Avec une progression spectaculaire de 104 % des dépenses d’investissement en 2024, les communes béninoises franchissent un palier inédit. Entre exécution budgétaire renforcée et gouvernance améliorée, la décentralisation affiche des résultats tangibles, tout en posant le défi de consolider ces acquis.
Les collectivités territoriales béninoises ont changé d’échelle en 2024. Les dépenses d’investissement ont plus que doublé, atteignant plus de 43 milliards de francs Cfa, contre un peu plus de 21 milliards en 2023, soit une hausse record de 104 %. Cette performance, relevée lors de la revue conjointe du secteur de la décentralisation, traduit une montée en puissance dans le financement des projets structurants au profit des populations. La part des investissements dans les budgets communaux est passée de 13,2 % en 2023 à 23,81 % en 2024, confirmant une orientation stratégique vers les infrastructures socio-économiques. Parallèlement, le budget exécuté des communes a progressé de 63,492 milliards à 89,057 milliards de francs Cfa, soit une augmentation de 40,26 %, signe d’une meilleure capacité d’absorption et d’exécution.
Les indicateurs de gouvernance affichent aussi une dynamique positive. La participation des élus aux sessions ordinaires est passée de 70,72 % en 2022 à 84,59 % en 2024. L’adoption des comptes administratifs dans les délais a grimpé de 72,73 % à 84,42 %, tandis que la reddition de comptes atteint désormais 100 % des communes, contre 76,62 % en 2022. Le respect des délais d’adoption du budget primitif est passé de zéro commune conforme en 2022 à 64 communes en 2024, soit 83,12 %. Pour Raphaël Akotègnon, ministre de la Décentralisation et de la gouvernance locale, ces résultats s’inscrivent dans la dynamique de la loi n° 2021-14 du 20 décembre 2021 portant Code de l’administration territoriale, opérationnelle depuis avril 2022 avec l’entrée en fonction des 77 secrétaires exécutifs de mairie. Il souligne toutefois la nécessité de corriger les disparités persistantes et d’aligner les stratégies locales sur la vision Alafia 2060.
Au nom des partenaires techniques et financiers, Gabriella Spirli a salué les avancées, tout en appelant à lever les contraintes structurelles. Trois priorités se dégagent : renforcer la coordination locale, améliorer la gouvernance des marchés publics et sécuriser la rétrocession des taxes collectées par l’État. Un accent particulier est mis sur les 27 communes du Nord confrontées aux défis sécuritaires. À la veille de la mandature 2026-2033, ces performances 2024 constituent une référence stratégique majeure et un socle à consolider pour la gestion 2025.















