Invité sur les ondes de Bip Radio, Marcellin Kantchénou, Responsable soutien administratif et veille juridique à la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee), a tiré la sonnette d’alarme sur les multiples dommages infligés aux infrastructures de la société par des tiers. Entre accidents, vandalisme et vols, ces actes compromettent la qualité du service public d’électricité et entraînent de lourdes pertes financières.
La Société béninoise d’énergie électrique (Sbee), chargée d’assurer la production, le transport et la distribution de l’électricité sur tout le territoire national, fait face à des agressions répétées de ses installations. « On parle de dommages causés aux installations d’exploitation de la Sbee lorsqu’un individu, qu’il soit une personne physique ou morale, détruit, dégrade ou vole une infrastructure de la société », explique Marcellin Kantchénou. Ces infrastructures incluent les centrales thermiques, solaires et photovoltaïques, les postes, sous-stations, et les réseaux de moyenne et basse tension. Les causes sont diverses : accidents de la voie publique impliquant des camions, chantiers de construction endommageant les câbles souterrains, ou encore actes de vandalisme et vols de câbles électriques. « Certains individus mal intentionnés sectionnent les câbles ou vandalisent nos postes », déplore-t-il. Les conséquences, selon lui, sont « énormes ». Ces incidents provoquent des coupures d’électricité non programmées, souvent attribuées à tort à la Sbee. Ils entraînent aussi une atteinte à la réputation de la société et d’importantes pertes financières liées à la réparation des dégâts. « Les populations croient que la Sbee est responsable des interruptions, alors qu’il s’agit souvent d’actes indépendants de sa volonté», insiste-t-il.
Des sanctions sévères et des recours encadrés
La législation béninoise prévoit des sanctions exemplaires. En cas de vandalisme, la loi n°2020-05 du 1er avril 2020 portant Code de l’électricité stipule qu’« une destruction volontaire d’installations électriques est punie d’un emprisonnement de un à cinq ans et d’une amende de un à cinquante millions de francs CFA ». Quant au vol d’équipements électriques, il est réprimé par le Code pénal (article 626) d’une peine identique : un à cinq ans de prison et une amende allant jusqu’à un million de francs Cfa. En cas d’accident, la responsabilité civile s’applique : « Selon l’article 1382 du Code civil, tout individu qui cause un préjudice à autrui est tenu de le réparer », rappelle Kantchénou. Le conducteur responsable doit alors déclarer le sinistre à son assureur, qui prend en charge le coût des réparations évaluées par la SBEE. « La société ne débourse rien. L’assureur du mis en cause doit payer la totalité du devis », précise-t-il. Le responsable évoque également la recrudescence des fraudes à l’électricité. Certains abonnés manipulent leurs compteurs pour consommer sans payer. L’article 87 du Code de l’électricité punit cette fraude de 3 à 24 mois d’emprisonnement et d’une amende allant de 500 000 à 5 millions de francs CFA, en plus du paiement d’une facture de redressement correspondant à la consommation volée.
« Protéger les biens publics, c’est protéger notre électricité »
En conclusion, Marcellin Kantchénou lance un appel à la responsabilité collective. « Nous demandons à la population d’aider la Sbee à lutter contre le vol d’énergie et le vandalisme. Protéger les installations, c’est garantir un service continu d’électricité à tous. » a-t-il indiqué. Pour lui, seule une mobilisation citoyenne permettra de réduire ces incidents coûteux et nuisibles au développement du pays. « Notre objectif est clair : fournir de l’énergie 24 heures sur 24 aux Béninois. Mais cela ne sera possible qu’avec la collaboration de tous.» a conclu le Responsable soutien administratif et veille juridique de la Sbee.



















