11 janvier 2026 a clairement exprimé la volonté populaire de renouveler la confiance aux partis de la mouvance présidentielle, les députés élus ont le devoir de représenter l’ensemble de la Nation, y compris les citoyens demeurés fidèles aux partis d’opposition, exclus de l’hémicycle faute d’avoir atteint le seuil de 20% requis. Ainsi, la crédibilité de cette législature reposera sur sa capacité à s’ériger en véritable porte-voix des populations, à œuvrer pour l’amélioration de leurs conditions de vie et à exercer un contrôle rigoureux et permanent de l’action gouvernementale. En tirant les leçons des insuffisances passées, elle pourra contribuer au renforcement de la démocratie béninoise et à la revalorisation durable de l’institution parlementaire.
Gabin Goubiyi



















