La polémique enfle depuis plusieurs semaines sur l’existence de bases militaires françaises au Bénin. La dernière en date est l’accusation du président de la transition Burkinabé, le capitaine Ibrahim Traoré, qui déclare que le Bénin abrite des bases militaires françaises sur son territoire, aux fins d’attaquer son pays. Invité sur l’émission » L’entretien du dimanche » de Eden Tv, le porte-parole de l’armée béninoise, le lieutenant-colonel Vincent Honfoga, a démenti l’information.
« Le Bénin n’a pas vocation à avoir des bases militaires étrangères. Jusqu’à aujourd’hui, je vous dis de manière péremptoire que le Bénin n’a pas de base militaire étrangère sur son sol. Nous avons eu un air un peu abusé, quand on a appris de tels propos venant d’un militaire qui connaît la définition d’une base militaire », a laissé entendre l’invité de Donklam Aballo. Selon ses dires, le Bénin a des bases militaires, mais elles sont purement béninoises. Il n’y a donc pas de bases militaires étrangères au Bénin. A l’en croire, le Bénin n’ambitionne même pas d’abriter une base militaire. « Nous n’ambitionnons pas d’avoir des bases militaires étrangères et nos partenaires n’ambitionnent pas non plus d’installer des bases militaires sur notre sol. D’abord, pour implanter une base militaire, il faut que le pays qui l’accueille, puisse en manifester la demande, il faut que nos partenaires, qui veulent s’installer aussi, puissent en manifester la demande. Et nos partenaires n’ont pas manifesté ce type de demandes. Donc, il n’est pas question qu’on puisse dire que le Bénin a une base militaire étrangère sur son sol aujourd’hui », a-t-il clarifié.
Des rencontres avec les chefs d’États-majors étrangères pour des liens de coopération
La présence régulière au Benin des chefs d’État-major des pays amis a été également évoquée au cours de l’émission. Sur le sujet, le porte-parole de l’armée béninoise a fait savoir que c’est pour des accords de partenariat afin de former le personnel et de lutter efficacement contre le terrorisme. « Je peux vous dire que nous tissons des liens de partenariat qui font que nous avons des accords de coopération. Ce sont ces accords qui nous permettent d’avoir de personnel pour pouvoir assurer la formation de nos personnels, d’avoir des instructeurs pour pouvoir avoir assurer la formation de notre personnel. Et nous sommes une armée aujourd’hui en pleine redynamisation. Il n’y a pas de guerre qui puisse se faire aujourd’hui en autarcie et nous avons besoin de densifier nos capacités, d’aguerrir notre personnel par rapport à la menace terroriste et quand on se met dans cette posture, évidemment, que nous avons de partenariats de tous types », a-t-il confié. À ce niveau, il a évoqué les liens de partenariat avec la France, les États-Unis d’Amérique, la Belgique et la Russie. De même, il a ajouté que ces pays envoient des instructeurs pour former le personnel des forces armées béninoises. « De temps en temps, vous pouvez voir des partenaires dans notre pays, mais en effectif très réduit et ils sont là pour des formations ponctuelles que nous appelons souvent des détachements d’instruction opérationnelle, et ces détachements d’instruction opérationnelle, c’est deux semaines, 3 semaines et ceux qui sont venus comme instructeurs, ils repartent chez eux. C’est ça le type de partenariat que nous avons. Quand la population nous voit avec ces partenaires, cela ne veut pas dire que nous dressons le tapis rouge à ces partenaires, que nous laissons une portion de notre territoire à ces partenaires pour qu’ils puissent s’installer de manière durable au point d’en créer des bases militaires », a-t-il rectifié. Pour finir, il a rassuré la population que les Forces armées béninoises sont autonomes pour faire face à la menace terroriste.
Léonce Adjévi




















