Les prochaines élections législatives s’annoncent comme un grand challenge pour l’Union progressiste Le renouveau qui devra travailler à confirmer son hégémonie après le rendez-vous de 2019 où l’opposition n’était pas de la partie. Plus de 1000 dossiers ont été enregistrés à la suite du communiqué du parti invitant les militants qui le désirent à solliciter l’investiture du parti. Au regard de ce nombre, il est évident que la tâche dévolue à la commission présidée par Gérard Gbénonchi ne sera pas du tout aisée.
Dans une lettre adressée aux militants en date du 16 octobre 2022, le président du parti Union progressiste Le renouveau, Joseph Djogbénou, a dévoilé le nombre de personnes ayant déposé leurs dossiers en vue d’investir la candidature du parti aux prochaines élections législatives. Ils sont au total 1161 potentiels candidats à manifester le désir de solliciter les suffrages des masses populaires en portant l’étendard du parti le 08 janvier prochain. On dénombre plus exactement 970 candidatures masculines et 191 candidatures féminines. Des chiffres provisoires puisque c’est ce jour, mardi 18 octobre 2022, qu’expire le délai de dépôt de dossiers après la prorogation annoncée par Joseph Djogbénou. Ce nombre, s’il traduit l’appétence et l’intérêt des militants du plus grand parti du Bénin pour la chose politique, amène par ailleurs à avoir une idée de l’immensité du travail qui attend le président de la Cellule d’examen des dossiers mise en place par le parti. En effet, à travers la décision 16-Up-r/Bp/Ben/Pdt/Da/Sa en date du 3 octobre 2022, la formation politique de la mouvance présidentielle a mis en place une cellule d’examen de conformité des dossiers de candidatures. Le Comité présidé par le deuxième vice-président du parti, Gérard Gbénonchi et composé d’acteurs politiques et de juristes, aura la lourde et périlleuse mission de procéder à l’examen des dossiers et à l’établissement des listes de candidatures du parti. En clair, c’est ce comité qui devra trier le bon grain de l’ivraie et dévoiler le casting du parti, c’est-à-dire ceux qui vont porter l’étendard de la formation politique. La question qui agite dès lors les esprits réside dans les critères que retiendra ce comité pour faire son travail. Mais déjà, au regard de sa composition, où on observe un savant dosage de politiques et de techniciens du droit, on peut, à priori se rassurer de l’impartialité qui va caractériser les travaux. Du coup, les regards sont tournés vers ce comité, qui détient d’une manière ou d’une autre, une partie des éventuels leviers de victoire du parti au soir du 8 janvier 2023. Il ne faudrait pas s’y méprendre en effet, un mauvais casting risque d’être fatal pour le parti. La formule retenue n’est certes pas si mauvaise pour autant qu’elle donne des garanties d’impartialité et de transparence mais l’idéal aurait été, l’organisation de primaires dans les circonscriptions électorales afin de mesurer au mieux, l’ancrage et le poids politique des potentiels candidats.
Des déceptions en vue
Une sélection étant par essence exclusive, le rapport du comité Gbénonchi pourrait engendrer quelques frustrations dans les rangs. Des jeux de couloirs et des tractations pourraient favoriser certains au détriment d’autres qui d’aventure, auraient été plus méritants. Dans ce schéma qui est envisagé, beaucoup craignent que les membres du comité mis en place n’aient pas à leur disposition, tous les critères objectifs de sélection pour faire le tri. Déjà beaucoup digèrent mal, l’éviction décrétée des nouvelles recrues du parti au détriment desquelles des consignes fermes ont été données contre leur positionnement. A cette situation déjà très mal perçue au sein du parti, pourrait s’ajouter le tsunami lié à l’établissement de la liste. En effet, sur les mille et quelques dossiers enregistrés, le comité n’est appelé à ne dégager que 218 titulaires et suppléants. C’est dire que toute certitude établie n’engage que son auteur surtout quand on sait qu’après le travail du comité, quelqu’un pourrait faire valoir son droit de regard et agir en son temps sur les pions du puzzle. Crier victoire très tôt, pourrait être fatal pour certains. Les cardiaques auront été avertis.
Gabin Goubiyi



















